2 mai, Les Îles du Frioul

Le vent souffle fort aujourd’hui, des rafales à 50 nœuds font valser la mer en volutes d’argent. Les Îles du Frioul servaient de quarantaine lors de l’épidémie de peste qui sévissait à Marseille au XVIIIe siècle. Aujourd’hui pas de bateau pour assurer la navette entre les îles et Marseille, trop de mer ! Nous sommes donc consignés à bord en attendant que le vent mollisse.

Mais c’est une quarantaine qui s’avère pleine de surprises. A faire le tour du port pour filmer la Fleur dans la tempête, je finis par faire la connaissance de quelques individus, comme on n’en rencontre que dans les lieux uniques et reculés. Des marginaux aux accents de vérité, dont j’aime croiser le chemin au hasard de nos voyages. Emmanuel Rey en fait partie, avec son hautbois, dans les ruines de l’ancienne chapelle, il nous a régalé de quelques morceaux de grâce, entre mistral et harmonies mystérieuses aux accords subtils. Un talent brut, des mains qui vibrent, le regard tendre et profond de celui qui en a vu passer. C’est avec quelques-unes de ces « figures locales » entre Pagnol et Dumas que j’ai passé cette folle journée. Si le mistral rend « fada » quand il souffle trop fort, que ce soit au moins pour partager des instants de bonheur avec des amis du voyage, des iliens, des gens qui savent rire de tout et s’amuser de rien. Merci au Dieu Eole de nous avoir régalé de cette escale aussi magique qu’imprévue.

Au petit matin le vent a molli, la mer s’est adoucie, nous hissons la grand-voile et filons vers Marseille. La lumière éclabousse la cité Phocéenne et la Bonne Mère veille sur sa ville avec ferveur. Nous relâchons au quai d’honneur, dans le vieux port. Nous sommes accueillis et invités à la mairie où l’on remet au capitaine la médaille de la ville avant d’aller déjeuner à La Nautique où nous sommes reçus avec beaucoup de gentillesse et de gaîté. Dans l’après-midi nous avons rendez-vous avec Sylvain Coudray de l’IFREMER pour échanger autour des courants marins. Demain nous irons à la rencontre des élèves de CM1 et de CM2.

La nuit est tombée, la Grande Roue tourne sur le vieux port, elle est toute illuminée comme le ciel étoilé. Je suis dans ma bannette et j’ai bien du mal à trouver le sommeil, c’est la fête sur le bateau voisin, la musique à fond, ça chante et parle haut. Qu’importe, nous sommes à Marseille la Ville par excellence et nous lui pardonnons tous ses excès car c’est pour ça qu’on l’aime. Extravagante, franche, sonore et hospitalière. Viva Marseille !

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Lever de Soleil avant d’arriver à Marseille

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Fleur Australe au mouillage aux Iles du Frioul. Le Mistral souffle à plus de 50 noeuds.

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Emanuel Rey,  joueur de hautbois dans la chapelle

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Le château d’If à l’entrée de Marseille

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Entree dans le port de Marseille. Vue sur la basilique Notre-Dame-de-la-Garde.

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Marion sur le pont dans le port de Marseille

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Fleur Australe davant la mairie

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Dans le port, la fête bat son plein

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De jour comme de nuit la Bonne Mère veille sur sa ville.

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