15 mars

La voie lactée nous domine. Orion, Sirius, Procion et le Lion qui se dresse, fier, dans le ciel, la tête haute. J’aime cette communion avec l’Univers. Il faut être en mer ou en haut d’une montagne pour contempler autant de beauté.

J’ai l’impression que le monde m’appartient. Nous n’avons pas croisé de bateau ou âme qui vive depuis plusieurs jours. Quelques dauphins aperçus mais timides. C’est ça que j’aime. Me retrouver loin de tout, isolée, sans aucune interaction avec le monde qui bouge et qui s’agite. Nous avons laissé derrière nous l’Inde et Ceylan, des pays où l’agitation règne, on se bouscule, on se frôle. Nous n’en pouvions plus de cette promiscuité. Partout, sur la route, dans les villes, dans le train, j’étouffais. Alors il nous fallait ces quelques jours en pleine mer, et même si elle a été dure, rude, elle nous envoûte comme à chaque fois. On a beau la maudire quand elle se déchaine et fait souffrir nos corps, mais J’ai l’impression que c’est le seul endroit où je suis moi, où j’existe, où je fais corps avec l’univers et la réalité de mon être.

Nous apercevons les lumières de Sumatra. La vie est là. Des hommes, des femmes, des enfants, qui rient, qui pleurent. Nous allons nous en approcher sans les voir. Nous passerons de nuit dans son extrémité nord, à travers quelques îlots. Pas de bruit, pas de lumière, discrétion total, comme un bateau pirate, qui se faufile sous les étoiles dans un passage mystérieux et secret.

La Fleur va se glisser, elle va humer les odeurs de la terre et poursuivre son chemin, traverser le détroit de Malacca pour atteindre l’île de Phuket.

2018 03 15 fa 01

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