Mercredi 30 Janvier : Mechuque


C’est un archipel de plusieurs petites îles, qui forment en leur milieu un plan d’eau abrité où Fleur Australe a beaucoup de plaisir à se reposer après ces trois mois de rythme soutenu. Les marées sont importantes et donne à ce décor des facettes différentes tout au long de la journée.

 

 

 


Mechuque, le port.

  
 
  
Une petite anse, découverte à marée basse, est traversée par un pont et donne à ce village un air de petite Venise avec ses maisons colorées sur pilotis, les Palafitos.
 
 
 


Une famille revenant avec une cargaison de moules
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Décor de cinéma où vivent environ 500 habitants. Tout y est rustique et l’électricité n’est disponible qu’à partir de 18h00, ce qui fut une véritable catastrophe pour notre petit équipage, partis manger une glace au village. Pas d’électricité donc pas de congélateur. Les petites princesses versent une larme et devront attendre la prochaine escale.

 

 

 


Au loin, la Cordillère des Andes.

 
 
 
Sur le rivage, un bateau en construction avec quelques pécheurs qui s’activent. Sa taille semble déterminée par la longueur du terrain, coincé entre la route et la maison. Une belle étrave et un arrière large. Les bordés ne sont pas jointifs mais le calfat viendra étanchéifier cette coque solide. Près de la mer, l’étuve, un cylindre d’acier chauffé par un feu va permettre de cintrer les planches récalcitrantes. Dans quelques mois, il ira rejoindre la flotte déjà importante qui sillonne la baie.
 
 
 


Le bateau en construction.

 

 

 


Une belle coque se repose sur la grève.

 

 

 

Mechuque vit au rythme des marées et les pêcheurs nous proposent du poisson pour quelques pesos. Le soir, lorsque le soleil se couche et que la température baisse, nous grimpons dans la vallée. En prenant de l’altitude, on aperçoit la Cordillère des Andes nimbée de lumière orangée.

 

 

 


Le calme du soir.

 

 

 

Nous avons fait la connaissance de Mickel, cinéphile, il s’est improvisé une petite salle dans sa maison où il projette des films aux habitants sur son écran télé. Demain j’irai faire son portrait pour qu’il me raconte sa vie et sa passion. Il prête son vélo tout neuf à Loup qui part fièrement arpenter le village. A l’aube nous irons ramasser des palourdes avec la famille de pêcheur qui habitent devant le bateau. Ainsi va la vie dans cette île toute douce…

 

 

 


Peu de voitures dans cette petite île.

 

 

 

Lundi 28 Janvier : L’île de Quehui


Nous appareillons de Castro. Le temps est revenu au bleu, ce qui pose des problèmes de sécheresse dans la région. A part quelques gouttes hier, il n’a pas plu depuis 15 jours, les citernes sont vides et les animaux ont soif. Il semblerait que ces températures ne soient pas habituelles pour la saison et qu’ici aussi les perturbations climatiques préoccupent la population.

  

 

 


A Castro, un bateau au repos au pied des palafitos.

  
 
  
14h00
 
Nous jetons l’ancre devant l’île de Quehui. Le petit village de Los Angeles a l’air charmant. Nous grimpons jusqu’à l’église et faisons la connaissance d’Ignacio qui parle un Français impeccable pour avoir passer quelques années en Belgique. Avec son petit groupe, ils sont une dizaine de bénévoles qui viennent apporter leur soutien aux quelques 800 habitants. Il me parle des nombreuses églises de Chiloé qui pour la plupart ont été construites par les missionnaires et sans clous. Les enfants sonnent les cloches.
 
 
 


Un baroudeur venant de Sitka en Alaska
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Ignacio devant l'église de Quehui.

 
 
 
La population de la grande île de Chiloé et de ses îles voisines, est en majorité catholique même si quelques groupes de protestants émergent. La mythologie est aussi très importante, depuis des siècles. Elle est très particulière et souffle d’île en île, façonnant la culture et la vie de ce peuple étonnant. En dehors des centres d’activité et d’échanges, les croyances traditionnelles perdurent aujourd’hui encore et se mêlent à celles du catholicisme pour tisser une cosmogonie originale et raconter l’histoire de ces îles autour de légendes. Elles évoquent souvent des destructions provoquées par l’océan déchainé et préviennent des dangers qui guettent ceux qui quittent le droit chemin.
 
 
 


Une belle croix en bois.

 

 

 

Il semblerait que Chiloé soit un peu une exception culturelle. On dit d’ailleurs qu’il y a une frontière au sud de Puerto Montt et que cet archipel fut longtemps la limite entre la prétendue homogénéité culturelle du Chili et un peuple farouchement libre dont la culture et l’histoire ont toujours été teintées de défiance envers Santiago. Il semble clair que Chiloé affirme sa différence et ça se sent quand on parle avec ses habitants ou ne serait-ce que quand on se promène dans les rues et que l’on prend le pouls de l’île. Elle a été forgée par un climat rude et une existence en parfaite communion avec la mer, c’est une île de pêcheur avant tout.

 

 

 


Les pêcheurs profitent du calme de la soirée.

 

 

 

Son architecture aussi est singulière avec ses palafitos et ses tejuelas (toit typique de tuile en bois), ses 150 églises en bois également dont 16 sont classées par l’UNESCO. Sa gastronomie à base de poissons et de fruits de mer ou son célèbre curanto que nous aurons certainement l’occasion de goûter dans les jours à venir, sa richesse spirituelle forgée par une culture nourrie d’une mythologie à laquelle participent sorcellerie, légendes, bateaux fantômes et gnomes en font une île à part au charme incontestable. Nous sommes désormais à la découverte des îles secrètes qui encerclent Chiloé, il y en a une quarantaine dispersées dans le golfe.

 

 

 

Dimanche 27 Janvier : Retour vers Chiloé


Midi, nous prenons le ferry et décidons de faire un petit détour par la côte au vent pour aller admirer les vagues du Pacifique. Une bonne heure de piste pour atteindre Chepu. Le paysage est radicalement différent avec des vaches, des moutons, des ruches : « C’est le pays de Mireille l’abeille » s’écrit Marion. Chepu est resté un sanctuaire vierge à la beauté originelle. Il n’y a aucune infrastructure touristique.

 

 

 

 


La vallée engloutie.

  
 
  
La côte est superbe, il y a de nombreuses rivières et on peut y observer plus de cent espèces d’oiseaux. Nous longeons des forêts englouties, plus de 14000 hectares. Lors du tremblement de 1960, la terre s’est affaissée de 2 mètres et la mer a envahi la vallée et inondé le secteur. Ce paysage dévasté est assez irréel, il y a un côté fin du monde.  Nous dépassons quelques rares maisons avec des poêles qui fument avant de nous enfoncer finalement dans des forêts séculaires. Le temps passe soudainement au gris. Nous allons jusqu’au bout de la piste qui est de plus en plus impraticable. Nous n’atteindrons pas la plage, il y a les rivières, les dunes dorées qui ondulent gracieusement, mais il semble difficile d’aller plus loin et il nous faudrait des heures pour continuer à pied. Nous rebroussons chemin. La côte au vent ne semble définitivement intéresser personne. Trop exposée, on lui préfère la tranquillité de la mer intérieure entre Chiloé et le continent. C’est pour cela qu’elle est restée si sauvage, comme on aime, hors des sentiers battus.
 
 
 
 


Le port de Dalcahue et ses bateaux de pêche
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Il y a encore quelques années, les bateaux naviguaient à la voile. ici une statue d'un Dalca.

 
 
 
17h00
 
Encore une petite digression, nous ne pouvons manquer de nous arrêter à Dalcahué, joli petit village qui signifie en Huilliche « l’endroit des bateaux » car la ville doit son nom aux embarcations appelées « Dalcas », construites par les premiers habitants de Chiloé. C’est le port d’embarquement pour le port de Quinchao, 8000 personnes y vivent en toute quiétude et lorsqu’on se balade sur la place qui abrite le grand marché artisanal du dimanche, on sent d’emblée qu’il y fait bon vivre. Toutes les îles environnantes participent à ce superbe rendez-vous, on trouve de tout et surtout de la laine de mouton teinte ou vierge.
 
Il pleut, nous regagnons Castro.
 
 
 
 


L'église de Castro sous le feu des lumières.

 

 

 

 


Fleur Australe au clair de lune à Castro.

 

 

 

 

Samedi 26 Janvier : Région des lacs


Escapade terrestre dans la région des lacs qui se trouve à quelques kilomètres dans le nord de Puerto Montt. Après les eaux agitées des canaux, nous pouvons contempler le calme des lacs. La couleur est d’un bleu azur. Pas de houle et surtout pas de parcs à poissons qui nous sont devenus si familiers depuis le Golfe des Peines.

En fond de décor un volcan majestueux, le Orsorno, 2660 mètres, domine le paysage. Chapoté d’une carapace de glace, il est parfaitement conique. Il conserve sa forme idyllique grâce aux 40 cratères qui entourent sa base c’est toujours là que les éruptions volcaniques ont eu lieu, jamais au sommet. On y voit les coulées de lave qui ont détourné lacs et paysages et modifié le paysage. Plus bas il y a une végétation rase avant de trouver de grands arbres comme les eucalyptus qui bordent la route.

 

 
 


Le volcan vu du lac

 

 

 

Un rapide descend le long de la vallée qui nous conduit à un autre lac. Les lacs ont des origines glaciaires avec de grandes moraines qui emprisonnent les eaux. Un peu plus loin il y a la cordillère des Andes et derrière les sommets (Monte Tronador, 3491 mètres) aux neiges éternelles, l’Argentine et Bariloché, une station de ski réputée. Nous pénétrons dans le Parqué Nacional Vicente Perez Gonzalez qui abrite entre autres merveilles le Lago Todos Los Santos et le volcan Orsorno. C’est aussi une zone de traversée des Andes chargée d’histoire, des petits renards viennent nous rendre visite. Les lacs se succèdent entourés de silhouettes volcaniques.

 

 

 


Entre les lacs, des rapides aux eaux turquoises.

  
 
  
Le Parc a été crée en 1976, il fait 251 000 hectares et c’est le premier du Chili mais son histoire remonte aux temps anciens car les Mapuches empruntaient à l’époque précolombienne le « Camino de Vuriloche », important itinéraire de traversée des Andes qu’ils parvinrent à cacher aux Espagnols pendant plus d’un siècle, après le soulèvement de 1599. Les missionnaires évitaient la dangereuse traversée des lacs et des rivières de la région et optaient pour un autre itinéraire.
 
 
 


Le volcan Osorno, cône parfait, surmonté d'un chapeau de glace
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Au coucher du soleil nous revenons vers le charmant Puerto Varas et son spectaculaire lac LLanquihué. Les maisons sont toutes en bois avec des tuiles. Les fermes sont dans le même style. Pas de maison en dur comme dans nos campagnes. Tout ce décor peut ressembler à la Suisse. C’est le week-end et le beau temps qui règne sur la région a déplacé les chiliens près du lac et même si elle est très fraîche, tout le monde profite de cette eau qui a, paraît-il, des vertus de bien-être. Au bord des plages, les campeurs préparent un feu pour la grillade du soir. Demain nous retrouverons Fleur Australe à Castro.
 
 
 


Les vallées entre les volcans.

 
 

  

Vendredi 25 Janvier : Puerto Montt

 

Hier 9h00

 

Nous prenons une voiture et partons vers Puerto Montt. Le paysage est vallonné. Premier arrêt à Quemchi qui abrite 9000 âmes. Le ciel est d’un bleu éclatant, pas l’ombre d’un nuage et de la digue de cette petite ville assoupie on aperçoit les sommets enneigés du sud du Chili.

 

 
 

Bateaux à l'échouage à Quemchi.

 

 

 

Le front de mer de Quemchi est particulièrement joli avec ses bateaux de pêche échoués, car c’est ici que l’amplitude des marées est la plus forte (7 mètres). Après un rapide déjeuner de poisson nous filons vers Ancud, charmante petite ville qui était très animée autrefois. C’était en effet une riche bourgade aux élégantes constructions avec des Palafitos mais le tremblement de terre de 1960 a totalement détruit la ville. Nous passons devant le fort San Antonio qui était pendant la guerre d’indépendance le dernier avant-poste espagnol au Chili.

 

 

 

15h00

Nous prenons le ferry pour Puerto Montt. Il y a sept bateaux qui font la navette depuis Chiloé. A notre arrivée sur le continent nous retrouvons la civilisation et surtout beaucoup de circulation, désagrément que nous avions oublié depuis un temps certain. La ville est dominée par les volcans enneigés.

 

 

 

Les enfants au marché de Puerto Montt.

  
  
 
9h00
 
Nous récupérons enfin notre colis DHL, puis après quelques vaines tentatives pour trouver une plaque de cuisson nous filons vers la marina Oxeana où nous devrions laisser Fleur Australe en février. Un dernier tour au superbe marché aux poissons. Les étales rivalisent de couleurs : crustacés et fruits de mer en tout genre, charcuterie et légumes.
 
 
 

Un vendeur de saumon assoupi.

 
 
 
 

Beaucoup de coquillages dans cette région...

 
 
 
 

... et beaucoup de poissons.

 
 
 
 

Les enfants observent attentivement le travail du poissonnier.

 

 

 

 

Le quartier du port Angelmo est de loin le coin le plus sympathique de Puerto Montt, il regorge de petits restaurants de poissons, et de boutiques d’artisanat. L’ambiance bat son plein autour des Palafitos où l’on sert des repas aux locaux et aux quelques touristes.

 

 

 

 

Le marché couvert.

 

 

 

 

Le saumon fumé a une place de choix.

 

 

 

 

Les belles dents du requin.

 
 
 
Devant toute cette agitation et ce folklore néanmoins fort agréable nous décidons de prendre la route pour nous rafraîchir du coté de la région des lacs aux pieds des volcans, à quelques kilomètres de là.
 

  

Mercredi 23 Janvier : Castro

 

19h00
 

Nous relâchons pour dîner dans Caleta Iane devant une ferme de saumons. Il y a aussi un élevage d’huîtres. La mer ici est nourricière. Il y a quelques gros bateaux au mouillage qui vont sur les parcs à saumons pour aspirer l’eau et récolter le poisson. Nous croisons des fermes un peu partout. Le saumon d’élevage fait partie des cinq premières exportations chiliennes. Le pays est au deuxième rang des producteurs mondiaux juste derrière la Norvège. Tout part vers le Japon. Mais c’est à double tranchant car même si cela donne du travail aux Chiliens, l’élevage industriel produit énormément de pollution organique, nourriture et déjections qui posent un véritable problème écologique et mettent en danger d’autres espèces. De plus, il faut 4kg de poisson pour faire 1 kg de nourriture destinée aux saumons, nécessaire à la production de 1 kg de saumon.

 

 
 

Le Corcovado, volcan de 3000 mètres sort de la brume.

 

 

18h00

 

Ernesto part acheter du pain à Chomchi, joli petit village de 5000 habitants à quelques milles de Castro. Il y a là une très belle église en bois qui date de 1754. Nous filons ensuite vers la petite marina qui intéresse le capitaine. Six bateaux s’y reposent, l’ambiance est chaleureuse, avec un yacht club en bois. Nous doublons encore de nombreuses fermes, la mer est recouverte de bouées. C’est une véritable industrie.

 

 

 

L'église de Castro.

  
 
 
11h00
 
Enfin Castro, la capitale. Atterrissage particulièrement agréable sous le soleil radieux. La ville a l’air magnifique avec toutes ces maisons colorées grimpées sur pilotis. Je suis d’emblée sous le charme. Curieusement il y a quelque chose de San Francisco, les rues sont vallonnées. Le vent souffle fort. Nous relâchons.
 
 
 
 

Les Palafitos, maisons sur pilotis de Castro.

 
 
 
 

Les Palafitos, maisons sur pilotis de Castro.

 

 

 

16h00

 

Petite balade dans la ville, dentiste pour Loup, visite de la très belle église. Castro a effectivement un charme fou. Après le tremblement de terre qui a détruit le port en 1960, le chemin de fer, l’hôtel de ville et certains palafitos (maisons sur pilotis), Castro s’est vite relevée et arpenter ses rues reste un grand plaisir. La ville est située sur un promontoire au-dessus de la ligne de l’estuaire, bien abritée, bordée de tous ces palafitos.

 

 

 

L'église de Castro.

 

 

Demain nous partirons vers Puerto Montt en voiture pour récupérer des courriers et chercher nos fameuses plaques à induction que nous n’avions pas trouvées à Punta Arenas. 

 

Mardi 22 Janvier : Vers le nord

 

19h00
 

Nous relâchons à Estero Huidad, un bras de rivière dans lequel nous nous enfonçons jusqu’à buter sur la plage de sable noir. Le temps d’un bain de mer, quelques pêcheurs déposent leurs filets, nous naviguons vers le village. Des milliers de bouées en filière forment un labyrinthe sur l’eau à travers lequel nous nous faufilons pour tenter de rejoindre le « pueblo ». Elles doivent être destinées à l’élevage des moules. Nous en saurons plus tout à l’heure. Les cormorans se reposent sur les bouées. Ils sont en couple. C’est une vision bucolique que je m’empresse d’immortaliser à la caméra. 

 
 
 

Les cormorans se reposent en couple sur les bouées des filières de moules.

 

 

20h00

 

Nous débarquons dans le ravissant petit village vallonné. Le soleil s’éteint doucement. Quelques pêcheurs légèrement éméchés nous confirment qu’il s’agit bien d’un élevage de « churritos » (petite moule type bouchot) qui se cultivent toute l’année. Les enfants ont sorti leur vélo. Nous marchons jusqu’à l’église. L’ambiance est détendue. Les habitants se baladent tranquillement main dans la main comme les cormorans.

 

 

 

La Vierge Marie a trouvé une place sous l'arbre.

  
 
 
L’église est fermée, qu’à cela ne tienne, un habitant surprend ma déception et revient quelques instants après avec la clef. L’intérieur est particulièrement joli, la lumière orangée pénètre par la fenêtre et éclaire la Vierge Marie. Cette église en bois, a été construite il y a plus de 100 ans. Elle était plus grande mais la tour s’est effondrée. Nous regagnons le bord. Chaque image relève d’une infinie poésie. Autre temps, autre monde. L’air est aussi doux que l’atmosphère qui règne sur ces lieux enchantés.
 
 
 
 

Un bateau est venu finir sa vie au pied de l'église.

 
 
 
 

La belle église au coucher du soleil.

 

 

 

Un pêcheur ramène des sacs de goémon sur la jetée.

 

9h00 ce matin

 

Nous relâchons dans un estuaire à Estero Pailad. Philou et moi débarquons. Il y a là une ravissante petite ferme toute fleurie. On dirait la maison des sept nains, tout est minuscule et bas de plafond.

 

 

 

Avec Juan le pêcheur de moule, dans sa maison.

 

 

Juan y vit seul avec sa sœur. Il élève des moules et ramasse des palourdes à marée basse. Ils ont fait la fête hier avec quelques « caballeros » de passage et se lèvent à peine, encore embrumés par les vapeurs d’alcool de la veille.  Nous repartons avec un sac plein de « churritos » et de « pepinos » (concombre).

 

 

Mouillage tranquille et vent calme.

 

Nous appareillons et poursuivons notre remontée vers le nord et la capitale Castro.

  

 

Lundi 21 Janvier : Chiloé, Puerto Quellon

 

Hier 18h00

 

Nous jetons l’ancre à Puerto Escondido dans la baie Tic Toc. Une longue plage de sable noir, des cascades et des sommets enneigés, tout ressemble au paradis si ce n’est la véritable invasion de mouches qui ne nous laissent pas respirer. Nous bravons les insectes et débarquons. Une petite maison en bois avec un gardien. Le sable d'une poudre légère venue d'un volcan est brûlant. 
 
 

Quellon, port de pêche au sud de l'ile de Chiloé.

 

 

Nous sommes dans le domaine de Douglas Tompkins, fondateur du Parc Pumaline et baron de l’écologie au Chili. Ce philanthrope américain a laissé son empreinte dans la conservation du cône sud. Il est le fondateur des marques Esprit et North Face. Il a créé avec son épouse, ancienne PDG de la marque Patagonia, ce Parque Pumaline, réserve de la taille de 2889 km² qui englobe des petites fermes patagonnes adossées à des forêts séculaires. Le couple possède la bagatelle de 5180 km² côté chilien et 3000 km² côté argentin. Ils ont effectivement beaucoup oeuvré pour l’écologie et ils ont même fait des émules comme Sebastian Pinera, ancien candidat chilien à la présidentielle qui a fondé le Parque Tantauco sur Chiloé.

 

 

Quellon, port de pêche au sud de l'ile de Chiloé.

  
 
Il y a énormément de parcs naturels dans le coin. Pumaline où Tompkins réside la plus grande partie de l’année reste sa chasse gardée. Il l’a donné à la Fundacion Pumaline en 2005, ce parc est destiné à devenir parc national. Tompkins consacre désormais sa vie à la défense de l’environnement en Patagonie et se bat actuellement sur le tracé de la route qui doublera le ferry entre Hornopiren et Caleta Gonzalo. Le gouvernement souhaite qu’elle traverse Pumaline, Tompkins s’y oppose et propose un tracé moins coûteux le long de la côte.
 
 

Sur le quai on débarque les algues.

 

 

 

2h00

 

Nous arrivons sur Puerto Quellon, notre première escale sur l'île de Chiloé. La ville est entièrement allumée puis s’éteint soudainement. Une coupure de courant qui ne facilite pas notre approche avec pour seule lumière un ravissant croissant de lune rousse. A peine l’ancre jetée, les lumières se remettent miraculeusement à scintiller.

 

 

 

Les enfants reviennent d'une île assis sur des sacs d'algues séchées.

 
 
9h00
 
 
Nous débarquons. Objectif : trouver une poupée sirène pour Marion que nous lui avons promise depuis quelques jours. Cette ville n’est pas touristique, mais surtout tournée vers la mer. Les bateaux de pêche colorés vont et viennent, ils rapportent d’énormes paquets d’algues qui partiront vers l’étranger pour servir à la fabrication des cosmétiques et de certains produits alimentaires type yaourts. D’autres espèces iront directement au Japon.
 

Il faut plonger dans les entrailles du bateau pour sortir les algues fraîches.

 

 

Ici on vit aussi de l'élevage du saumon exporté vers les Etats-Unis et le Japon. Au loin le volcan Corcovado émerge doucement de la brume. L’agitation bat son comble sur les quais. Nous arpentons les rues du village. C’est bruyant, vivant, poussiéreux. On vend de tout partout. Des petits stands dans les rues se succèdent.

 

 

Dans un magasin, une vieille chilote aux traits marqués.

 
 
Il y a presque un côté africain. On trouve du poisson, des fruits de mer, moules et palourdes, du fromage de brebis, différentes espèces d’algues, de la laine, un peu comme dans les souks. Et on trouve même des sirènes pour la plus grande joie de notre petite fille.
 
 

Ici aussi on boit le maté.

 

Philou fait les formalités à la préfecture maritime obligatoire à chaque escale. Nous déjeunons de saumon grillé dans un excellent restaurant et regagnons le bord avant de lever l’ancre vers Castro la capitale de Chiloé.