14 Janvier

 

Nous partons vers 7h00 du matin avec un pêcheur pour explorer les fonds sous-marins sur un « cayo », îlot de 100 mètres sur 50 environ. Les filles sont de la partie, elles feront exceptionnellement l’école cet après-midi. 

 

 

 

Cayo Aréna : un petit îlot de rêve

 

 

 

Cayo Aréna : un petit îlot de rêve

 

 

A quelques milles de là, suit une ballade dans la mangrove, avant de regagner le village pour une mini conférence dans l’école du coin, un préau abritant une trentaine d’élèves en uniforme au bord du chemin principale. A l’aide d’un globe, je leur explique en espagnol l’épopée Fleur Australe, d’un pôle à l’autre, le réchauffement climatique, la fonte des glaciers et les icebergs de plus en plus nombreux. 

 

 


 

Dans la mangrove à quelques milles de Punta Rucia

 

 

Je poursuis avec les efforts à faire au quotidien en matière de protection des océans. J’insiste notamment sur les ordures, les déchets plastiques qui finissent à la mer. Je termine en leur expliquant que sur ce point c’est à eux d’éduquer leurs parents. 



 

Les filles à l'étrave

 

 

De retour au bateau nous avons rendez-vous avec Juan qui doit faire des images de Fleur Australe vu de haut avec son drone. Mais après 15 min de navigation, il n’a plus de batterie et se voit contraint de poser l’engin. Impossible à la voile de manœuvrer suffisamment vite pour le faire atterrir sur le bateau. Il se doit donc de le poser à terre.  

 


 

Ravissante petite dominicaine aux yeux bleus

 

 

S’en suit une journée rocambolesque ou tout le village s’active pour récupérer le drone que personne n’a vu se poser. Juan a promis une récompense à qui le retrouverait mais ce dernier reste une énigme, impossible de mettre la main dessus. Certains disent l’avoir vu ou entendu, cela tourne au gag car c’est l’unique préoccupation de tous les habitants petits et grands. Je ne peux faire deux pas sans que l’on me demande des nouvelles du drone.



 

Fleur Australe au coucher du Soleil

 

 

Le soleil se couche sur Punta Rucia et le ciel s’embrase, les recherches vont bientôt prendre fin. Triste constat : nous n’aurons pas nos images et ce pauvre Juan a semble-t-il bel et bien perdu son précieux drone. Il a peut être atterri dans la mer…

 



 

Fleur Australe au coucher du Soleil

 

 

13 Janvier Punta Rucia : le Paradis

 

Dernier jour à las Terrenas, un peu trop civilisé pour nous. Nous partons à cheval en direction de la cascade El Limon, escortés par une bande d’enfants entre 10 et 12 ans qui nous font découvrir les lieux. C’est Dimanche, la ville bat son plein, des piscines naturelles au bord de la route, ça boit, ça danse, ça parle fort. La musique hurle et les Dominicains font la fête tout l’après midi. 

 

 

 

Las Terrenas, le dimanche - Piscine naturelle,
ça boit, ça danse, c’est la fête sur le bord de la route
 

 

 

La nature est superbe, particulièrement arrosée, ici il pleut beaucoup, chaque jour pour ainsi dire, et cela donne cette végétation dense et ces mangroves exubérantes. 

 

  

Au pied de la cascade El Limon, Las Terrenas

 

 

Nous levons l’ancre en fin de journée, 120 milles pour Punta Rucia, notre prochaine destination en République Dominicaine, non loin de la frontière avec Haïti. C’est ici que Christophe Colomb a perdu sa caravelle la Santa Maria.

 

 

 

Marion s’est trouvé un chevalier servant

 

 

Je suis au nid de pie lorsque nous arrivons et je découvre cette baie particulièrement abritée, ce qui va nous reposer de nos dernières escales mouvementées. C’est ici que Colomb aurait débarqué en premier mais cherchant un fleuve pour abreuver ses chevaux, il décide de s’établir à Isabella située à quelques kilomètres à l’est. 

 

Isabella fut la première capitale du nouveau monde, mais décimés par la fièvre et les difficultés d’approvisionnement, les survivants des 1500 colons arrivés avec Colomb, abandonnèrent l’endroit et se replièrent cinq ans plus tard, vers un nouveau site plus hospitalier, La Nueva Isabella, qui allait devenir Santo Domingo.

 

 

 

Punta Rucia, un petit coin de Paradis préservé du tourisme

 

 

A peine l’ancre jetée, je nage jusqu’à la longue plage de sable blanc et pars explorer le ravissant petit village. Enfin un endroit pas touristique, un ravissant « pueblo » de pêcheurs au charme fou, avec une seule rue en terre, qui borde la belle plage de sable blanc. 

 

Trois enfants tout nus chevauchent un âne. Quelques pêcheurs s’affairent à leur maigre butin. Le village vit paisible et nonchalant. Ici, au contraire de ses voisines, il pleut très peu et le village est niché au cœur d’une garrigue sèche. Des baraques en bois de guingois, certaines sur pilotis, des habitants joyeux et nonchalants, un véritable petit coin de paradis. 

 

 

 

Punta Rucia, un petit coin de Paradis préservé du tourisme

 

 

Au bout de la longue plage il y a un joli Lodge, abritant quelques farés parfaitement intégrés dans la nature. Nous rencontrons le patron Jean François qui est tombé amoureux de l’endroit il y a quelques années et s’y est installé. Passionné par les lieux et particulièrement impliqué dans toutes les luttes pour protéger l’environnement et la biodiversité, il nous fait découvrir le coin en quad. 

 

Un peu plus loin la très jolie plage populaire d’Ensenada au sable fin et aux eaux turquoises avec ses barques colorées et ses lolos d’où s’échappent des accords de merengue. Nous allons dans la foulée visiter le Parc National de Los Manaties, qui abrite une importante colonie de lamantins en pleine mangrove. 

 

 

 

Village de Punta Rucia

 

 

« Lorsque Colomb débarqua, m’explique le gardien, il raconte dans son journal de bord, qu’apercevant les seins d’un lamantin, il eu la vision d’une belle sirène, ce n’est que lorsqu’il découvrit son visage qu’il déchanta aussitôt ». Les indiens Tainos les mangeaient, aujourd’hui ils sont une cinquantaine à évoluer en paix dans ce mélange d’eau douce et d’eau salée, broutant les fonds à leur guise et flirtant avec la surface le temps de respirer et de nous laisser prendre quelques clichés, depuis le « mirador ». 

 

« Ici à Punta Rucia, nous protégeons la nature comme un sanctuaire, d’où ce parc national. La main de l’homme n’a rien abîmé, rien touché, tout est resté dans son environnement naturel et nous en sommes fiers » ajoute le gardien. 

 

 

 

Un lamantin dans le parc national  des Manaties

 

 

Décidémment Punta Rucia a bien des qualités, c’est la perle de Saint Domingue. Chut ! Pourvu que ça dure !

 

11 Janvier : Las Terrrenas

 

Voici une immense baie aux eaux d’un bleu-vert profond, de longues plages dorées bordées de cocotiers, c’est las Terrenas. La nuit que j’avais espérée douce, après ces quelques jours au près et le mouillage rouleur de las Galleras fut plus que mouvementée. 

 

 

 

Cuisine à la Dominicaine pour la préparation du déjeuner de Dimanche

 

 


Cuisine à la Dominicaine pour la préparation du déjeuner de Dimanche

 

 

Le vent a soudainement forcit et la grosse houle est entrée dans la baie. Au petit matin Philou et moi avons décidé de tenter un débarquement avec nos sacs étanches contenant caméra et ordinateur sur la plage, mais les déferlantes ont fait chavirer l’annexe qui s’est retournée violemment après avoir piqué du nez par l’avant, je me suis blessée au dos mais cela aurait pu être bien plus grave. Nous avons eu de la chance.

 

 

 

Fleur Australe au mouillage rouleur,
ce matin le dinghy a piqué du nez violemment en débarquant sur la plage

 

 

 

Très belle plage de Cosson à la belle heure 

 

 

Qu’à cela ne tienne nous débarquons désormais à la nage, c’est moins risqué. En fin de journée lorsque la marée descend cela déferle moins.

 


 

 

Suberbes plages de las Terrenas

 

 

Nous passons une journée paisible à découvrir ce petit village animé qui abrite 3000 français. Le soir venu, l’ambiance bat son plein et le cœur du village s’anime, musique à tue-tête, étalages de fruits, échoppes en tout genre d’où s’échappent les décibels, ça danse, ça parle fort, c’est joyeux ! 

 

 

 

Suberbes plages de las Terrenas

 

 

La pluie vient parfaire cette cacophonie caribéenne et les quelques rues en terre se transforment en fondrières. Las Terrenas a beaucoup de charme. En fin de journée, nous allons tenter de nous échapper de la baie en suivant scrupuleusement notre trace sur l’ordinateur de bord. Auparavant, nous souhaitons aller à cheval explorer la cascade Limon.

 

9 janvier : Las Galleras

 

Nous arrivons sur la Péninsule de la Samana, longue d’une soixantaine de kilomètres et large de vingt. Elle concentre toutes les beautés de l’île. Montagnes, forêt tropicale exubérante, plages superbes nichées au fond de belles baies et villages de pêcheurs encore intactes. Le tout est séparé au milieu par une cordillère de 400 mètres d’altitude (le plus haut point culmine à 605 mètres, le mont Meseta). 


 

 

Arc en ciel en pleine mer

 

Nous sommes portés par les alizés, après 24 heures de près. Nous guettons les baleines qui arrivent vers le 15 janvier en grand nombre. C’est encore Colomb qui découvrit la baie de la Samana. Dans son journal de bord il est écrit : « Parvenu à la hauteur du cap de l’Amoureux, je vis que s’ouvrait entre les deux promontoires, une immense baie de trois mille de large, au milieu de laquelle était un îlot minuscule ».


 

 

Le soleil se couche sur las Terrenas

 

 

L’accueil des indiens Ciguayos fut nettement moins chaleureux que celui des Tainos. Ce fut la première bataille du nouveau monde : 7 espagnols contre une bande d’indiens. Ils furent reçus par une nuée de flèches et le nom du golfe de la Samana fut changé en Golfe des flèches. 


La presqu’île longtemps isolée pas l’absence d’infrastructures routières est restée à l’abri de la modernité et du tourisme maintenant l’autoroute mène jusqu’à las Terrenas mais les villages ont su préserver une certaine authenticité.

 

 

 

Le soleil se couche sur las Terrenas en légende

 

 

Nous relâchons en fin de journée à Santa Barbara de la Samana, pour nous en échapper au petit matin afin de filer vers las Galleras, le bout du bout de la péninsule. Le petit village de pêcheurs est bien joli, orné de très belles plages. 


 

 

Arrivée sur la Terrenas, nous avons trouvé la passe pour pénétrer dans le lagon.
Enfin un bon mouillage.La nuit sera douce.

 

 

Le mouillage est particulièrement rouleur. Le capitaine se voit contraint d’embosser (ancre à l’arrière pour stabiliser le bateau). Malgré cela nous avons bien du mal à trouver le sommeil tant le bateau tangue et appareillons pour las Terrenas à l’aube en espérant trouver une baie plus paisible. Ce matin c’est la pompe à eau qui ne veut pas s’amorcer et nous prive d’eau. Bricolage dans la cale avec groupe à fond pendant plus de 3 heures, en vain pour l’instant. Nous n’arrivons pas à réparer. 


 

 

Matinée dans la cale moteur, la pompe à eau a lachée

 

 

Nous sommes en approche de las Terrenas où nous espérons vraiment trouver un abri serein pour prendre quelques heures de repos bien mérité. Le relief sous marin est accidenté, il passe de 10 à 3 mètres, il faut éviter les reliefs à fleur d’eau et trouver un semblant de passe pour tenter de pénétrer dans la baie. Nous cherchons un bateau de pêcheur pour nous guider, en vain. Je grimpe au nid de pie pour tenter de détecter les patates. Non loin d’ici, plus au Nord, Christophe Colomb perdit la Santa Maria, il s’agit donc de rester prudent. Finalement nous réussissons à pénétrer dans le lagon. Nous débarquons pour découvrir le village.

 

7 Janvier : En mer

 
Nous prenons la mer vers 20h00, le capitaine a passé son après-midi dans la soute moteur à écoper et à réparer une fuite après avoir localisé le problème (un serflex cassé).
 
 
 
Le capitaine prend un ris dans la grand voile
 
 
Navigation au près, mer forte. Nous tirons des bords puis virons pour longer la côte jusqu’à Punta Cana. Vers 13h00, après avoir passé la pointe de Aguilas (Cabo Engao), nous abattons, passons grand largue. Philou lâche un ris à la grand voile et s’apprête à tangonner le génois mais un mauvais réglage du hale bas et de la balancine casse le premier tangon qui se brise sur le bas hauban et vient écraser l’autre tangon situé sur le mat. 
 
 
 
Contrôle mouvementé sur la plage avant

 
Faute d’inattention du capitaine fatigué par ses nuits au près et énervé par les enfants qui lui demandent la recette du gâteau au chocolat en pleine manœuvre. Fâché le capitaine !
 
 
 
Tangon cassé ce matin : Philou entame la réparation

 
Cela fait 3 jours que rien ne va comme il le souhaite et qu’il passe ses journées à bricoler. Cela a commencé avant hier par le dinghy qui s’est décollé sous la chaleur, et a rendu l’âme après cinq années de rude vie dans les mers hostiles. Il a fallu gonfler l’annexe de secours (la même et la monter). Le lendemain, la fuite l’a occupé une bonne partie de la journée et aujourd’hui ce sont les tangons, de quoi fatiguer son homme.
 
 
 
Géraldine au winch
 
 
Pour couronner le tout un beau wahoo, nous échappe, au moment même d’arriver à bord, j’en salivais… Bref, rien ne va plus, sous le soleil radieux ! En guise de galette des rois, j’ai confectionné ce matin un gâteau au chocolat avec un noyau de pruneau pour fève, il a vite fait de rendre le sourire à l’équipage. 
 

 
 
Nous passons au portant en milieu de journée, les enfants peuvent faire l’école, c’est à se demander s’il ne finissent pas par regretter le vent à contre. Philou se lance dans la réparation des tangons, il va raccourcir l’un et stratifier l’autre. Ainsi va la vie sur Fleur Australe…
 
Tout cela est bien peu de choses quand me parviennent par mail quelques nouvelles du front qui me laisse effondrée devant tant de barbarie. Nous filons vers l’horizon toutes voiles dehors, coupés du monde et pourtant totalement à l’unisson, unis vers l’univers.  
 
 

6 janvier : Bayahibe, Nurserie de corail

 
Courte escale sur la route de Samana à Bayahibe pour aller à la rencontre de Coral Point Diving, un centre de plongée qui, dans les Caraïbes, a pour particularité de faire pousser du corail dans une ferme pour le replanter dans un deuxième temps. 
 
 
 
Nurserie de Corail à Bayahibe, les récifs des Caraïbes sont en danger
 
 
Les coraux qui perdent leur couleur naturelle finissent au bout d’un certain temps par la retrouver. Dans le centre, plusieurs biologistes se concentrent sur cette « nurserie corallienne ». Fleur Australe ne pouvait passer à côté sans saluer cette initiative positive qui protège le récif corallien. 
 

 
Nurserie de Corail à Bayahibe, les récifs des Caraïbes sont en danger
 
 
Tout d’abord les scientifiques choisissent un site approprié pour installer leur nurserie en recréant un environnement naturel. Ils suspendent à une corde les fragments de corail (Acropora cervicornis) qui sont détachés de la colonie parentale et n’ont aucune chance de survie, puis les laissent grandir au fil des jours.
 
 

 
Bayahibe, village de pêcheurs niché au fond d'une baie
 
 
Cette nurserie est contrôlée et nettoyée régulièrement. Lorsque les coraux sont suffisamment grands, ils sont de nouveaux attachés pour produire encore plus de corail puis ils sont finalement replantés sur le récif corallien.
 
 
 
Philippe signe la pétition pour la protection des récifs à Coral Point Diving
 
 
L’équipe de Coral Point est passionnée par la préservation de l’écosystème marin (www.coralpointdiving.com). Elle organise également des nettoyages de plages et de récifs, propose des classes pour sensibiliser à la biologie marine et toutes sortes d’actions pour préserver le récif.
 
 
 
La belle heure, la lune va se lever
 
 
Cette escale sympathique à Bayahibe nous laisse découvrir un joli village de pêcheurs niché au fond d’une baie. Ici, on a su conserver un caractère authentique malgré le tourisme, contrairement à sa voisine la Romana. Nous en profitons pour faire une deuxième plongée à 40 mètres de profondeur afin d'explorer l’épave d’un navire dominicain qui a coulé en 1999. Sa taille spectaculaire le rend impressionnant. Les coraux et les gorgones ont totalement recouvert le bateau, de nombreux poissons et murènes hantent l’intérieur. Superbe !
 

 
Fleur Australe grand voile et génois 
 
 
 
Fleur Australe flirte avec l’arc-en-ciel, en route vers Samana
 
 
Ce soir nous reprenons la mer. Une journée au près pour rejoindre la Samana, en espérant croiser les baleines qui paraît-il viennent s’y reproduire en janvier.
 
 
 
Marion reprend l’école après les vacances
 
 

 

5 janvier : Au près

 

Nous quittons Santo Domingo vers 16h00. Notre ancre est recouverte de sacs plastiques, un frigo flotte et vient heurter la coque. C’est vraiment triste toute cette pollution marine. 

 

 

 

Marion dans la marina au pied de la vieille ville

 

 

Nous sommes très vite confrontés à une grosse mer, directement face à nous, tout ce que j’aime ! Le près : « Deux fois la route, trois fois le temps, quatre fois la misère » me lance le capitaine qui s’équipe comme en Antarctique pour aller naviguer dehors. Il se prend des cascades d’eau en plein visage. L’eau immerge le cockpit. 

 

 

 

St Domingue, la vieille ville

 


 

 

St Domingue, la vieille ville

 

 

Vous l'ai-je dit ? Cette fois-ci, oh comble du luxe, nous avons une petite clim centrale dans le carré qui nous change la vie. Hé bien elle est totalement trempée ! Elle coule dans le bateau, il faut l’enfermer dans des sacs poubelles. Pourvu qu’elle fonctionne encore !

 

 

 

Fleur Australe" Marina Sans soucis"

 

 

La lune est parfaitement pleine, elle brille de tous ses feux et fait danser la mer déchainée. Sommes grand voile haute et trinquette. Prenons un riz dans la grand voile. 

 

 

 

Navigation au près

 

 

 

Navigation au près

 

 

La grosse houle de face rend la vie à bord très inconfortable. Nous passons la nuit ainsi, les enfants renouent avec les joies du mal de mer et Marie fait son baptême du près. Nous devrions atteindre Samana demain dans la soirée. 

 

4 Janvier : Retour à bord

 

Dernière journée à Jarabacoa. Cette fois-ci, c’est en canyoning que nous descendons la rivière avec ses toboggans naturels et pour finir : une cascade de 37 mètres en rappel. Loup est heureux. 

 

 

 

Canyoning à Jarabacoa, sublime lumière

 

 

En fin de journée nous retrouvons Fleur Australe. Trois heures de route, nous traversons de charmants villages colorés, de grandes vallées cultivées avec des rizières à n’en plus finir. L’intérieur du pays est superbe mais les problèmes environnementaux sont indéniables : la forêt dominicaine ne représente que 10% de la surface totale du pays contre 85% en 1909. La déforestation est le fléau numéro un même si, pour ne pas répéter l’histoire malheureuse de son voisin, Haïti, les dominicains ont pris des mesures afin de préserver leur patrimoine naturel en y maintenant sa faune et sa flore : 28% du pays est protégé par des parcs nationaux ou des réserves scientifiques. 

 

 

 

Canyoning à Jarabacoa, sublime lumière


 

Les dominicains apprennent peu à peu  les règles de base de l’environnement mais malgré cette évolution des consciences, le pays accuse encore de nombreux retards. Les mauvaises habitudes perdurent. Dans les villes et les campagnes, le ramassage des poubelles est déficient. On voit le long de la route de nombreux dépôts sauvages d’ordures qui défigurent le paysage. Le lancer de détritus dans la rue, en voiture, ou par la fenêtre est encore bien ancré dans les pratiques. 


 

 

Canyoning à Jarabacoa, sublime lumière


Par ailleurs la pollution due, notamment aux gaz d’échappement des camions, est très importante. Après la déforestation, les principaux problèmes environnementaux sont la réduction de la biodiversité, la contamination des rivières (comme nous l’avons constaté partout) et le problème des eaux usées. 


 

 

Loup escalade les torrents


 

Ce qui est dommage c’est que les lois très strictes sur la coupe des arbres ont entrainé un effet secondaire : les habitants utilisent du ciment et du béton dans la construction de leurs maisons et non plus du bois comme le voulait la tradition rurale.

 

Voilà pour ce qui est de notre constat sur la question environnementale.

 


 

Arc en ciel sur la rivière Jimenoa


De retour à bord après ces quelques jours de fraîcheur, la température, en particulier dans le bateau (environ 40°) et dans la marina nous paraît insoutenable. La rivière et la saleté du port engendrent des hordes de moustiques, nous nous barricadons derrière les moustiquaires. 

 

 

 

Au pied de la cascade de 37 mètres que nous venons de descendre en rappel 


 

Demain nous filerons vers le nord de l’île. Des images plein les yeux grâce à cette belle escapade dans les terres.