2017-03-08 - Vers le Soudan

Derniers jours sur le Nil à profiter de ces levers de Soleil aux teintes délavées. Nous visitons quelques temples, une carrière de grès, un village Nubien avec ses champs de canne à sucre, avant de filer vers Assouan, une oasis luxuriante dans le désert.

Nous partons pour une fa 2017 03 08 04ballade en dromadaires à la découverte du monastère de Saint Siméon. Nous passons au pied du mausolée de l’Agha khan. Durant plus de quarante ans la Bégum sa dernière épouse, gravissait le long escalier en pierre et venait y déposer une rose chaque jour jusqu’à sa mort en 2000. Le Soleil s’éteint doucement sur la ville, c’est l’heure de la prière, le muezzin nous envoûte, le ciel flamboie, il empourpre le Nil et s’assoupit délicatement dans le désert devenu rose. Les felouques dansent sur le fleuve enchanté, et je me perds dans un océan de rêverie.

Nous retrouvons Fleur Australe à Hourgada, notre bateau se languissait de sa famille aventurière partie à la découverte de la vallée du Nil. Elle aurait bien aimé nous accompagner et nous porter sur son lit, mais ses mats, trop grands n’auraient pu passer les ponts. La rupture avec le calme des derniers jours est brutale, ils sont six cette fois à venir inspecter la Fleur de fond en comble, l’intrusion durera près de deux heures, tout est fouillé, soulevé, jusque dans les moindres recoins et Dieu sait s’il y’en a dans un bateau au long cours qui nous porte de long mois en parfaite autonomie. C’est mon drone qui retient leur attention. Au bout d’une heure à parlementer dans une atmosphère peu sympathique, je finis par m’en tirer à bon compte en leur laissant la carte mémoire. Cela m’importe peu puisque je n’ai rien tourné, c’est en effet formellement interdit par ici. Le capitaine est excédé par ces intrusions à répétions, ils lui font sortir toutes les fusées de détresse et les manipulent brutalement. « Je vous demande d’arrêter immédiatement, c’est très dangereux ce que vous faites là vous pouvez les faire exploser » leur invective Philou. Mais ils ne savent même pas de quoi il s’agit, il semble qu’ils cherchent des armes, nous n’en avons pas bien entendu.

Nous larguons enfin les amarres au coucher du Soleil. Nous doublons des bateaux de plongée à la conquête des fonds coralliens de toute beauté. Ils sont trop nombreux ce qui engendre une dégradation des récifs même si des mesures ont été prises il y’a quelques années notamment pour interdire les mouillages sauvages qui détruisent les coraux. En ce qui concerne les bateaux de plaisance, nous n’en croisons pas un, sans doute découragés par les dangers liés entre autres au terrorisme. De toute façon la rudesse avec laquelle sont traités les étrangers en bateaux et les sommes astronomiques qu’il faut payer aux autorités, suffisent à éloigner le plaisancier. Il n’en reste pas moins que l’Egypte reste le joyau de l’humanité et que le Nil qui abreuve ses terres n’a pas fini de nous éblouir de sa force tranquille.

Quatre jours de mer pour rejoindre Port Soudan, notre première escale au Soudan. Nous sommes voiles en ciseaux, génois tangonné, grand voile, artimon et trinquette, marchons à 8 nœuds, vent arrière 25 noeuds. Une navigation parfaite sur une mer moutonnante. Ombre majestueuse au lointain, un porte container me rappelle les icebergs des pôles. Le capitaine met une ligne à la mer dans l’espoir d’assurer le repas du midi. La Mer Rouge est riche et mystérieuse.

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Dans le temple de Kom Ombo

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Avec le rais, capitaine de notre bateau

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Partie de dominos dans la ville

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Marion seule dans le désert

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Le mausolé de l'Agha Khan

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Assouan