19 Février, Kerala

Notre arrivée à Cochin a encore pris des allures de labyrinthe administratif. Il manque au capitaine une clearance de la douane de Goa et le voilà reparti pour des heures de patience dans les bureaux où l’on rigole du petit français qui a enfreint la loi indienne... Sans ce papier on n’est plus dans le « process », pour reprendre leur terme, il faut donc monter les étages et les gradés pour obtenir le sésame vers la liberté. Enfin délivrés de tout ces tracas, nous laissons notre bateau sagement amarré et partons à la découverte du Kerala.

2018 02 19 fa 29Nous sommes dans les Backwaters, un immense réseau de lacs, de lagunes. 1500 km de rivières et de canaux qui sur plus de 100 km longent la mer d’Arabie, le long de la côte du Malabar. Au fil du temps géologique, cette région s’est vue coupée de la mer. Des lagunes sont apparues. Descendant de la montagne, des dizaines de rivières leur apportent de l’eau douce surtout en période de mousson. Les rois de l’Inde, ont décidé de profiter de cette immense plaine lacustre et ont demandé aux hommes d’organiser des canaux, d’élever des murs et d’assécher des champs pour les cultiver en rizière. Le système d’irrigation permet de remplir ces champs et quatre fois par an on y récolte le riz. Les canaux sur lesquels nous naviguons sont situés au dessus de ces terres. Un talus de remblais est entretenu et sur ce frêle cordon de terre. Des maisons rustiques et sommaires ont été bâties. Des bananiers, des cocotiers, des manguiers poussent les pieds dans l’eau, tapissée de plantes aquatiques. Les habitants semblent avoir tout pour vivre. L’eau des canaux est riche en poissons et crevettes, les arbres sont remplis de fruits, le riz recouvre les champs, les ignames poussent dans la terre.

Il y a forte affluence sur la rivière et dans les canaux. Les pirogues à rame ou propulsées par un petit moteur véhiculent les gens et les marchandises. Des bateaux bus effectuent les trajets pour les grandes distances, le bateau de l’école amène les élèves au village, des houseboats de plus en plus nombreux parcourent la rivière, pour ceux qui veulent découvrir ces lieux de toute beauté. Nous embarquons sur une pirogue. Nous sillonnons les petits canaux. Il faut se courber pour passer sous les branches des manguiers qui ploient sous le poids de ses fruits appétissants. Laura et Marion s’abritent d’une ombrelle colorée. Nous traversons des champs de banquise verdoyante. Comme dans la glace, la prairie se referme à notre passage, la trace de notre frêle esquisse est engloutie par ces plantes aquatiques qui se resserrent et forment un manteau de verdure. Betty se méprend et se jette à l’eau au milieu des plantes flottantes, croyant notre pirogue échouée sur un champ d’herbe…

Les femmes frappent le linge sur les pierres au bord de l’eau. Les enfants se baignent, les femmes se lavent tandis que les hommes nouent leur sarong et se brossent les dents. Des petites filles aux tenues colorées pêchent le poisson de la famille avec une ligne sur une canne en bambou. Des oiseaux par milliers, échassiers, cormorans, canards, profitent de la richesse de ce paysage. L’endroit est calme, les gens, nonchalants, marchent d’un pas tranquille, le geste est beau, accompli, le sourire serein et le regard profond. Une certaine douceur de vivre flotte le long des berges. Le soleil se couche sur les rizières, les tiges vertes ondulent et brillent dans le reflet de l’eau émeraude.

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