Samedi 9 Février : Le bout du monde

 

Il y a des endroits que l’on découvre et qui sont simplement magiques. On a beau courir le monde, s’étonner de telle ou telle beauté, et puis soudain il y a un lieu qui dépasse tous les autres. Le Chili a ses trésors cachés qui n’existent pas sur les dépliants touristiques. L’accès se fait évidemment en bateau et cela reste le privilège des endroits isolés. Il a fallu s’éloigner de la civilisation.

 

 

 

 

Une vallée profonde et derrière la montagne, l'Argentine.

 



Le premier village se trouve à plus de cinquante kilomètres. Sur la carte une petite échancrure qui ne présage rien d’extraordinaire. Nous y sommes arrivés de nuit à la lueur du projecteur pour y jeter l’ancre et trouver un arbre où amarrer notre ligne arrière. A terre, une petite fumée s’échappe à travers les arbres. La nuit est douce, pas de bruit. On entend seulement la musique du torrent qui descend de la montagne.

 

 

 

 

Les nuages jouent avec la montagne.

 

 


Au petit matin, la grandeur des montagnes environnantes nous impressionne. Les sommets ont gardé une carapace de glace. On aperçoit une vallée qui s’enfonce dans la Cordillère. Au loin une chaîne de montagne et derrière, l’Argentine. Les nuages flottent dans ce décor somptueux et nous donne l’échelle de ce théâtre. Une plage de galets, un petit ruisseau, une pente douce d’herbe et en haut une petite maison d’où s’échappe un panache de fumée. Tout est tranquille, pas d’agitation, pas de chien qui vous aboie au visage en guise de bienvenue, juste de la douceur. Les moutons et les vaches paissent paisiblement. Les rapaces entament leur vol au premier souffle de la brise matinale.

 

 

 

 

Une petite maison pour cuire le cordero (mouton).

 

 

 

 

Vue imprenable pour un excellent repas.

 

 



Nous escaladons cette belle prairie et découvrons une famille qui vient à notre rencontre. Une balançoire, un ballon de foot, la maison du chien. Des barrières qui enferment le potager et derrière, les arbres fruitiers. La maison est en bois. Elle se confond dans le décor des arbres qui l’entoure. Tout est propre et bien tenu. Victor et Helena nous accueillent avec un grand sourire et nous indiquent la présence de sources chaudes un peu plus haut dans la forêt. Ils nous proposent également de préparer pour quelques pesos un cordero asado (mouton) cuit sur un feu qui se trouve dans une petite maison spécialement conçue à cet usage.

 

 

 

 

 

Pique nique de luxe...

 

 

 

 

En route pour les sources chaudes.

 

 



Le ciel est bleu et quelques petits nuages flottent gracieusement de-ci de-là, posés délicatement dans ce tableau impressionniste. On a la sensation d’être dans un doux rêve. Nous nous laissons emportés par ce bien être, bercés par le frissonnement des arbres et la mélopée de la cascade. Les enfants font de la balançoire et jouent au foot. Les adultes se laissent aller à la contemplation, allongés dans l’herbe en regardant les enfants s’amuser.

 

 

 

 

Philou et la troupe Fleur Australe.

 

 


C’est un beau film qui se déroule sous nos yeux. Le mouton est bon, le pain aussi. Nous empruntons le petit sentier qui serpente dans la forêt le long du torrent. Quelques fumeroles s’échappent à travers les arbres. Nous découvrons des piscines d’eau sulfureuse, l’eau encore fumante nous invite au bonheur. Des sources chaudes alimentent une succession de petits bassins allant du tiède au brulant. Nous passons là un temps qui ne compte plus, passant de la morsure des bains chauds à la fraîcheur vivifiante du torrent. Vous avez dit paradis ! Pour nous il le fut le temps de cette escale magique.

 

 

 

 

La Fleur au repos dans la baie.