14 Avril, Tanger

Il pleut des cordes. Séville bat à l’heure de la féria, folle ambiance ! Nous sommes accueillis par mon amie Eugenia. Elle nous fait prendre le pouls de la ville en moins de deux, calèches, toréadors, les femmes ont sorti leurs plus beaux apparats. Je ne sais plus où donner de la caméra et les filles sont aux anges. Marion rêve d’un costume flamenco pour son anniversaire et Laura fait des photos à n’en plus finir. La nuit tombée nous décidons de mettre les voiles et de profiter de ces conditions plutôt clémentes pour gagner vers le Sud.

Le fleuve Guadalquivir est long, plus de cinquante milles et ce n’est qu’en fin de matinée, après une nuit à veiller à ne pas s’éloigner de l’étroit chenal tout en luttant contre le courant, que nous apercevons le village de Sanlucar et retrouvons l’Océan Atlantique. Une armada de bateaux de pêche nous fonce dessus. Ce sont des pêcheurs de palourdes, ils nous transportent soudain sous Napoléon au XIXème siècle, en 1805 plus exactement, lors d’une des batailles navales les plus significatives entre la flotte française menée par Villeneuve et celle des Anglais dirigée par Nelson. En effet, les 27 navires français ont été coulés par ceux de Nelson qui n’a perdu qu’un de ses bateaux mais qui y a laissé la vie, tué par un marin français depuis son navire le Redoutable. Cela a mis fin aux velléités de conquêtes de Napoléon. Suite à cette fameuse bataille de Trafalgar, les Anglais ont gardé le contrôle des mers pendant plus de cent ans.

Nous concernant, l’assaut sera de courte durée et les pêcheurs sont totalement inoffensifs. Nous poursuivons jusqu’à Cadix et ne résistons pas au plaisir d’aller faire un clin d’œil à sa belle aux yeux de velours. Le ciel est d’un bleu radieux et nous troquons bonnets et bottes de caoutchouc pour casquettes et tongues. La ville, nettement plus paisible que sa festive voisine, nous séduit d’emblée. Cerisiers en fleurs, magnolias et petites rues pavées au charme fou, nous plongent sans attendre dans une douce joie de vivre. Marion trouve un joli costume d’Andalouse et Laura un bel éventail rose fuchsia, je lui apprends à le manier comme il se doit. La belle de Cadix a, il est vrai, les yeux de l’amour et c’est avec un pincement au cœur qu’à la nuit tombée nous quittons ses rivages dorés pour regagner le bord.

Nous appareillons et mettons le cap sur Tanger à 50 milles. La Lune est revenue, je suis de quart et les étoiles m’accompagnent. Cassiopée, Sirius, Orion éclairent le ciel, la mer est de velours. Nous croisons les cargos qui entrent ou sortent du détroit de Gibraltar. Il faut être vigilants et ne pas s’endormir à la barre.

A 6H00 du matin nous relâchons devant le port de Tanger, en attendant que le jour se lève. Nous sommes à l’orée de la Méditerranée, aux portes du détroit. Les pêcheurs nous escortent jusqu’à quai : de la bienveillance, une hospitalité hors du commun, un joyeux « bordel » comme on les aime. A nous l’Afrique, son charisme fou et son incomparable charme !

 

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Seville, la feria bat son plein

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Rio Guadalquivir, un bateau de pêche

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Les pêcheurs de palourdes rentrent au port

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Le phare à l’entrée du rio

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Tanger arrivée au petit matin

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Cadix, un jardin en fleurs