Mercredi 22 février : En mer

60°42’ Sud / 63°35 Ouest

 


Hier 19h00 : Après un coucher de soleil flamboyant nous empruntons le périlleux Morton Strait entre Snow Island et Livingston, un passage étroit parsemé de cailloux que nous passons à la limite de la nuit.

 

 

 

Devant nous Orion et Sirius, constellations oubliées depuis quelques temps. Le ciel étoilé est de retour, après deux mois d’absence, nous ne l’avions pas vu depuis le mauvais temps d’Auckland. Le vent de Sud-ouest monte régulièrement au cours de la nuit pour se stabiliser autour de 25 nœuds ce matin. Un grand albatros est venu nous saluer, lui aussi nous ne l’avions pas vu depuis longtemps.


15h00 : Le vent de Sud-ouest est stable, 25 nœuds. Grand-voile haute, génois. Nous filons à 8 – 9 nœuds. Le ciel s’est couvert. Le soleil tente de timides percées qui irisent la mer. Quelques Damiers du cap virevoltent autour du bateau. Nous avons des conditions idéales. Antoine a essayé de démonter l’ordinateur, un petit coup de sèche-cheveux, l’ami du marin, n’a malheureusement pas réussi à lui rendre la vie. Cela fait 8 mois que j’écris tous les jours et envoie mes billets, j’ai l’impression qu’on m’a enlevé quelque chose. Je ne perds pour autant pas mes bonnes habitudes. J’enverrai mes textes dès que possible. Je profite de ces conditions agréables pour trier mes photos.  Laura est très difficile, elle est agressive, trouve le temps long et se plaint sans cesse du manque de copain. Loup et Marion regardent des films dans leurs bannettes. La température de l’eau a pris un degré. Les quarts sont moins tendus. Nous n’avons plus de glace ni d’iceberg depuis 24h, cela faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé. La mer a l’air toute vide. Le cap Horn est encore à 336 milles. Nous en avons déjà parcouru 160. Bientôt nous quitterons les 60èmes solitaires pour retrouver les 50èmes qui nous ont bien secoués pendant la longue traversée. Nous abandonneront aussi les eaux du traité de l’Antarctique et laisserons la ligne de convergence dans notre sillage avec mille souvenirs merveilleux, glacés, immaculés, pour toujours gravés dans nos mémoires.


19h00 : Le vent forcit, Philou prend un ris dans la grand-voile nous filons vers le Cabo de Hornos.

Mardi 21 février : Déception Island

7h00 : Les Shetland du Sud s’étendent sur 540 km de long. Il y a 11 îles principales, montagneuses et volcaniques et toute une série de petits îlots qui constituent le plus grand archipel de l’Antarctique. Ces îles abritent de nombreuses bases scientifiques. Elles ont été découvertes en 1819 par William Smith qui s’est trouvé entrainé très au Sud par un coup de vent alors qu’il tentait de passer le Cap-Horn. L’île doit son nom de Déception à ses découvreurs qui n’y trouvèrent pas d’abris et firent le tour sans voir l’entrée du cratère. Nous mouillons justement au cœur de ce cratère, exactement à Telefon baie.

 

 

Ce matin, tout est calme, les parois du volcan se reflètent dans l’eau à perte de vue. Malheureusement bien vite un paquebot norvégien, largue ses « manchots » à l’assaut des sommets enneigés.  

 

 

 

 

 

Nous attendons un peu pour débarquer, en profitons pour préparer un bon déjeuner puis partons faire une balade sur les pentes noires et blanches.

 

 

 

Les enfants font des glissades tandis que je pars marcher avec Antoine. Le paysage est grandiose sur des milles et des milles.

 


15h00 : Nous levons l’ancre et mouillons à quelques milles à Pendulum Cove. Nous creusons sur la plage de cendres noires à la recherche des sources géothermiques que nous ne trouvons pas.

 

 

Qu’à cela ne tienne Loup et moi décidons de prendre un bain de mer à 1,5°C.

 

 

Le capitaine décide de lever l’ancre rapidement car le vent tourne au Sud. L’ordinateur qui nous permet d’envoyer des nouvelles chaque jours ne marche plus, il a reçu des gouttes de condensation hier pendant la traversé. Malheureusement nous n’avons pas le logiciel Géo-Link pour l’installer sur un autre ordinateur, celui de secours a été volé à Tahiti. Pas de chance pour le passage du Horn. J’enverrai ça d’Ushuaia.


17h00 : Nous quittons Déception. Le ciel est d’un bleu limpide. C’est magnifique ce mélange de neige et de cendre balayé par les embruns. Hier nous étions dans la tempête de neige, nous ne voyions pas à 10 mètres et là le décor s’illumine majestueusement. On ne pouvait rêver plus belle sortie.

 

 

 

De gros cailloux sont posés sur l’eau comme des icebergs couleur ébène. Ils marquent la pointe, on les appelle la machine à coudre et l’aiguille. Un peu plus loin à l’Est nous rencontrons une impressionnante colonie de manchots à jugulaire. Déception est comme un fer à cheval avec une passe qui protège son cœur, son cratère, son pouls qui bat la chamade, ses sommets striés par la neige ressemblent à un muscle. Au coucher du soleil les manchots regagnent le rivage. Ils bondissent sur l’eau dans le faisceau de lumière et jaillissent comme des fusées sur la longue plage de sable noir. C’est somptueux. Les otaries les observent nonchalamment. Nous poursuivons notre remontée vers le nord. A tribord l’île Livingston et ses sommets enneigés. Le soleil se couche lentement et je le regarde jusqu'à ce qu’il s’évanouisse dans la mer. Le premier vrai coucher de soleil, depuis un mois. Livingston est rose, veloutée, toute douce. C’est ma dernière vision de l’Antarctique et je pense à Jonathan Livingston le Goéland, mon film fétiche. Comme lui nous avons fait un beau voyage.

Fleur Australe Video - Episode 17 on line

Click HERE to view Episode 17 of the Fleur Australe expedition covering the Australian phase of the expedition and the crew’s visit to the SITA plant at Cairns. Find out about the innovative recycling solution discovered by SITA, a GDF SUEZ Group subsidiary, to replace polluting chemical fertilizers for use on farms. Learn how the plant treats and reclaims waste to create organic compost.
 

Vidéo Fleur Australe - Épisode 17 en ligne

Retrouvez ICI le 17ème épisode vidéo de l'expédition Fleur Australe qui revient sur l’étape australienne de l’expédition et la visite de l’usine SITA à Cairns par l'équipage. Vous découvrirez ainsi la solution de recyclage innovante trouvée par SITA, filiale du groupe GDF SUEZ pour remplacer les engrais chimiques polluants dans les champs des agriculteurs. Vous verrez comment l’usine retraite et valorise les déchets pour créer du composte organique.

Fleur Australe Video - Episode 16 on line

Click HERE to view Episode 16 of the Fleur Australe expedition, which covers the crew’s tour of the AllWater plant in Adelaide, Australia. ?Find out all about this futuristic wastewater treatment plant and its innovative techniques for recycling 250 million liters per day of wastewater generated by human activity in urban areas.  Discover how the plant uses natural processes to clean the wastewater, and how it uses the water impurities themselves to produce energy.