7 juin, détroit de Messine

Nous laissons les Eoliennes dans notre sillage, nous les avons sillonnées passionnément, chacune a sa personnalité, 7 îles au charme fou, avec un Stromboli omniprésent qui leur insuffle sa folle énergie.

Au petit matin nous embouquons le détroit de Messine. Les chasseurs d’espadons sont à l’affût, ils glissent sur l’eau de velours. Certains hommes font les sentinelles en tête de mat, tandis que d’autres s’affairent à l’étrave, prêts à harponner l’animal au moindre signal. En effet les espadons et les thons passent régulièrement le détroit de Messine lors de leurs migrations et ces embarcations traditionnelles ont été spécialement conçues pour les pêcher. L’espadon va vers le sud au printemps et vers le nord en juin. Apparemment il « dort » en surface le jour, ou se déplace très lentement, les bateaux peuvent donc s’approcher et les harponner sans méfiance.

Nous doublons Scylla, à tribord. Dans l’antiquité le passage du détroit était considéré comme extrêmement périlleux, mais il fallait l’emprunter pour ne pas faire le tour de la Sicile. Ulysse en a fait les frais, il s’est fait emporter par les redoutables tourbillons de Charybde et Scylla. On disait que Scylla vivait dans une grotte située dans une falaise vertigineuse, sur la rive du détroit. Elle avait douze pieds, qui se balançaient et six longs cous prolongés de têtes horribles, qui sortaient pour saisir les dauphins et les espadons du détroit, ou les pauvres marins qui passaient. Au pied de la falaise un tourbillon aspirait les bateaux. Proche de Scylla, Charybde était décrit comme un gigantesque tourbillon qui engloutissait les navires qui s’en approchaient. Le détroit terrifiait les marins de l’antiquité avec ses remous, ses tourbillons et ses rabattants, comme en témoigne le récit d’Ulysse dans l’Odyssée d’Homère. Ce matin c’est par calme plat que nous le franchissons, mais les tourbillons sont toujours visibles à l’œil nu et le courant est puissant, plus de deux nœuds. On dit que les maelströms étaient beaucoup plus forts pendant l’antiquité mais le tremblement de terre de 1783 les aurait calmés, en changeant la topographie des lieux.

Vers 12h00 le vent forcit, les enfants protestent, ils ne veulent plus faire l’école. C’est bientôt la fin, ça tombe bien ! Pendant la récréation, les filles font de la balançoire sur le pont. Le capitaine hisse les voiles en chantant « Allons à Messine, pêcher la sardine. Allons à Lorient, pêcher le hareng. » Un dauphin nous escorte. La vie est douce en Méditerranée...

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Devant Alicudi, la plus sauvage des îles éoliennes.

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Vue sur les îles du haut de la montagne de Filicudi

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Filicudi : bord de mer azuré.

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Filucudi. Le bateau citerne est venu ravitailler l’île en eau.

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Alicudi pas de voitures, on charge les provisions sur les mules. 

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Lever de Lune en quittant Vulcano.

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Chasseurs d’espadons devant la redoutable Scylla

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Scylla. Ses tourbillons ont maltraité les marins de l’antiquité.