carnet de route de geraldine danon

   Le carnet de bord de Géraldine

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4 juin, les îles Eoliennes

Nous laissons le Stromboli derrière nous, cône parfait avec son panache de fumée qui vole loin, très loin, comme une écharpe qui flotte dans le vent. Emotion : la magie du feu venue des entrailles de la terre. Il n'y a rien de plus fort sur notre planète, peut-être la glace, oui résolument, la glace et le feu…

A la nuit tombée, nous scrutons le monstre depuis la mer, pour le voir mugir et rougir, mais il nous refuse un jet de feu. Il nous aura comblés, offert dans toute sa splendeur, juste pour nous, à plus de 900 mètres d’altitude, explosant fougueusement dans le ciel radieux. Stromboli, tu nous as marqué de ta force et de ta beauté.

Nous hissons les voiles vers la jolie Panarea, à quelques milles. On la dit petite sœur d'Ibiza. C'est vrai qu'elle a du charme avec ses jolies maisons bien propres et colorées de pastel. Sa pierre est rouge et ses petits murets témoignent d'une activité de culture. On y travaille encore les olives, les citrons et les câpres. Dans ses eaux, des bulles remontent des profondeurs. Activité volcanique présente sous toutes ses formes. Sous nos pieds la puissance de la terre, son grondement secret.

La Fleur chemine autour de l'île, jette son ancre au pied des plus hautes falaises, qui s'enflamment quand le soleil va s’éteindre dans la grande Bleue. Nous profitons d'un peu de repos, le corps courbatu par l’ascension de la voisine, omniprésente dans ce décor exceptionnel. Le Stromboli n'est plus qu'un triangle noir, posé sur l'eau, mais on ne se lasse pas de l'admirer.

Le jour n'est pas encore levé, les étoiles brillent dans le ciel et petite Fleur tire des bords vers Salina. Dos de chameau avec ses deux anciens volcans, l'île est verte et boisée dans ses hauteurs. Nous empruntons des mobylettes et partons découvrir les flancs et les pentes où serpente une sinueuse route de montagne. Ses voisines n'avaient pas de chemins bitumeux et pas de voitures. Ici elles sont peu nombreuses et la route semble nous être réservée. Les enfants sont heureux de laisser le bateau et leur devoir pour une journée de récréation, ludique et instructive, comme une escapade de promenade scolaire. Les cheveux aux vents, les sens exacerbés, nous nous délectons de toutes les senteurs de l'île. Les citrons se ramassent à la pelle et nous remplissons nos sacs à dos pour notre plus grand bonheur.

Une plongée nous est offerte par le club local et nous voilà immergés entre champ de posidonies et pics de basalte. Sous l'eau la magie continue. Les grandes nacres baillent, cachées dans les herbes qui ondulent au gré de la houle. L’ivresse des profondeurs nous emporte.

Le vent s’engouffre dans nos voiles et nous filons vers la sauvage Filicudi. La nuit tombée nous prenons une bouée. Trop profond pour y poser l'ancre, elle risquerait de dévaler dans les abysses qui entourent l'île. La Fleur ballotte bord sur bord. La nuit sera douce, les Eoliennes, perles de la Méditerranée, vont habiter nos rêves.

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Plongée dans les eaux de Salina entre posidonie et pics de basalte.

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Au pied du Stromboli, je filme.

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Les Eoliennes, perles de la Méditerranée. Le volcan omniprésent.

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Panarea au charme fou.

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Une capre, trésor de l’île, en fleur.

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Avec Philippe Noiret à Salina, il y a jouer « Il postino »

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Harmonie du soir. Iles éoliennes.

 

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