carnet de route de geraldine danon

   Le carnet de route de Géraldine Danon

Suivez au jour le jour les expéditions de Fleur Australe

Samedi 26 juin : L’île de l’abondance

Minuit Nous embouquons le Darwin Sound. Quelques milles plus tard, nous décidons de faire une pause pour dormir, dans la petite anse d’Echo Harbour.

12h00 : 
Nous sommes au mouillage dans la baie nord-est de l’île Hotspring. Le ciel est gris, chargé de nombreux nimbostratus. Petit crachin.

 

Vers 15h00, le soleil pointe le bout de son nez. Nous débarquons.

 

 L'île de l'abondance

 

Nous traversons une forêt dense et démesurée de cèdres et d’épicéas. Des troncs énormes, certains sont tombés sur le sol, recouverts de mousse et de lichen. On se croirait plongé dans la forêt de Brocéliande et les enfants ne seraient pas surpris de voir apparaître Merlin l’enchanteur. Gandll K’in Gwaay.yaay (île Hotspring) était traditionnellement une corne d’abondance car l’endroit procurait de l’eau, de la nourriture et un lieu pour guérir et nourrir le corps et l’âme. Cette forêt est chargée… Le soleil s’infiltre à travers les troncs et les arbres immenses. C’est surnaturel. D’ailleurs pour les Haïdas, il n’existe aucune frontière qui sépare le monde naturel du monde surnaturel. De nombreuses histoires se perpétuent à propos d’êtres surnaturels qui se transforment en êtres humains, et de rencontre entre ces deux là. Nous marchons environ 15 minutes, puis, nous sommes accueillis sur la côte au vent par une gardienne de ce site Haïda.

 


Piscine naturelle

 

Elle nous mène jusqu’aux sources thermales qui donnent à l’île son nom, réchauffent le sol mince et tiennent  la forêt en échec, à cet endroit. Nous pénétrons dans une première piscine naturelle, puis dans une deuxième encore plus chaude. Les enfants sont ravis. Elles sont taillées à même la roche. L’eau thermale, ne vient pas de la mer, même si sa teneur en minéraux lui donne un contenu salé. On n’en connaît pas la source. Elle tombe probablement du ciel, sous forme de précipitation sur l’île Lyell (la vaste étendue de terre la plus proche) puis elle se fraye un chemin à travers les fissures du roc jusqu’à un réservoir d’eau tiède, à 4 km de profondeur.

 

A mesure que l’eau se réchauffe, la pression la fait sortir de terre sur l’île Hotspring. Nous passons plus d’une heure à barboter dans les  sources d’eau chaude. Nous allons de la mer à 11° aux piscines à 40°. C’est divin. L’île abrite des chauves-souris de Keen. Les petites chauves-souris brunes qui ont de très grandes oreilles, plus d’un quart de leur corps. Peu après le coucher du soleil,  elles quittent leur perchoir pour chercher de la nourriture pour leurs petits. C’est pourquoi les visites s’arrêtent, au coucher du soleil. C’est à ce moment là que nous regagnons la Fleur. La lumière orangée se glisse subrepticement à travers les troncs. Cette forêt est magique. Le chemin nous est indiqué par des coquillages qui jalonnent le parcours. Les Haïdas sont en relation directe avec la mer, le ciel et la forêt. A marcher sur les traces de leur ancêtres, nous ressentons cette fusion au plus profond.

Texte rédigé par Géraldine Danon

Vendredi 25 juin : Queen Charlotte City

9h00 : Nous sommes de retour au musée, afin de suivre ce que l’on appelle « L’orientation » : une petite initiation visant à nous délivrer un permis nous autorisant l’accès à la réserve du parc national, site du patrimoine Haïda.

Grâce à cette petite formation nous pourrons nous rendre dans les Gwaii Haanas (les îles de beauté), à l’extrémité sud des îles de la Reine Charlotte et visiter les cinq plus  anciens villages des gardiens de Haïda Gwaii. Après nous avoir fait visionner un petit film nous expliquant les règles à suivre ainsi que l’histoire de cette réserve, nous repartons, permis en poche. Nous regagnons le bord, notre charmant voisin québécois nous offre un Sockeye Saumon, à la chair rouge , que je prépare cru, en sashimi, en sushi et en carpaccio tandis que Philou lève l’ancre. Direction les îles de beauté.


 

 

 

Les monts San Cristoval, forment l’épine dorsale des Gwaii Haanas, ils atteignent une hauteur de 1123 mètres au mont de la Touche. Les zones supérieures de cette chaîne sont dominées par la pruche sub-alpine et la toundra alpine. Les zones inférieures sont recouvertes de thuyas, de pins et de pruche occidentale. La faune et les flores distinctes de l’archipel ont évolué depuis des milliers d’années. Bon nombre d’espèces continentales ordinaires sont absentes de ces îles ou s’y sont transformées en des  sous-espèces uniques,  comme par exemple l’ours noir, la martre des pins, la souris sylvestre et l’hermine.

 

D’autres espèces comme le cerf, l’écureuil, les sitka, le castor, le raton- laveur et le rat ont été introduites récemment et s’y trouve  maintenant en grand nombre au détriment de la végétation et de la faune indigènes. On estime que 1,5 millions d’oiseaux nichent du mois de mai au mois d’août le long des 4700 kilomètres de littoral que compte ces îles. La moitié ont élu domicile aux Gwaii Haanas : les macareux rhinocéros, le guillemot à cou blanc, le macareux huppé, le macareux cornu, le starique de Cassin, l’océanite cul- blanc, l’océanite queue fourchue, le guillemot marmette, le cormoran pélagique, le  pygargue à tête blanche, le faucon pèlerin de Peal… l’archipel étant situé sur la voie migratoire du pacifique, des douzaines d’oiseaux migrateurs font escale dans ces îles au printemps et à l’automne.

 

 

 


La première île dans laquelle nous relâcherons est à 50 milles : Gandl lk’in Gwaay-yaay, île Hotspring : c’est l’île des sources thermales. Les enfants sont joyeux à l’idée d’aller barboter  dans ces sources chaudes.
C’est à la suite d’un affrontement entre les Haïdas et l’industrie forestière, qui en 1985 a attiré l’attention du monde entier, que le conseil de la nation Haïda et le gouvernement du Canada ont négocié cette entente pour classer réserve nationale les Gwaii Haanas et préserver ce site. Ce  peuple fort et mystérieux me fascine de plus en plus. Il vit dans ces îles depuis 12000 milles ans, elles sont pour eux source d’inspiration et de subsistance. Je me réjouis d’aller à la rencontre de leur monde, à travers leurs légendes et leurs coutumes.
La mer est calme. Petit vent de sud léger. Ciel gris chargé d’altostratus découvrant un horizon presque bleu. Il fait doux. 16°. La fleur vogue vers les Gwaii Haanas. L’équipage  a le cœur tranquille.

 

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

 


Le capitaine à la pêche

 


Le capitaine et un autre bateau

Jeudi 24 juin : Les Haïdas

Après une nuit à naviguer au près, sur une mer déchaînée. Nous atterrissons sur l’île de Queen Charlotte. Nous accostons un bateau de pêche. A son bord deux hommes, un Canadien du Québec arrivé en 1980 pour une semaine, il n’a pas bougé depuis et un Haïda. Nous allons visiter le musée. Nous sommes dans la réserve du parc national Gwaii Haanas, site du patrimoine Haïda. Au bord de cet Océan Pacifique qui regorge de vie, des montagnes enneigées jaillissent de la forêt pluviale luxuriante, les petites anses paisibles contrastent divinement avec les îlots rocheux.

Les îles de la Reine Charlotte sont officiellement appelées Haïda Gwaii, ce qui signifie  les îles du peuple dans la langue des Haïdas.  Elles comptent environ cinq mille habitants pour un archipel d’environ 450 îles, situés à l’ouest du plateau continental, elles s’étendent sur 300 km de long et se terminent en pointe aux îles Kerouard, à l’extrême sud. La culture Haïda unit son peuple à la terre et à la mer depuis plus de douze mille ans. Dans ce superbe musée avec une vue panoramique sur la mer et ses îles, le totem, emblème de la tradition Haïda est à l’honneur. Gwaii Haanas travaille à la création d’une aire marine nationale de conservation, une fois cette réserve créée, Gwaii Haanas, sera protégé depuis ses plus hauts sommets, jusqu’aux profondeurs de son territoire marin, soit  5 000 kilomètres carrés. Le gouvernement du Canada et le conseil de la nation Haïda ont signé l’entente sur Gwaii Haanas en 1993.

 

 

 

 Pirogues et totem en cours de réalisation

 

Elle témoigne de leur engagement mutuel envers la protection du site. C’est un modèle de relation harmonieuse entre l’homme et la terre. Le principe même de la tradition Haïda est basé sur un mode de vie qui considère que les humains font partie intégrante de la nature. S’initier à leur culture, c’est apprendre à respecter leur valeur sacrée et spirituelle. C’est ce que nous découvrons au fur et à mesure de notre avancée dans ce superbe musée qui leur est dédié. Il me semble, connaître un peu mieux ce peuple Haïda, si soucieux de préserver son écosystème, ses rites, sa langue, sa spiritualité, son individualité… Leur dieu est Raven, il a fait jaillir la vie des profondeurs. Le totem, que l’on trouve devant la plupart des maisons est destiné à être vu de loin, afin de définir qui habite les lieux et de les protéger. Ici, ils sont immenses et magnifiques. Sculptés dans le bois, on retrouve au sommet, le chef de la famille, ou du village puis vient sa femme et toutes sortes d’emblèmes dont l’aigle très présent dans la culture Haïda et la lune. Il est en général commandé, par le chef lui même et dessiné par un artiste. Nous rencontrons un Haïda qui travaille justement sur un nouveau totem. Il sculpte un tronc d’arbre de 15 mètres, du cèdre rouge. Il nous explique combien son ouvrage lui tient à cœur et comment il a su depuis  sa tendre enfance que ce serait sa fonction sur cette terre. Dans son  atelier ouvert sur la mer, il y a plusieurs pirogues, leurs embarcations traditionnelles sont peintes à la main. 

 

 
L’emblème de Gwaii Haanas est un motif unique conçu par l’artiste local Giitsxaa. Il représente une loutre de mer et un oursin. Le conseil a choisi ces deux créatures à cause de leur importance dans l’histoire, la tradition et l’écologie de l’aire protégée. Les forêts de laminaires comptent parmi les écosystèmes les plus productifs des eaux de Gwaii Haanas. La loutre de mer contrôlait autrefois les populations d’oursins de mer. C’est une espèce qui se nourrit de laminaires et assure l’abondance de cette algue et le fourmillement de la vie dans la forêt autour. La disparition de la loutre de mer à l’époque du commerce des fourrures a  considérablement perturbé l’équilibre naturel entre les espèces et la santé de la forêt de laminaires s’est trouvée menacée. La disparition de la loutre de mer est un parfait rappel de la vulnérabilité des espèces et des écosystèmes tout entiers.

 

 

Totem Haïda

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

Mercredi 23 juin : Une belle rencontre

Minuit : un vent fort de sud sud-est nous oblige à mouiller pour la nuit dans Use-less bay en attendant que le vent mollisse.

9h00 : Les violentes rafales de vent résonnent dans le bateau. C’est impressionnant. Nous débarquons sur la très belle plage jonchée de bois flottés. L’eau est très claire, sa température est de 12°C. L’air est chaud, c’est un vent du sud,  il fait doux, environ 18°. Derrière de grands cèdres rouges aux troncs centenaires, nous découvrons un petit atelier aux allures de scierie, un grand potager, quelques roses, nous l’apprendrons plus tard, rapportées de l’île de Queen Charlotte, une petite cabane en bois, des chèvres et trois chiens. Un couple vient à notre rencontre, avec leur fils âgé d’une vingtaine d’années.

 

Ils sont américains d’Alaska du nord. Ils ont acheté ce terrain en 1976, ils y vivent depuis 1986, en autarcie totale. Ils nous font visiter leur potager, où sont plantées toutes sortes de légumes, leur champ de pomme de terre, et leur serre dans laquelle ils cultivent entre autre des tomates et de la vigne. Les chiens sont là pour les protéger des loups, très nombreux sur cette île de Porcher. Je leur demande s’il y a des ours. Ils me disent ne pas en avoir croisé en 30 ans, mais il se trouve qu’il y en a justement un qui rode par là depuis une semaine. En 1996, alors qu’ils vivaient paisiblement sur leur île, avec comme seule ressource, la pêche commerciale du saumon, qui se pratiquait alors 4 mois par an, le gouvernement décide de réglementer cette pêche et de ne l’autoriser que 4 jours par an. Ils se voient donc contraints de reprendre leur travail et partent enseigner à Petite Diomède : une petite île située à la frontière entre la Russie et les Etats Unis. Nous y sommes passés à la fin du passage du Nord Ouest, entre la Pointe Barrow et Nome, en mer de Béring. Lorsqu’ils  apprennent que nous avons fait le passage l’été dernier, leurs yeux s’allument soudain. La même lueur que je retrouve dans le regard de tous ceux à qui nous racontons notre parcours jusqu’ici. Les questions fusent.

 


Une famille vivant en autarcie


Nos deux Américains, passeront donc dix ans à Petite Diomède avant de regagner leur petit paradis. Ils sont aujourd’hui retraités. Ils regrettent que le gouvernement aient restreint la pêche aussi brutalement : « Il y a  30 ans, il y avait plus de 200 bateaux dans la baie, jusqu’à Prince Rupert. En Alaska, la pêche au saumon est encore pratiquée. Ici le gouvernement a fait une erreur de management. » En quittant nos romanesques hôtes, Philou admiratif, s’arrête devant de colossales planches de bois. Du cèdre rouge de plus de 300 ans : « Il en a vu des choses, dommage que les arbres ne racontent pas. » Il y a aussi des cèdres jaunes et du spruce, un épicéa, un bois au fil droit, sans branches et sans nœuds, parfait pour les mâts de bateau. Nous passons devant une petite montagne de sciure de bois qui sert entre autre à nourrir les chèvres : « c’est l’harmonie parfaite, tout se récupère, tout se transforme, tout circule, c’est le cycle de la vie.» Et le voilà qui joint les gestes à la parole et dessine un grand cercle dans l’air. Cela sent bon la résine de pin. Une belle leçon de bien vivre !

 

 

Forêt de pin, cedar

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

Mardi 22 juin : Journée au port

Journée sous la pluie. Philou s’attaque à quelques réparations peu agréables, mais d’intérêt commun, les toilettes. J’en profite pour lire et écrire. Les petites sont en pleine forme. Les journées passées au port sont assez pénibles, lorsqu’il pleut, les enfants tournent en rond dans le bateau et s’excitent mutuellement au fur et à mesure que la journée avance.

 

 

 

En fin de journée la bande son devient vite insupportable. Nous avons de charmants voisins canadiens, de Vancouver qui ont cassé leur deux hélices sur un caillou  à cause d’une erreur de GPS et se retrouvent bloqués au port. Ils nous ont offert un beau halibut à la vue de notre grande famille. Les halibuts sont très nombreux dans ces eaux. L’Alaska et le Canada se disputent régulièrement les zones de pêche. Il est l’équivalent de notre flétan. Philou a réussi à télécharger les cartes du Canada, il n’y parvenait pas jusque là. Il a l’air soulagé. Après une halte au grand supermarché pour l’avitaillement, nous voilà fin prêts à lever l’ancre.

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

 
Scène de vie dans la timonerie

Lundi 21 juin : Cow Bay

Hier 20h00 : nous prenons la mer. Le vent s’est levé. La mer s’est formée. Elle est en colère. Je parviens à endormir les petites. Dans la cabine avant c’est les montagnes russes. Philou est obligé de tirer des bords pour avancer. Vers 2h00, le vent tourne et nous permet de faire la route directe. La houle est encore bien là. Nous passerons la nuit ainsi à subir cette houle de face.

L’Alaska est décidément bien difficile à quitter. Nous ne sommes plus à l’abri des îles dans les canaux. Nous marchons à 4 nœuds,  contre le vent, la mer et le courant.

8h00 : Nous sommes enfin au Canada. Nous croisons quelques cargos qui émergent de la brume comme des vaisseaux fantômes, plusieurs bateaux de pêches. Le vent a mollit, la mer se calme. Nous marchons à 6 nœuds. Une petite pluie fine et pénétrante vient parfaire ce paysage lugubre, gris. Au loin nous apercevons les premières îles canadiennes.


Les enfants à Cow Bay

 
12h00 : Nous sommes dans le chenal d’accès pour Prince Rupert « La ville arc en ciel », celle du Canada où il pleut le plus. C’est de là que lui vient ce joli surnom. Environ 2,50 mètres de précipitations chaque année. Nous sommes escortés par deux remorqueurs et comble du bonheur il ne pleut pas. Le ciel nous offrirait-il un arc en ciel ? Treize milles habitants vivent dans ce port en eau profonde. Port de pêche et de commerce du Pacifique.

15h00 : Nous relâchons dans Cow Bay. Ici tout est à l’effigie des vaches : les enseignes, les bittes d’amarrage, les drapeaux, les tasses, les assiettes… Les habitants, beaucoup d’amérindiens, des chinois, des canadiens. Nous mangeons un gâteau au chocolat dans un petit café sur le port, qui vu sa taille ne tarderait pas à me transformer moi aussi en vache si je venais à rester un peu trop longtemps par ici !

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

Dimanche 20 juin : Vers le Canada

7h00 :  Au réveil, Philou et moi prenons l’annexe et nous enfonçons dans l’anse, dans le but de croiser et peut-être de filmer des biches. Tout au bout, dans un paysage bucolique à souhait, deux biches et un petit faon se promènent dans les herbes hautes. Pas farouches, elles se laissent approcher, filmer, photographier. Moment de grâce ! Revenus à bord nous levons l’ancre.

12h00 :  Latitude 55°22 N  Longitude 132°W. Vent dans le nez. Petit clapot sec. La mer se forme peu à peu. Vent de sud de 20 nœuds, force 4. Le bateau est à la gîte. L’horizon variable entre éclaircies et gros cumulus. Nous sommes dans le Clarence Strait. A bâbord, nous croyons apercevoir une énorme baleine et pour cause, il s’agit d’un sous-marin américain et de son chien de garde qui s’interpose aussitôt entre lui et nous. Il nous demande de nous dérouter et de passer dans leur ouest. Nous virons de bord et poursuivons notre route. Nous avions perdu l’habitude d’être à la gîte. Les petits chiots sont serrés les uns contre les autres ou plus exactement, les deux mâles écrasent la pauvre petite Maya qui est en minorité. Beti les a délaissés. Marion plus sensible que les autres au mal de mer, regarde un film dans la bannette.

 

 
Petite biche pas farouche


17h00 : Marchons à près de 9 nœuds, grand voile hissé, génois déroulé, nous faisons une belle arrivée à la voile,  dans le petit port de Metlakatla, où nous avons décidé de relâcher pour quelques heures. Nous sommes encore en Alaska. Petite balade dans ce village indien, où ne croiserons guère âme qui vive. Après un dîner de crabe nous levons l’ancre.

 


Sous-marin et son chien de garde

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

Samedi 19 juin : Salmon Bay

Petite halte à Salmon Bay, histoire de dormir quelques heures. Au réveil nous avons le plaisir de découvrir deux ravissantes biches qui traversent la baie, en nageant d’une rive à l’autre. Nous partons relever les casiers, sans succès, seule une grosse étoile de mer s’est fait prendre. Ce qui déclenchera quelques sarcasmes de l’équipage, à l’encontre du capitaine. 

 

 

 
Un senneur pêcheur de saumon

 


Il faut dire que celui ci possède à peu près, tout ce qui se fait, comme  beurre à tartiner les casiers et autres ruses de sioux pour attirer les divins crustacés. Nous poursuivons notre route vers Prince Ruppert au Canada. Le soleil brille. Le ciel est bleu chargé des quelques petits cumulus humilis accrochés aux sommets .Nous croisons de nombreux îlots verdoyants. Philou bricole. La navigation tranquille le permet.

 

 

 Mouillage à Salmon bay

 

 

20h00 : Après cette journée à naviguer dans ces longs canaux, sous un soleil de plomb avec une mer d’huile. Nous relâchons dans la petite anse de Windfall Harbour. Le soleil se couche doucement. Nous profitons de nos dernières heures en Alaska. J’ai l’impression d’en avoir fini avec la glace et le froid, en tout cas pour cette année. Plus de monts enneigés, plus de growlers, plus d’iceberg. Nous descendons vers le sud. C’est avec une certaine émotion que je m’apprête à quitter, l’Alaska. C’est ici que nous sommes arrivés, une fois le passage du Nord Ouest achevé. C’est encore ici que la Fleur a patienté tout l’hiver. J’ai la sensation, que c’est une fois arrivés au Canada, que commencera réellement la nouvelle expédition. Je ressens cette étape comme une transition. L’Alaska est merveilleux mais il me tarde d’arriver au Canada. Nouveau territoire. Nouvelles aventures. Inch Allah.