16 Février 2016, Tempête

Le soleil de ces derniers jours fait place à la pluie puis à la neige. La tempête s’installe, avec un fort vent et les routes sont désormais impraticables. Bien difficile de s’échapper du sud. Les pistes sont gelées et nous croisons des voitures sorties de la chaussée. Impossible de s’arrêter pour tenter de leur prêter main forte sous peine de se voir réserver le même sort. Pas question de prendre la mer dans ces conditions !

Nous réussissons finalement à atteindre Reykjavík pour la nuit avant de tenter de poursuivre vers les fjords du Nord. Depuis quelques jours nous traquons les aurores boréales en vain. Pourtant, jusque-là les conditions étaient optimales, c’est le jeu ici « la chasse à l’aurore », c’est d’ailleurs ce qui attire les quelques touristes qui bravent ces conditions hivernales.

Le soleil se lève tard, et les étoiles brillent jusque loin dans la matinée. Quand l’astre attendu pointe le bout de son nez c’est un feu d’artifice de bleu et de blanc. Les fumerolles s’élancent vers le ciel et viennent troubler joyeusement cette immensité d’azur. L’air a le goût de soufre et au détour d’un chemin nous croisons parfois des geysers pour le plus grand bonheur des enfants. « La terre fume ! » s’exclame Laura.

Le lendemain, nous décidons donc de filer vers le Nord. Nous traversons des champs de lave à perte de vue. Le vent souffle fort et la neige tombe sans discontinuer. Les montagnes viennent lécher la mer en furie. En 1936 c’est non loin d’ici dans les environs de Borgarmes, sur les récifs Alftanes, que Charcot fit naufrage avec le Pourquoi pas. De retour d’une mission polaire au Groenland, le bateau fut pris dans une très violente tempête. Sur un équipage de 41 personnes, seule une d’entre elles, le maître timonier Eugène Gonidec, survécût. Fleur Australe est en sécurité au port.

Nous roulons encore une centaine de kilomètres avant de rejoindre le charmant petit port de pêche de Stykkisholmur avec ses jolies maisons colorées. Les bourrasques de vent font danser la neige. Il fait -12°C.

En fin de journée une lumière dorée vient parfaire ce paysage enchanté et la lune se lève comme par miracle. Les pêcheurs s’activent sur le quai gelé. Ils ne sont pas sortis depuis plusieurs jours, tempête oblige !

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 Fleur Australe a tenu bon dans le port de Reykjavik.
Un grand Merci à toute l'équipe du port.

 

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Le Harpa, l'opéra au centre du port.

 

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Deux chasseurs de baleines. Ici, la pêche se pratique avec un quota, mais heureusement, la majorité des islandais refusent cette pratique.

 

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Paysage grandiose. La route serpente autour des montagnes.

 

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Petit port de pêche avec sa falaise d'orgues de basalte.

 

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C'est l'hiver et les bateaux de pêches sont bloqués au port par la tempête.

 

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En rouge et noir, Géraldine scrute l'horizon et la mer qui se déchaine

 

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Au milieu de la neige, les fumeroles s'échappent de la terre.

 

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En Iceland, la terre fume. Ile volcanique, l'énergie n'est pas loin.