24 avril

Depuis que nous avons quitté Tanger le vent n’a cessé de tourner, ce vent synoptique se mélange aux effets de la brise thermique dûe au relief important de la côte. Des montagnes de plus de milles mètres se jettent dans la mer. Le littoral est composé de longues plages de sable blanc et de côtes rocheuses. Trop construit, souvent sans charme, des immeubles pour vacanciers en manque de soleil. Quelques zones rocailleuses, escarpées, ont échappé au bétonnage et des réserves marines on été créées pour préserver le domaine maritime et sous-marin. Une bonne chose car la Méditerranée est riche et ses eaux poissonneuses.

Dans le golfe d’Almeria, des hectares de serres recouvrent les plaines, comme des voiles blanches posées sur le sol. Ici on cultive d’une façon industrielle, les légumes qui vont inonder l’Europe, été comme hiver. Ce décor est féérique, étonnant et agréable dans sa pureté et ses lignes géométriques.

Nous faisons escale à Carthagène. Le nom a des parfums de conquistador. Son homonyme Colombien nous rappelle que les espagnols ont pendant longtemps colonisé l’Amérique du sud et rapporté chez eux des trésors qui ont enrichi les villes portuaires. Carthagène est une belle enclave dans cette côte rocheuse. Un abri bucolique, bien défendu par des forts placés tout en haut des collines. La ville a ses remparts et on l’imagine avec des galions déchargeant les lingots d’or pillés sur les terres des Incas.

Courte escale pour Fleur Australe, le temps de faire les papiers d’entrée en terre espagnole, avant de reprendre la mer vers les Îles Baléares. Le vent nous accompagne de son souffle léger. La Lune a envahi le ciel et c’est une parure de toute beauté, avec les nuages pommelés qui d’un grand voile drape le ciel entier. Ce décor est mouvant et le drap se déroule lentement jouant des effets de lumière.

Ibiza se dessine au large. Ses hautes montagnes percent l’horizon. Nous sommes encore à plus de 40 milles et derrière nous, se sont les monts de la terre d’Espagne qui jouent de leurs sommets dans la brume. C’est à Formentera que nous jetterons l’ancre ce soir.

Petite île détachée de sa grande sœur Ibiza, par quelques récifs et hauts fonds. Ici pas d’aéroport et c’est en bateau, que l’on aborde ce caillou de roche et de sable. Les salines et les bagnards ont fait l’histoire de cette île paradisiaque, sans doute certains pirates également. Depuis quelques années seulement elle est prisée par les touristes entre juin et août, mais le reste de l’année, ce petit coin tranquille est habité par ceux qui désirent vivre loin du tourbillon des grandes villes. On y rencontre artistes, musiciens, navigateurs, kite surfeurs ou plongeurs. Une population bien sympathique.

Des épaves de bateaux gisent dans les fonds de l’île. C’est vers une structure étonnante que nous nous dirigeons dès le lendemain. Raoul, plongeur professionnel, nous accompagne à bord de la Fleur. Une heure de route pour trouver l’épave d’une ancienne pisciculture où l’on élevait des dorades. Elle s’est écroulée et git par 33 mètres de fond.

Loin de tout et sans repère, Raoul se fie à ses alignements pour trouver le site. L’œil est bon, et dans une eau particulièrement claire, il aperçoit le haut de la structure en béton. Une imposante cage avec des filets pour élever en pleine eau, ces poissons habitués aux eaux de la Méditerranée. Faute d’entretien, la structure s’est cassée et aujourd’hui c’est une sculpture composée de gros tubes, qui nous accueille dans une eau turquoise, où les poissons viennent se cacher et se reproduire. La lumière s’amuse et dessine des ombres nouvelles qui rendent encore plus étrange ce décor irréel.

Les murènes ont trouvé refuge dans les tuyaux, les mérous se cachent à l’abri d’un caisson éventré.

50 minutes à admirer ce spectacle. Il nous faut remonter, nous serpentons autour des cylindres comme des oiseaux voulant gagner le ciel.

La Fleur est accrochée par une aussière au point le plus haut de la tour. Un banc de carangues vient nous observer d’un œil inquisiteur. Elles sont libres, vont en banc pour mieux se protéger des grands prédateurs. Un dernier pallié à 5 mètres, le temps d’observer notre bateau. Il nous survole, posé la haut, une image insolite pour nous qui passons notre temps dans son ventre. Il est temps de rentrer, l’eau est à 14°C et elle glace nos corps. Ce soir nous irons écouter un groupe dans un des petits bistrots de l’île, un des musiciens de Prince doit lui rendre hommage. Formentera a tout pour nous séduire.

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Moment de détente sur les belles plages de Formentéra

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Carthagène au petit jour

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Arrivée matinale sur les côtes espagnoles

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Les remparts de la vieille ville de Carthagene

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Au poste de commande Loup et Philou

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Préparation du repas avec mes petits moussaillons

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Phare de la pointe nord de Formentera