7 Janvier - Puerto Williams

 

5H00 du matin, nous posons l’ancre dans une petite caleta en attendant que ce nouveau coup de vent passe. Ca souffle fort et la Fleur vibre. Moi aussi. J’aime ce vent qui hurle et fait gonfler le bateau. Nous sommes dans notre cocon tandis que les éléments se déchaînent autour de nous. 

 

 

 

Balade sur l'île Lennox

 

 

Nous avons quitté notre abri près du Horn avant hier pour rejoindre les îles Lennox, le temps d’une longue promenade dans la forêt et d’une visite au gardien de phare. Dans la soirée nous avons navigué jusqu’à Puerto Williams, escortés par les dauphins. Retour à un semblant de civilisation, internet, le téléphone capte, on se « re-sociabilise », on renoue avec la réalité et avec le genre humain, l’espace d’un instant. Ce que nous désirions quitter il y a plus d’un mois, nous apparaît désormais doux et confortable. Ca ne tangue plus, la douche est chaude et calme, la conversation avec les rares personnes croisées en marchant vers le village pour se ravitailler agréable, voir exotique après tous ces manchots. 

 

Il n’y a rien de meilleur que d’arriver au port après un mois de mer… si, larguer les amarres après un mois de terre ! Les filles, font de la balançoire dans le parc en bois sous l’œil amusé des Chiliennes qui ne voient pas souvent de petites têtes blondes comme les blés par ici. Loup sourit après ces derniers jours, il les a passés dans sa bannette à subir ce satané mal de mer qui lui empoisonne la vie. Il prend des nouvelles de ses matchs de foot, me commente les résultats bien qu’il sache que j’y suis tout à fait insensible. 

 

 

 

Un peu de repos entre deux coups de vent

 

 

Les courses sont faites, les réservoirs pleins d’eau, un dernier verre au Micalvi, le repaire des marins du Grand Sud, la chaleur d’un feu de cheminée. Rassasiés de civilisation (enfin presque, il faut toujours rester sur sa faim) nous filons vers la caleta Péon, chez notre ami Eugénio. 

 

Dans la nuit le vent se lève, plus de quarante nœuds, ce qui nous oblige à nous abriter à quelques milles en attendant que ca passe. Les coups de vent se succèdent et le calme revient toujours. Ainsi va la vie du marin qui sait qu’après la tempête vient le beau temps et que la nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube. Profitons en, puisque nous avons retrouvé la nuit après un mois de jours continus !