Vendredi 1 Février : Ténaùn


7h00

 

Nous quittons la ravissante Méchuque au petit matin et relâchons à quelques milles devant la belle église de Ténaùn, port paisible de l’île de Chiloé. Nuestras Senoras del Patrocinio est un pur joyau du patrimoine mondial avec ses trois superbes tours bleues qui reflètent la mer indigo comme par enchantement. Elle date de 1837.

 

 

 


L'église de Ténaùn, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

 

 


Au mouillage devant Ténaùn.

 

 

 


Au mouillage devant Ténaùn.

 

 

 

Les pêcheurs reviennent de mer après trois jours. Ils rapportent 30 tonnes de sardines et des centaines de sierras (tazars). Ils repèrent le banc compacte de sardines avec leur sonar puis jettent leur senne (filet) de 300 m par 50 m à l’eau et le referment aussitot afin de capturer les sardines, attirant dans leur sillage des centaines de tazars qui se font capturer par la même occasion. C'est pour notre plus grand bonheur puisqu’ils nous en offrent deux tout frais qui ont encore une sardine dans la bouche. On ne pêche la sardine et le tazar que pendant l’été lorsque les eaux sont plus chaudes.

 

 

 


L'équipage débarque les dizaines de tazars
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Les pêcheurs comme ceux que nous avons rencontrés ce matin souffrent terriblement de la pêche intensive industrielle qui ne respecte aucunement les quotas ni les zones de pêche (50 milles des côtes), ils ont protesté l’année dernière quand on a voulu réduire leur quotas de 19000 à 12000 tonnes, ce qui s’est soldé finalement pas un accord à 17000 tonnes. Il semblerait que cette pêche industrielle soit gérée par certains membres de l’ancien gouvernement. Le fait est que nos pêcheurs ne souhaitent qu’une chose c’est que leurs descendants fassent des études pour s’éloigner de ce métier « rude et ingrat ». Ils sont particulièrement sympathiques et c’est avec une émotion partagée que nous prenons congé, emportant nos deux superbes tazars si gentiment offerts.

 

 

 


Voilà notre pêche du jour, un cadeau du capitaine !

 

 

 


Sous l'oeil du capitaine.

 

 

 

15h00

 

Nous appareillons pour Castro où nous attendons François Galgani de l’Ifremer, venu faire un point sur le système de caméra sous-marine installé sur Fleur Australe en Uruguay. Les dauphins vont et viennent autour de Fleur Australe ce matin. Il y a du courant, 2 nœuds. Le vent d’ouest se lève tandis que le ciel se dégage peu à peu et que le soleil tente quelques timides percées à travers les gros cumulus. Nous croisons de nombreux lions de mer qui se prélassent sur des bouées. A 19h00 nous jetons l’ancre devant le Pueblo de Castro et ses palafitos.