12 avril, Séville

22H00 nous embouquons le fleuve Guadalquivir qui s’étend sur plus de 50 milles, jusqu’au centre de la ville Andalouse. Le courant est à contre 3 ou 4 nœuds, la mer est encore descendante et la nuit va être longue. Laissons à bâbord Sanlucar, d’où Magellan en 1519 partit pour son tour du monde. Ils ne furent que 18 à revenir au port trois ans plus tard.

A l’aube nous accédons aux portes de Séville. Au loin, quelques accords de fanfare nous signalent que c’est la période de la Féria. L’air est doux et délicieusement parfumé. Les oiseaux nous chantent une suave mélodie. Quelques effluves de jasmin, heureux présage d’une douceur de vivre que le seul nom de Séville me laisse entrevoir. Une ville dont l’univers coloré n’a pas fini d’attiser nos fantasmes.

C’est le pont des délices justement qui nous tourmente ce matin et se fait désirer. J’ai beau prendre ma plus douce voix à la VHF et user de mon meilleur espagnol, rien à faire, le pont reste de marbre et protège sa ville comme un trésor, une oasis enfouie au fond du fleuve bucolique. A voir le nombre de voitures qui empruntent le pont nous ne sommes pas prêts de pénétrer dans la ville. Il pleut. De l’autre côté du pont, la belle de Cadix, un paquebot de 95 mètres nous nargue en nous rappelant que Séville se mérite. On n’y accède pas comme on veut. Au bout de quelques heures le pont finit par ouvrir ses portes mais l’accès à la ville ne nous est toujours pas autorisé, la marina est pleine à cause de la Féria. Il nous faut rebrousser chemin et relâcher à quelques milles, loin de la ville devenue chimère dans notre sillage. Il va nous falloir patienter pour nous mêler à la folie ambiante et danser la Sevillana sur le pont des délices.

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Entrée dans Séville

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Le Pont des délices

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