Dimanche 26 février : Ushuaia

C’est une ville de 70 000 habitants accrochée au pied des montagnes enneigées. Dès que l’on prend un peu de hauteur, on découvre une magnifique vue sur le Canal Beagle. C’est le port le plus austral, qui mérite l’appellation de port. Y accostent les paquebots qui partent pour l’Antarctique. Sur le grand quai du port de commerce, on trouve quelques gros bateaux de pêche et un porte conteneur qui vient alimenter de ses grandes caisses la ville en pleine expansion. En 20 ans, le nombre d’habitants a doublé. C’est la destination du bout du monde. On vient à Ushuaia pour voir la fin du monde, mais il y a comme un brin de frustration. Le Cap Horn Chilien, n’est pas accessible, trop loin, trop venté. Seuls quelques voiliers de croisières proposent en une semaine ou plus la visite du cap terrible et en quinze jours ont accède aux canaux de Patagonie. On n’a pas la vision du Grand Sud, on ne voit pas l’horizon comme au Cap Nord ou à la Pointe du Raz. Le Grand Sud est réservé aux marins.


Le canal de Beagle qui sépare l’Argentine du Chili, a longtemps été source de conflits. Il y a peu de temps, les canons étaient pointés de chaque coté du canal. C’est le Chili qui détient le Cap Horn et tous les canaux qui remontent vers le nord, d’où l’aigreur des Argentins. Les Andes se terminent ici. Les glaciers se déversent dans les sénos, le nom que l’on donne aux fjords de la région. C’est de toute beauté, et ici la glace traverse les forêts. Le vent souffle fort, mais les lumières sont comme nulle part ailleurs.
« Fleur Australe » profite d’une journée calme où le vent ne fait pas siffler les haubans pour changer son hélice. Ici le marnage* n’est pas très important, un peu plus d’un mètre.

 

 

Cela devrait suffire et nous permettre d’accéder à l’hélice. Le bateau est échoué le long de la grève vers 8h00 du matin et vers midi Philou enfile sa combinaison de plongée pour commencer le démontage.

 

 

C’est une opération qui s’effectue dans l’eau, mais avec seulement le bas du corps et les mains. Après quelques inquiétudes, l’hélice se libère et la nouvelle est mise en place. Vers 19h00 on peu mettre le moteur en route et rejoindre notre mouillage. C’est au couple de « Paratii 2», une goélette brésilienne, que nous posons nos amarres. 

*Marnage :
différence de la hauteur d’eau entre la marée haute et la marée basse.