3 janvier - Cap Horn

3 janvier - Cap Horn

 

30/35 nds de vent. Fleur Australe bondit sur les vagues, roule, tangue, dans cette mer chaotique, désordonnée. Un vrai chaudron. Les houles se mélangent. Elles viennent de toute part, engendrées par les dépressions alentours. Le Drake est à la hauteur de sa réputation et l’on s’imagine les grands voiliers du siècle passé, qui chargés à ras bord d’hommes ou de marchandises, devaient batailler contre le vent et la mer. Ici des hommes ont péri, des bateaux ont coulé, ne laissant aucune trace. Les épaves s’en vont, parcourent des milliers de milles avant de s’échouer sur une île ou une côte déserte. 

 

 

 

En traversée, nos 3 enfants patientent

 

 

10h00

Nous apercevons l’île Horn, au loin, entre deux grains. Une neige mêlée de pluie s’abat sur notre navire. Une émotion s’installe à la vue du célèbre caillou. On sent toute la force qui émane de cet endroit. Un respect s’impose devant une telle légende. Il faut rester concentré, car les vagues sont traîtres. Elles peuvent surgir d’un instant à l’autre et nous coucher, nous retourner. Ici pas de répit, la vigilance est de mise. 

 

 

 

Enfin le Cap Horn

 

 

Nous approchons le monstre avec respect. La côte se dessine, on redécouvre un peu de verdure, une couleur que nous avions perdue de vue. Derrière nous l’Antarctique. Des souvenirs, des d’images par centaines. Nous avons changé de continent. Retour vers le nord. Autre décor, autre lumière. 

 

 

 

Au mouillage à l'ile Horn

 

 

L’île Horn s’offre à nous. Un cap, un promontoire qui s’érige fier et hautain. Il nous défie : « Je suis le plus célèbre, le roi incontesté de tous les caps. Personne ne peu m’égaler, les Leeuwin, Bonne Esperance, ne sont que des petits comparés à moi. A mes pieds j’en ai vu passer des navires, tirant des bords pendant des semaines. Je les ai domptés, malmenés. Certains ont coulé. Il faut être fort pour m’affronter. Les meilleurs passent. Les autres s’en vont, repartent vers l’est, les mats brisés, les voiles déchirées ».

 

 

 

Visite au phare, avec le gardien et son fils en poste pour un an

 

 

13h00

Nous débarquons sur l’île Horn. Entre deux vagues nous sautons sur une plage de galets qui roulent et rebondissent. Un escalier de bois nous permet d’accéder au phare. Un couple de chiliens avec leur enfant vivent ici pour un an. Ils veillent sur le phare et son bon fonctionnement. Petite lueur qui aide les marins dans la tristesse des ténèbres. La sculpture d’un albatros, rend hommage aux marins disparus. Une prière dans la petite chapelle pour tout ceux qui ont périt dans ces eaux. Leurs âmes flottent dans l’air, elles vivent dans les ailes de cet albatros géant, emblème des mers du Sud.

 

 

 

Une petite prière aux marins disparus

 

 

15h00

Nous levons l’ancre. Le mouillage est trop rouleur. Nous allons trouver plus au nord, une baie pour reposer nos corps endoloris par le combat avec les glaces et les mers déchainées. Le temps est venu de souffler… comme le vent.

 
 
 
 
 
Philou, au loin le Cap Horn