4 février, D’Istanbul à Beyrouth au cœur de l'hiver

Fleur Australe a hiverné à Istanbul. Nouvelle peinture de coque et nouvelle carène. Elle est prête à reprendre la mer. Il fait un froid glacial, et la neige tombée il y a quelques jours a de la peine à fondre.

La Fleur retrouve l'eau, et vogue vers le sud. Mer de Marmara, mer Egée, elle refait le chemin parcouru il y a quelques mois. Le ciel est noir, les nuages bas déversent une pluie diluvienne qui frappe les carreaux de la timonerie. Il faut veiller les cargos, nombreux. Ceux qui nous doublent reviennent de la Mer Noire, ceux que nous croisons vont à Istanbul pour emprunter le Bosphore. Là-bas dans le nord, l'eau a commencé à geler. Le vent du nord fait rugir la mer, et des paquets d'eau recouvrent le bateau. Le chauffage n'a pas encore été réparé et c'est un petit radiateur qui nous réchauffe les pieds.

Le détroit des Dardanelles est passé à vive allure avec le courant qui nous pousse. Le cheval de Troie est endormi, nous le saluons et faisons un petit signe à Ulysse, le héros de notre dernière expédition en Méditerranée. Nous passons au large des îles grecques et mettons le cap sur Bodrum.

Dernière escale en Turquie. Il faut faire les papiers de sortie et rester à l'abri le temps que passe un gros coup de vent d'Est. Les dépressions hivernales se succèdent. Ici aussi dans le sud la température approche de zéro. La cité balnéaire a revêtu son manteau d'hiver. La marina nous accueille et les quelques jours passés à l'abri permettent de bricoler, chauffage, électronique, ancre à redresser, la liste des travaux est longue.

Le soleil revient avec le vent du nord. Cap sur Chypre à 350 milles. Quelques dauphins nous accompagnent. Le vent est encore fort et les rafales atteignent 45 nœuds. Les montagnes sont recouvertes de neige. Une véritable barrière de près de 2000 mètres, qui barre la route au vent mais laisse échapper par ses vallées, un vent catabatique qui soulève la mer. Les vagues sont abruptes, désordonnées, le chemin est chaotique, nous sommes encore en Méditerranée. Un léger croissant de lune et des millions d'astres illuminent le ciel d’un noir profond. L'air semble plus clair, les étoiles brillent. Le ciel de l'Orient s'offre à nous dans toute sa splendeur.

Chypre, grande comme la Sardaigne, moitié grecque, moitié turque. Nous faisons escale à Larcana. Bonnet obligatoire. On a dépassé il y a quelques jours des records de température. L'hiver le plus froid depuis un siècle m’explique-t-on. Dérèglement climatique. 110 miles nous séparent de Journeih à quelques kilomètres, dans le nord de Beyrouth. C’est l’armée qui patrouille au large, qui nous accueille et monte à bord pour nous contrôler. Nous relâchons au Liban à l’aube, à l’ATCL (automobile club du Liban). Les montagnes sont recouvertes de neige et la ville se réveille.

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 Fleur Australe au sec à Istanbul avec sa nouvelle robe, une belle peinture de coque

 

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Vent frais sur la route entre Istanbul et Beyrouth

 

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 Beaucoup de cargos sur la route

 

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 Les enfants ont repris l'école

 

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 Le capitaine au travail, réparation des voiles