26 février, Les montagnes du Kérala

Nous avons laissé notre house boat et prenons la route en direction de la montagne. Nous grimpons dans les montagnes du Kerala. Le chemin est sinueux, les bus se croisent et se frôlent. Difficile de doubler les camions, mais les indiens sont les rois du dépassement sans visibilité. Ils croient au « karma » et sur la route ils testent leur chance. Tout le monde joue du klaxon et les passagers que nous sommes tremblent un peu, mais on s’habitue vite…

2018 02 26 fa 01La forêt se fait dense. Sous les arbres majestueux, on cultive de la cannelle et de la cardamone. Nous pénétrons dans la « spice valley ». Le nom résume à lui seul toutes les différentes épices que l’on cultive dans cette région. C’est un véritable jardin des délices et les effluves de poivre mêlées aux senteurs de cannelle et de coco nous ensorcellent. Ce climat tropical est favorable à toutes ces épices divines. Les montagnes des Nilgiri, au sud, et les collines de Cardamome constituent les principaux lieux de production d’épices : la cardamome, bien sûr, mais également la muscade, la cannelle, le gingembre, le clou de girofle, le cumin, le safran, le poivre et la vanille… C’est dans la vallée de Ghates que pousse le poivre à une altitude oscillant entre 1000 et 2000m. Les agriculteurs descendent leur récolte sur les fleuves pour la vendre au port de Cochin. C’est dans cette ville, à Jew Town que se trouve l’unique bourse au poivre du monde. Les principaux poivres produits sont le poivre noir ou blanc de Malabar qui est le plus prisé, le poivre rouge de Pondichéry ou de Kérala. Le Kerala constitue une des principales zones de production de poivre de l’Inde. Les enfants s’extasient devant cette nature luxuriante et généreuse qui fournit le tiers de la production nationale d’épices. Marion récolte de la cannelle, de la vanille et quelques roses, pour créer son propre parfum.

Le Kerala est situé au carrefour de l’Orient et de l’Occident, avec son principal port Cochin ouvert sur la mer d’Oman et l’Océan Indien, il est isolé du reste de l’Inde par une chaîne de montagnes : les Ghats occidentaux et ses côtes sont superbes. Elles ont été durement touchées par le ras de marée dévastateur qui a fait des centaines de milliers de victimes autour de l’Océan Indien, en Décembre 2004. C’est aussi dans ces forêts, que se cachent tous les animaux emblématiques de l’Inde. Le tigre et l’éléphant. Nous ne verrons pas de tigre cette fois. Mais nous croisons notre premier éléphant sur le bord de la route. Il s’affaire à déplacer des troncs d’arbres. Nous ne résistons pas à l’idée de les approcher de plus près et pour le bonheur de nos deux petites filles, nous partons pour une longue balade à travers la forêt sur le dos de deux belles bêtes contrôlées par leur cornac. Il est très impressionnant d’approcher ces pachydermes légendaires. « Ils sont très dangereux leurs pattes sont massives et peuvent vous propulser à plusieurs mètres si l’éléphant se sent agressé. » m’explique notre guide. Laura et Marion ne tarissent pas de questions afin de connaître au mieux les mœurs de cet animal qui pèse plus de 4 tonnes.

Après cette belle journée nous grimpons un peu plus haut dans la région de Munnar. Capitale du thé. L’altitude, le sol et l’humidité en font le lieu idéal pour sa culture. C’est une région très vallonnée et le sommet de l'Anamudi, culmine à 2 695 m. Des falaises de basalte surplombent les vallées. Des gorges ont été creusées par les torrents d’eau et des cascades dévalent les montagnes. Nous découvrons les mosaïques de verdure, des labyrinthes à perte de vue. Ce sont les champs de thé.  On récolte les jeunes feuilles dans les buissons une fois par semaine. Les femmes taillent et remplissent un grand sac qu’elles vont ensuite faire peser. Elles ramassent ainsi entre 80 et 100 kg par jour. Le salaire est d’environ 600 roupies, la journée, soit 7 à 8 euros. Le paysage est de toute beauté. Les femmes aux saris colorés butinent ces champs couleur émeraude, le soleil tape fort, le ciel est d’un bleu radieux. Nous grimpons pendant 5 heures pour atteindre le sommet de la montagne à 2400 mètres. Les filles sont épuisées, ça monte dur, et il fait très chaud, nous guettons les traces d’éléphant sauvages avec l’espoir d’en apercevoir un. Une cinquantaine de familles sont logés sommairement dans ces domaines de plusieurs hectares. L’électricité est fournie ainsi que les soins médicaux, mais à l’âge de la retraite, à 58 ans, il faut quitter la plantation et les plus vieux vont se loger en ville. Le lendemain Junis notre guide nous invite chez lui, sa sœur nous a préparé un succulent déjeuner de légumes, riz et curry. La maison est minuscule mais décorée avec soin, toutes sortes de divinités ornent les murs aux couleurs vives. On se prend à rêver de vivre ici, au milieu de ces champs de thé, dans ces petits habitats bariolés, très loin de toute civilisation, le cœur en fête et les papilles régalées.

Le long de la route du retour qui serpente à flan de montagne, le soleil inonde la vallée, les arômes de thé s’échappent de l’usine dans laquelle on sèche, torréfie et broie les feuilles pour devenir ce que l’on trouve dans nos sachets. Un petit singe traverse la route. Demain nous retrouverons Fleur Australe à Cochin, et nous quitterons l’Inde pour filer vers le Srilanka.

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