2017-02-08 - Beyrouth

Ca y est nous y sommes, l’expédition Mer Rouge commence vraiment par ici. Nous relâchons à l’ATCL de Jounieh à quinze kilomètres au nord de Beyrouth, nous sommes accueillis avec beaucoup de gentillesse et d’hospitalité par Camille Edde. Les quelques kilomètres qui nous séparent de la capitale s’avèrent prendre beaucoup de temps, car ici les embouteillages sont monstrueux. C’est la civilisation dans toute sa splendeur, Beyrouth et son centre-ville avec ses enseignes de luxe et ses restaurants chics. Ostentatoire à souhait ! Il suffit de s’éloigner un peu du centre afin de prendre de l’altitude, pour lui découvrir un tout autre visage, une ville sale, pauvre, véritable fourmilière humaine (4 million d'habitants). Beyrouth a plus d'un visage et bien des quartiers, c'est une ville éclectique et électrique.

Notre amie Rania Khord, nous a organisé un programme dans le temps imparti. Nous avons rendez-vous à Byblos, ville côtière à 40 km au nord de Beyrouth. Visite au collège chrétien Mariste. Conférence dans une classe de 1ère. Nous leurs passons quelques images de Fleur Australe dans les glaces. Les élèves sont très intéressés par notre voyage et posent beaucoup de questions. Ici les problèmes environnementaux ne sont pas une priorité et les professeurs s'emploient à faire passer les messages. Le Liban a une façade maritime qui couvre environ 200 km. Elle est fortement peuplée et la pollution est loin d’être maîtrisée.

Superbe déjeuner à Byblos chez l’élégante Alice Edde avant de visiter le site historique de ce joli village de pêcheurs qui est aussi une des plus vieilles cités du monde, dont l’histoire s’étend sur 8000 ans. Les phéniciens ont occupé ce promontoire pour y établir une ville fortifiée et les bateaux pouvaient trouver refuge dans les baies voisines. Sa position stratégique au pied des montagnes permettait d'y exporter le cèdre. Celui-ci était transporté par bateau jusqu'en Egypte et servait à la construction des bateaux et des temples. En échange, on rapportait du papyrus, qui servait à l'écriture. La ville a d'ailleurs donné naissance à l'alphabet latin, mélange d’écritures, arabe et égyptienne.

C’est justement à la découverte des cèdres libanais que nous partons dès le lendemain. En effet nous allons visiter la réserve nationale de Shouf classée par l’UNESCO en 2005 (@shoufcedar.org). Espèce en voie de disparition, le cèdre est l’emblème du pays. On le retrouve d’ailleurs sur le drapeau qui se compose de trois bandes horizontales : deux bandes rouges avec au centre, le mythique cèdre du Liban dont on retrouve maintes références dans la bible. C’est un symbole de force, de sainteté et d’éternité. Nous arrivons bientôt dans la réserve. Le village se trouve à 1200 mètres, nous grimpons jusqu’à 1800 mètres. Raquettes aux pieds, nous avons bien du mal à nous frayer une voie tant la neige est profonde et dense. « Il a beaucoup neigé ces temps-ci, on a atteint des records » m’explique César qui nous guide dans cette forêt à la recherche du plus vieux conifère. Certains ont plus de 3000 ans, leur taille peut atteindre les 40 mètres de haut avec une circonférence de 16 mètres. Aujourd’hui on ne compte plus que 800 ha de cèdres soit 10% de la forêt Libanaise. Une campagne de reboisement a commencé entre 1400 et 1900 mètres d’altitude afin de freiner la dégradation de la forêt libanaise qui atteint un degré alarmant me raconte encore Nizar Hani directeur de cette réserve. Les enfants s’amusent à se lancer des boules de neige, ils ne s’attendaient pas à ce genre de paysage lorsqu’ils sont arrivés au Liban, c’est une jolie récréation et la vue est exceptionnelle. 

Nous regagnons le bateau en fin de journée après de longues heures de route. Il nous semble mieux connaître ce beau pays, nous sommes passés de la mer à la montagne en un clin d’œil. Le vent se lève, plus de 40 nœuds. Il descend des sommets et souffle en rafales. La Fleur grince et tremble, elle est prise en étau entre deux gros bateaux. Demain nous reprendrons la mer.

Il faut savoir rester prudent et discret sur notre parcours, nous sommes dans des contrées hostiles, certains conflits sont encore d’actualité. Nous le savions en nous engageant dans ce périple. Ainsi je ne voudrais des nouvelles que lorsque je le pourrai afin de ne pas trop nous exposer. Le film sera là pour raconter notre parcours au plus près et dans sa totalité.

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Les ruines de Byblos

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Loup et, en fond, la nouvelle ville de Byblos

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Dans la forteresse de Byblos

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Une belle embarcation remise à neuf sur le port de Byblos

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Sur le port de Byblos

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Un pêcheur libanais

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Coucher de Soleil à Byblos

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Les falaises, à Beyrouth

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Conférence à l'école Mariste de Byblos

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L'équipage s'en va dans la forêt équipé de raquettes

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Nous sommes à 1800 mètres d'altitude dans la réserve de Shouf

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Eh oui ! De la neige au Liban

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Géraldine au pied d'un cèdre