10 avril : Les iles Mergui. Birmanie

Il a fallu se battre pour arriver jusque-là. Obtenir l’autorisation de naviguer dans ces iles Mergui, aux confins de l’Asie, se mérite et nous comprenons maintenant la raison.

Un chapelet de 800 iles vierges à la végétation luxuriante, abritant toutes sortes de bois aux essences précieuses. Des plages de sable infiniment blanc et fin, des eaux translucides, des massifs coralliens intouchés que butinent une multitude de poissons colorés, des pêcheurs prêts à vous vendre le poisson que vous avez loupé en échange de quelques bières… le paradis !  Voilà ce que nous avons trouvé depuis que nous avons eu enfin le sésame tant attendu qui nous a permis de lever l’ancre. Nous serons obligés de revenir à Kawthoung, à la frontière avec la Thaïlande, car il est impossible de faire les papiers de sortie dans les iles Mergui et que nous ne sommes pas autorisés à aller jusqu’à Yangon, mais ça en vaut la peine, nous sommes seuls au monde, dans des iles à faire pâlir le plus sauvage des Robinsons. 

Les filles partent de longues heures se promener en Kayak, camper sur la plage, Philou s’enfonce dans la jungle à la recherche d’un Bambou pour améliorer son taud tandis que j’arpente les fonds pour en admirer la beauté. La plupart de ces iles sont inhabitées, inexplorées. Hier nous avons débarqué sur l’une d’entre elles, à la découverte d’un village Birman où habitent des Moken, « gitans des mers », un peuple nomade qui navigue d’iles en iles, au grès des courants, fait escale de temps à autre pour réparer ses bateaux ou ses filets. Ils seraient environ 3000 et vogueraient ainsi autour des iles depuis 2000 avant Jésus Christ. Les enfants se sont précipités sur Laura et Marion, leur ont offert le jasmin de leurs arbres, peints les joues avec leur Thanakha, pate claire qui protège leur peau du soleil. Philou admire l’un d’eux qui construit sa pirogue dans une seule et même pièce de bois. Comme nous, ils passent la majeure partie de leur temps sur leur bateau appelé Kabang. 

Quand ils deviennent adultes les garçons fabriquent leurs propres embarcations et lorsqu’une fille se marie elle quitte le bateau de ses parents. Avec pour simple appareil une sorte de tuba ils plongent jusqu’à 60 mètres pour ramasser des coquillages mais malgré leur agilité il y a des morts chaque année. Aujourd’hui il pleut des trombes d’eau et le vent a forci plus de 30 nœuds. « On se croirait en Patagonie » me lance Philou, enchanté de naviguer enfin dans ces iles aussi rares que merveilleuses. Il est vrai que la tempête a transformé le paysage en une symphonie allant du gris clair au noir ébène. Quand tombe la nuit, la pluie se tait, les belles embarcations des pêcheurs aux lamparos s’illuminent soudain et c’est le globe entier qui scintille et nous enveloppe d’une guirlande aux mille feux. Alors au son du clapotis de l’eau sur la coque vient l’heure de fermer les yeux pour continuer à rêver.

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