11 mai, Monaco, départ

Aujourd'hui, nous avons rendez vous au Musée Océanographique. En 1910, c'est le prince Albert 1er qui a fait construire ce musée pour y exposer les spécimens qu'il avait récoltés lors de ses expéditions. Passionné de la mer et soucieux de la préserver, il avait entrepris des expéditions avec des scientifiques. Pour étudier et exposer ses spécimens il fonda ce musée. Précurseur de la protection des océans, nous lui rendons hommage pour toute son œuvre qui a ouvert la voix à d'autres comme le commandant Cousteau qui fut lui aussi directeur du Musée dans les années 60.

Aujourd'hui c'est le nourrissage des requins et des poissons tropicaux. Mauricio, nous accueille dans la cuisine du musée et va préparer le festin avec l'aide de Laura et Marion qui sont ravies de découvrir les coulisses. Les poissons de différentes espèces, maquereaux, saumons, crevettes, moules, krill, qui sont gardés au congélateur, sont passés dans un grand four de décongélation puis pesés pour respecter une alimentation équilibré. Les filles introduisent des vitamines dans la chair de certains d’entre eux. A notre grand étonnement nous le voyons sortir du réfrigérateur des grosses laitues. Elles sont destinées aux poissons chirurgiens. Elles seront placées entières à l'aide d'une pierre au fond de l'aquarium.

Nous pénétrons dans les antres de l'aquarium, la partie technique réservée au personnel. Ici plein de tuyaux et de pompes s’emmêlent. Des sondes qui vérifient la température, l'oxygénation et le PH de l'eau. Des lumières qui restituent le soleil ou la pleine Lune la nuit tombée. En effet les requins, chasseurs dans l’âme, pourraient dévorer les autres espèces. Avec la pleine Lune reconstituée, ces derniers peuvent échapper aux dents du prédateur.

Laura et Marion sont invitées à donner à manger à ce joli monde, tout d'abord les petits poissons. A l'aide d'une épuisette elles leurs déposent une bouillie de krill ou de moules. Les plus gros, comme les requins ou la tortue sont nourris avec une pince, de façon à ce que personne ne soit lésé. La tortue semble la plus gloutonne et les requins pointe noire se précipitent voracement sur les proies que les enfants leur tendent. Une murène sort de son trou pour profiter du festin. Moment magique, une sorte de plongée au fin fond de la mer.

Nous rejoignons le port, il est temps de larguer les amarres. Zhang Zhang, une amie violoniste, nous gratifie de quelques morceaux pour notre départ de la cité princière. Silhouette gracile et fragile dans sa longue robe noire, ses accords subtils et élégants résonnent dans notre sillage.

A la sortie du port c'est le chaos. Les vagues s’entremêlent sauvagement, c'est le tumulte. Le rocher est une falaise et, à quelques encablures de la côte, les fonds s’enfoncent dans les abysses. La houle vient rebondir sur cette côte, le tout se mélange et les vagues se creusent.

La Fleur sous grand voile et génois court vent arrière vers le cap Ferrat. Une vague plus grosse que les autres, venant du travers couche le bateau sur l'eau. Des cataractes d’eau se déversent dans le cockpit et nous frôlons le chavirage. Le capitaine avait prévenu. « Faites attention, ça va giter et beaucoup bouger. Ramassez tout ce qui traine. » La vague déferle sur le pont et à l'intérieur les quelques objets oubliés s'envolent. Pas trop de dégâts, mais Marion allongée sur la bannette de la timonerie, se retrouve par terre. Décidément, la Méditerranée est capricieuse et demande respect et prudence. Un peu plus au large, la mer reprend son ordre, la houle qui brise est plus régulière.

Le ciel est sombre, le violon résonne encore comme une douce mélodie qui nous accompagne, nous regardons droit dans le lumière, vers l’horizon, toujours plus loin !

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Avec l’équipe du musée océanographique, nourrissage des requins

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Devant le grand bassin

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Le Musée Océanographique et ses lustres de la mer

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Un départ au violon très émouvant. Merci Zhang Zhang !

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Avec Zhang, qui nous fait l’honneur de nous jouer un air de violon pour le départ