6 février : Bob Marley !

 
Nous redescendons de nos belles montagnes pour assister à la célébration de l’anniversaire de Bob Marley à Kingston. Il aurait eu 70 ans aujourd’hui, la fête se déroule au musée qui lui est dédié. Une journée entière où les groupes locaux et internationaux se succèdent pour rendre hommage à la légende. Plus qu’une icône ici on est Marley ou on est pas, c’est une philosophie de vie. 

 
 
6 fev kingston, Jamaique. Anniversaire de Bob Marley
 
 
Nous sommes dans les premiers ce matin et un groupe de vétérans occupent la scène. Ils sont beaux avec leurs dreadlocks blanchies par les années et leurs visages émaciés. C’est encore calme et nous en profitons pour faire quelques achats à l’effigie de l’icône et prenons des bonnets aux couleurs du pays pour les enfants. Ils nous tiendront chaud dans les pôles. 

 
 
Le premier groupe à rendre hommage à Marley
 
 
Nous repartons en milieu de matinée pour faire un aller retour à Port Royal, au bout de la presqu’île qui ferme le port de Kingston. C’était la capitale des pirates, et la base de l’amirauté anglaise en 1655. Les anglais y construisirent 5 forts pour protéger la baie de Kingston. Le port était très actif pour répondre à la grosse demande des très dépensiers marins pirates. Une petite économie s’est donc installée avec des marchands en tout genre, prostituées, contrebandiers et trafiquants. Le rhum coulait à flot mais le 7 juin 1692, un terrible tremblement de terre suivit d’un Tsunami qui ensevelit les deux tiers de la ville laissa les survivants dans une ville insalubre et misérable.

 
 
Le premier groupe à rendre hommage à Marley.
Les vétérans.
 
 
Succulent déjeuner de poisson avant de retourner au Marley’s museum pour assister au concert du soir. Certains de ses fils sont là ainsi que d’autres membres de la famille. Lorsque nous revenons, cette fois-ci avec un costume digne de faire partie du clan, la foule s’est emparée des lieux. Et là nous sommes plongés dans un autre monde, un monde olfactif et très coloré. Le groupe est excellent, je n’arriverai pas à savoir qui est-ce mais on évoque Jah à maintes reprises. L’ambiance est chaleureuse et bonne enfant. 

 
 
Le premier groupe à rendre hommage à Marley.
Les vétérans.
 
 
Les ¾ sont rastas, des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes. Un petit tour à la Rita Marley fondation et puis s’en vont, trop de monde. Le concert de ce matin, avec ceux qui auraient l’âge de Bob Marley aujourd’hui, m’a beaucoup touché. Ils étaient beaux, élégants, et leurs rides avaient du sens. Demain nous regagnons le bateau et lèverons l’ancre dans la soirée en destination de Santiago de Cuba.

 
 
Les enfants prennent la pose et le look du jour
 
 

 

5 février : la Jamaïque, Kingston

 
Les Indiens Arawak s’installent en Jamaïque 700 ans avant Jésus Christ. En 1494 Christophe Colomb débarque sur l'île. Dans les vingt ans qui suivent, les colons espagnols débarquent à leur tour, important le sucre et les esclaves. Les Arawak vont alors disparaître, emportés par les mauvais traitements, les maladies et le travaux forcés. Ils ont donné son nom au pays qui provient de Xamayca, signifiant « la terre du bois et de l'eau » dans la langue de ce peuple d'Amérique du Sud qui a colonisé l'île vers les années 1000.
 
 
 
Dave nous mène dans sa communauté. Ici avec Jerkman.
 
 
Ce n’est peut être pas en bateau que l’on découvre le mieux la Jamaïque. C’est un peu pour cela que nous avons choisi de laisser Fleur Australe en sécurité à la marina Errol Flynn de Port Antonio. De la mer nous avions déjà aperçu ces hautes montagnes qui plongent dans la mer. Dès notre arrivée, nous avons essuyé des trombes d’eau. Les nuages transportés par les alizés viennent se bloquer sur la chaîne de montagne et déversent leur trop plein d'eau. 

 
 
Dave, notre guide rasta, amoureux de la nature.
 
 
La forêt est luxuriante et les cascades nombreuses. Pour rejoindre Kingston la capitale nous empruntons la route côtière avant de nous enfoncer dans les vallées profondes qui traversent l’île. Route en lacets le long d’un rio puis nous franchissons un col et plongeons vers Kingston. La ville est étendue et sa position stratégique vient de sa rade, la septième plus grande au monde. Un port naturel bien protégé où peuvent accoster les cargos, il fut en son temps le plus grand repaire de pirates au monde.

 
 
Dans la plantation de café, Dave nous montre les grains prêts à être cueillis.
 
 
Nous prenons de l’altitude, et grimpons dans les Blue Montains. Le sommet culmine à 2256 mètres. Nous sentons la fraîcheur. Ce climat en altitude est favorable à la culture du café. Nous marchons pour rejoindre une exploitation de café. L’odeur a envahi la vallée. Nous croisons des villages de rasta. L’ambiance est décontracté et les gens accueillant. Dave nous sert de guide pour nous accompagner dans la montagne. Il nous raconte son mode de vie rasta, au plus près de la nature. « Je ne pourrais pas vivre à Kingston, trop de moustiques, trop de pollution, trop de stress, alors qu'ici c’est un paradis ! » s’exclame-t-il en levant les bras au ciel. Il ne pourrait mieux dire, ici le temps s’écoule calmement, loin du tumulte de la ville, au plus près des éléments, sous la protection sacrée de ces montagnes bleues qui changent de visage à mesure des heures et s’illuminent lorsque la lune se lève… 
 
 
 
Magnifique vallée de Blue Mountain.
 
 
 
Le camion décharge l’enveloppe des grains de café recyclée en engrais. Ici pas de pesticide.
 
 
 
Une victoire pour les océans
 
Une étape historique pour la protection de l’océan a été franchie par les Etats membres de l’ONU ce week-end. Après quatre jours de discussions, les nations se sont mises d’accord pour lancer les négociations du premier traité de l’ONU qui concernera spécifiquement la Haute Mer (ou zones au-delà des juridictions nationales), ce qui représente rien de moins que la moitié de la planète. 
 
Fleur Australe se réjouit de cette décision importante, s’associe et soutient tous les organismes qui ont œuvré pour défendre cette cause. Parcourant le globe depuis maintenant 6 ans, du Pôle Nord au Pôle Sud, dans les mers de l’Atlantique, de l’Arctique, du Pacifique et de l’Antarctique, Fleur Australe milite avec tous les moyens et supports, pour faire prendre conscience de la nécessaire protection des océans.
 
 

 

Haïti, retour sur une expérience hors du commun par Philippe Poupon.

 
Fleur Australe a navigué autour de la République d’Haïti, de Fort Liberté jusqu’à Jacmel. Ce fut une immersion par la mer, dans ce qu’il y a de plus radical dans ces îles des Grandes Antilles.
 
 
 
Vent arrière, génois tangonné
 
 
Haïti devient en 1804 la première République indépendante de population majoritairement noire. Après avoir été une des premières destinations de la Caraïbe dans les années 1950, 1960 et 1970, Haïti a raté la transition démocratique suite à la chute des Duvalier (François Duvalier dit « papa doc », Jean-Claude Duvalier dit « bébé doc »). Le violent séisme de 2010 a dévasté un tiers de son territoire et « La Perle des Antilles » fait l'expérience d'une démocratie renaissante, tente de s’organiser et de se reconstruire. 

 
 
Des casiers à langoustes tressés avec des feuilles de lataniers
 
 
En arrivant par la mer, nous découvrons les embarcations à voile, ici pas de moteur. Pour les pirogues ou les bateaux de charge, c’est à la rame ou à la voile que l’on se déplace. Il n’y a pas une autre île des Caraïbes où l’on puisse admirer autant de bateaux à voile. C’est pour nous une chance et un plaisir que de pouvoir photographier toutes ces embarcations. Certaines voiles sont faites de toile de coton pour les plus aisés, pour les autres on recourt aux bâches en plastique noires ou transparentes. On les croise tôt le matin quand elles s’en vont à la pêche. Pas de feux de navigation sur ces frêles esquifs. Il faut donc veiller à ne pas percuter une pirogue ou un canot. On les rencontre à plusieurs milles au large et on se demande comment ils peuvent assurer leur sécurité si le vent et la mer viennent à se déchainer. J’imagine que certains on dû s’en aller et se perdre, pris dans un orage ou un ouragan.

 
 
Les plus beaux bateaux sont équipés de voile en coton
 
 
La gestion de la pêche ne semble pas être à l’ordre du jour. Les pêcheurs eux-mêmes nous disent avoir du mal à ramener de quoi nourrir leur famille. Même si les moyens de pêche sont rudimentaires, filets rapiécés, sennes aux flotteurs faits avec des tongues, casiers en osier, leur grand nombre amène à la raréfaction des poissons. A l’Île à Vache nous avons trouvé des pêcheurs utilisant le narguilé (plongée sous-marine avec un tuyau d’air venant d’un bateau en surface), méthode qui laisse peu de chances aux langoustes et autres poissons. 

 
 
Les poissons se font rares et de plus en plus petits
 
 
Dans ce pays où le lendemain est incertain, on ne se préoccupe pas encore du long terme. L’autre facteur qui concerne l’écosystème est la pollution. Les plastiques sont rejetés à la mer et je n’ai jamais vu un pays aussi affecté en terme de pollution. En arrivant en Jamaïque, à une centaine de milles sous le vent d’Haïti, les plages des côtes sont recouvertes de ces déchets, bouteilles, sacs en plastique, sans doute amenés par les courants et le vent. Plus d’une fois en relevant l’ancre, j’ai trouvé accroché des sacs ou des morceaux de filets ; dans l’aspiration du refroidissement moteur, mêmes découvertes. Tristesse devant un océan qui ne va plus pouvoir offrir de quoi nourrir les enfants toujours de plus en plus nombreux. 

 
 
Une pirogue, la voile est roulée au fond du bateau
 
 
Ici pas de télévision… les familles comptent régulièrement une dizaine d’enfants. C’est le tiers monde dans une Caraïbes où les autres îles ont su relever le défi de l’avenir. Le tourisme est absent le long de la côte, trop d’insécurité comme nous en avons fait les frais. Des pirates sont venus nous racketter, prenant le bateau en otage toute une nuit, prétextant être des policiers tandis que les pêcheurs nous volaient sur le pont matériel de plongée, écoutes, amarres, téléphones etc. Ce mauvais souvenir dû à des bandes organisées, des voyous, ne doit pas demeurer comme le reflet de ce peuple qui lutte tous les jours pour sa survie et dont la chaleur et l’accueil nous resteront en mémoire. 

 
 
Haïti. Embarcation rudimentaire, une bâche en plastique en guise de voile
 
 
La déforestation est visible depuis la côte. Des collines entières sont mises à nue. La raison en est la production de charbon de bois qui sert à la cuisson de la nourriture. Nous avons vu de grands bateaux remplis à ras bord de sacs faisant voile vers Port au Prince où se trouve un grand marché de ce combustible indispensable à la vie des familles. Le gaz n’y est pas encore importé, et c’est un drame écologique pour cette belle île qui perd chaque jours des centaines d’arbres.
 
Comme l’a écrit Géraldine, nous garderons le souvenir des sourires sur les visages, enfants et adultes, qui nous ont tendus leur bras pour nous vendre quelques langoustes.
 
 
 
En route pour la Jamaïque, Fleur Australe surfe sur la houle de l’alizé
 
 
Nous n’oublierons pas le dévouement de Mica de la Fondation du Paradis des Indiens qui donne toute son énergie pour aider les enfants d’Abricot à accéder à un monde meilleur. D’autres comme elle, œuvrent et souhaitent que Haïti retrouve sa splendeur d’antan, pour que ce peuple attachant trouve un équilibre de vie sous le soleil des Caraïbes. 
 
 
Kingston, Jamaïque, 3 février.
 
Ici en Jamaïque le problème des déchets semblent être pris au sérieux même si les plages de la côte au vent sont très polluées car cela vient certainement d’Haïti. Sur le bord des routes des panneaux incitent au respect de l’environnement. La nature est belle et luxuriante, un atout pour le développement.
 
Philippe Poupon

 

1er Février : La Jamaïque, Port Antonio

 
24 heures de navigation avec un fort vent qui nous fait marcher à 8 nœuds de moyenne. En quittant Haïti, le bout qui permet de remonter la quille se casse. « Dernier cadeau d’Haïti », me lance le capitaine ironique. Je dirais plutôt que le bout était en fin de vie, épuisé par 6 années de mers hostiles.
 
 
 
 
Haïti a ses petits îlots de paradis, l'Îlot Amoureux, notre dernière escale
 
 
Nous arrivons en Jamaïque en milieu d’après midi et relâchons à Port Antonio une marina paisible et confortable. Ce qui frappe d'entrée en arrivant en Jamaïque, c'est cette végétation luxuriante et ces lagons turquoises. Quelques accords de reggae nous parviennent depuis la terre, un rasta aux locks blanches rame sur sa pirogue en bois coloré, le ton est donné. 
 
 
 
L'équipage de Fleur Australe.
Le capitaine est derrière l'appareil ! Beti se cache quelque part sur le pont
 
 
Dès le lendemain nous louons une voiture et partons à la découverte des Reach Falls, merveilleuses cascades avec ses piscines naturelles translucides. Nous longeons la mer et ses belles plages de la côte au vent. Elles sont malheureusement polluées par les plastiques en tout genre provenant certainement des côtes haïtiennes. Les vagues déferlent et se brisent sur le sable blanc. 

 
 
La Jamaique, des montagnes, des cascades
 
 
Nous poursuivons par le « Blue Lagoon », un lagon d'eau bleue indigo d'une profondeur de plus de quarante mètres en pleine jungle tropicale. Les enfants jouent à Tarzan en passant d'une liane à l'autre. C'est d'une beauté rare. 

 
 
Le Blue Hole, ici les eaux douces se mélangent à l'eau de mer et prennent des bleus lumineux
 
 
En fin de journée nous regagnons la marina Eroll Flynn, l'acteur est arrivé ici en 1946 sur son yacht le Zacca, il  s'est abrité dans ces eaux après avoir essuyé une grosse tempête. Il est immédiatement tombé amoureux de ce petit port de pêcheurs au point de le décrire dans sa biographie comme «  plus beau que toutes les femmes que j’ai jamais vu ». Il y acheta d'ailleurs deux hôtels dans lesquels il organisait de somptueuses fêtes. C'est ainsi que Port Antonio devint le repaire des stars Hollywoodiennes telles que Bette Davis, Clara Bow ou Ginger Rogers. Avec sa troisième femme il s'installa dans le coin afin d'y développer le tourisme. Mais victime d’une mauvaise santé dûe en partie à ses nombreux excès, il décéda en 1959 à l'âge de 50 ans et n'eut pas le temps de mettre ses plans à exécution. 

 
 
Radeau de bambou à Port Antonio, Jamaica
 
 
Nous avons décidé de laisser Fleur Australe à la marina et de partir quelques jours en voiture à la conquête de l'île. En effet, il semble que ce soit le seul endroit sûr pour laisser le bateau sans prendre le risque de se faire piller de nouveau. Nos expériences en Haïti nous obligent à la prudence.   
 

28 janvier : Jacmel

 

C’est la ville du carnaval et des artistes. A peine l’ancre posée on se sent bien à Jacmel. Haïti est inspirante, Jacmel en est une sorte de condensé, mais la ville ne semble avoir retenu que le meilleur du pays. Nous débarquons et sommes accueillis par Jacques qui nous conduit aussitôt au bar de l’hôtel Florita où nous faisons la connaissance de Lucie, jeune et jolie aventurière qui a la gentillesse de nous servir de guide. 

 

 

 

Je garde en mémoire les yeux des enfants, des couleurs à n’en plus finir et la dignité envers et contre tout

 

 

Lucie a ouvert une petite galerie à coté de l’hôtel dans lequel elle expose des objets qu’elle fait fabriquer par les artisans locaux. Le Florita est une belle demeure qui a résisté au séisme, ce qui n’est pas le cas de sa voisine, une superbe villa avec piscine totalement effondrée. Des gravas, des tas de pierres, éboulis en tout genre, ca fait pourtant 5 ans mais ce 12 janvier là, on est pas prêts de l’oublier. Le carnaval a d’ailleurs été décalé, c’était auparavant du 1er janvier au 17 février, maintenant cela commence le 13 janvier. Le jour dit on se recueille, on est en deuil.


 

 

Jacmel, la ville des artistes et du carnaval a beaucoup souffert du tremblement de terre de 2010

 

  

 

Jacmel, la ville des artistes et du carnaval a beaucoup souffert du tremblement de terre de 2010

 

 

L’épicentre était à Leogane, à quelques kilomètres, c’est donc entre Jacmel et Port au Prince qu’il y a eu le plus de dégâts et de morts,  environ 80000 pour 300000 dans tout le pays. C’est dire que par ici on s’en souvient et que les stigmates de ce terrible jour sont encore bien visibles. Revenons au Carnaval, c’est surtout le dimanche que ça se passe, nous apercevons les masques et quelques costumes mais nous ne serons pas là Dimanche prochain pour assister aux festivités. Il est temps pour nous de filer vers la Jamaïque.


 

 

Jacmel, la ville des artistes et du carnaval a beaucoup souffert du tremblement de terre de 2010

 

  

 

Ronald Mevs dans son atelier à Jacmel, un artiste engagé

 

 

Lucie nous mène jusqu’à l’atelier de Ronald Mevs, un peintre de grand talent. Il expose d’ailleurs actuellement au grand palais à Paris. Au milieu de toiles merveilleuses, c’est un véritable moment de grâce que ces quelques heures passées en sa compagnie à échanger autour d’un verre de blanc dans sa jolie maison. Le lendemain matin je fais un aller-retour sur Port au Prince avec Marie et les enfants pour aller rencontrer les élèves des écoles. Philou veille sur le bateau. 


 

 

Ronald Mevs dans son atelier à Jacmel, un artiste engagé


 

 

Ronald Mevs dans son atelier à Jacmel, un artiste engagé

 

 

Nous empruntons la belle route de l’Amitié. Elle doit son nom au fait qu’un tronçon a été construit par les Français et l’autre par les Canadiens. Arrivés vers Port au Prince c’est la folie, voiture pare-chocs contre pare-chocs, vendeurs ambulants au milieu de la route, gravas, tas d’ordures partout. Les tap tap, grands pick up aménagés avec deux bancs dans lequel on s’agglutine, portent tous des inscriptions religieuses : « Dieu est là, Jésus veille sur nous ». Il est bon effectivement, quand on voit la misère qui règne ici, de se le rappeler. 


 

 

Dernière escale en Haïti, la capitale Port au Prince : Tap Tap et bus aux inscriptions religieuses,
un pays et un peuple inspirants, envoûtants, attachants

 
 

 

Dernière escale en Haïti, la capitale Port au Prince : Tap Tap et bus aux inscriptions religieuses, 
un pays et un peuple inspirants, envoûtants, attachants

 

 

Cette nuit nous appareillerons et filerons vers la Jamaïque que nous atteindrons d’ici 48 heures. D’Haïti je retiens la force des visages, la dignité, des couleurs à n’en plus finir, et des enfants aux regards graves. Un pays inspirant, envoutant, sensuel et attachant. Un pays d’artistes avec tout ce que cela comporte de paradoxes et de fragilités et c’est ce qui fait son charme. Je me souviens des mots de Ronald : «  Ici rien n’est moyen ». Pour notre plus grand plaisir, ici on survit, on VIT et on en a pleine conscience !!!!

 

Emissions RTL

 

Vous pouvez réécouter ici les interviews de Géraldine dans l'émission de RTL La Curiosité est un vilain défaut, présentée par Sidonie Bonnec et Thomas Hugues : "Fleur Australe et son équipage reprennent la mer ! Chaque jeudi, Géraldine Danon vous fait vivre les aventures de sa famille qui navigue cette fois sur la mer des Caraïbes… Puerto Rico, Cuba, Haïti et la République Dominicaines, autant d'escales qui font rêver et promettent de belles aventures humaines. Géraldine Danon est votre guide et vous livre son carnet de bord !"

   

 

 

- 26 février 2015

 

Nous retrouvons Géraldine Danon, son capitaine Philippe Poupon et leurs trois enfants pour leur dernière escale... C'est à La Havane que nous allons cette semaine dans ses rues colorées, mais aussi sur les traces de la famille de Géraldine à la recherche de la tombe de sa grand-mère enterrée au cimetière Christophe Colomb…

2500 milles aventureux et merveilleux ont été parcourus depuis Saint Barthélémy. C'est de la Havane que l'équipage rejoindra Miami avant de reprendre la mer dans quelques mois pour de nouvelles aventures vers le Grand Nord.... Un grand merci à Géraldine Danon, sa famille et au Fleur Australe de nous avoir fait partager leurs aventures dans les Grandes Antilles !

 

   

 

 

- 19 février 2015

 

Comme chaque semaine, on retrouve Géraldine Danon, son capitaine Philippe Poupon et leurs trois enfants... Cette semaine, Géraldine Danon nous parle de ses plongées et de la pollution qu'elle a trouvé dans ses paysages sous-marins pourtant enchanteurs...

 

   

 

 

- 12 février 2015

 

Après avoir fêté les 70 ans de Bobo Marley la semaine dernière en Jamaïque et essuyé une grosse tempête, l'équipage vient d'arriver à Cuba à bord de Fleur Australe et nous raconte ses dernières aventures...

 

 

 

 

- 05 février 2015

 

La semaine dernière Géraldine Danon était encore à Haïti, à Jacmel où se préparait le carnaval. Depuis, l'équipage de Fleur Australe a fait route vers la Jamaïque où il se trouve actuellement à la veille des 70 ans de Bob Marley… on a hâte d’être dans l’ambiance !

 

 

 

 

- 29 janvier 2015

 

Nous avions laissé Géraldine Danon à Haïti. Après une semaine très mouvementée... une attaque de pirate, l'équipage de Fleur Australe, heureusement sain et sauf, a repris la mer. Nous retrouvons ce soir Géraldine Danon en direct de Port Aux Princes.

 

 

 

 

- 21 janvier 2015

 

Nous avions laissé Géraldine Danon la semaine dernière sur une île paradisiaque, Punta Russia, en République Dominicaine. Ce soir nous la retrouvons à Haïti et à l'occasion de la journée RTL bouge pour la planète, Géraldine Danon nous racontera l'état dans lequel elle trouve les océans et notamment celui de la mer des Caraïbes puisqu'elle s'y trouve...

 

 

 

 

- 15 janvier 2015

 

Nous avions laissé Géraldine Danon à Saint Domingue... Le voyage n'aura pas été de tout repos.

 

   

  

 

- 8 janvier 2015

 

Quand nous l'avons quittée avant les fêtes, le 18 décembre, elle venait d'arriver aux Iles Vierges : un 1er Noël sous les tropiques sur une île déserte, l'île de Saint Domingue et ses habitants... Géraldine Danon va nous raconter tout ce qu'elle et sa famille ont vécu depuis…


  

 

 

- 18 décembre 2014

 

Fleur Australe et son équipage reprennent la mer ! Chaque jeudi Géraldine Danon vous fait vivre les aventures de sa famille, qui cette fois, navigue sur la mer des Caraïbes… Puerto Rico, Cuba, Haïti et la République Dominicaines, autant d'escales qui font rêver et promettent de belles aventures humaines. Géraldine Danon est votre guide et vous livre son carnet de bord ! Cette semaine toute la famille a rejoint Fleur Australe, Géraldine Danon nous raconte comment se prépare une telle expédition en famille et nous raconte leur première escale...

 

 

 

27 janvier : L’Île à Vache

 

Cette île est située sur la côte sud de la Péninsule Sud. Elle est célèbre car c’est un bon mouillage pour les bateaux. Les pirates, dont le célèbre Morgan, y avaient élu domicile. Il y a une anse bien protégée et bien cachée, idéale pour se faire oublier. L’Île à vache fut ainsi nommée car les pirates y laissaient des vaches et avaient de la nourriture garantie au retour de leur expédition. Pour nous c’est une escale sur notre route vers Jacmel. Dès notre arrivée, les locaux viennent à notre rencontre et en quelques instants c’est une nuée de pirogues qui s’agglutinent le long de la coque. Nous sommes méfiants et un peu échaudés par nos précédentes aventures. 

 

 

 

C’est jour de marché sur l’Île à Vache, les barques sont remplies

 

 

 

C’est jour de marché sur l’Île à Vache, les barques sont remplies

 

 

Nous cherchons la tranquillité et les palabres nous épuisent. Difficile pour ces gens démunis de voir arriver un bateau qui pour eux est un navire d’une autre planète : un bateau moderne alors qu’ils sont encore à la voile et à la rame pour déplacer leurs embarcations. Les enfants demandent à nettoyer la coque ou les bouées, un autre nous propose des langoustes et encore un autre une balade à cheval autour de l’île. Nous ne pouvons contenter tout le monde. Comment faire plaisir sans faire des frustrés ? Nous sommes des extra-terrestres, des hommes d’un autre temps, d’une autre civilisation. 


 

 

Une population bien accueillante sur ce petit îlot

 

 

 

Les cases sont recouvertes de paille

 

 

Haïti et la majeure partie de ses habitants survivent au quotidien. La gentillesse se lit dans ces visages et le sourire est leur plus bel atout. Les îlots plantés au milieu du grand lagon sont habités par des familles de pêcheurs. Nous levons l’ancre en direction de l’un d’eux. Quelques cocotiers et des huttes en bois et au toit de paille. Des dizaines d’enfants courent sur la plage. C’est notre petit îlot des pirates en un peu plus grand mais ici l’accueil est chaleureux. 


 

 

Avec Gaëtan dans les bras, âgé de quelques semaines. Un futur marin !

 

 

On se retrouve avec une nuée de gamin émerveillés de voir deux petite filles blondes et plus encore de découvrir la petite chienne ‘noir et blanc’ qui nous accompagne. Il n’y a pas de chien sur l’île. Betty devient en quelques instants la reine et tout le monde scande son nom, Betty par-ci, Betty par-là. Des hommes refont les toits de pailles qui proviennent de l’Île à Vache. Ils ont une durée de vie d’environ un an. 


 

 

Au milieu des enfants, je filme

 

 

 

Pirogues des pêcheurs

 

 

Je me retrouve en moins de deux avec un bébé de quelques jours dans les bras. Gaëtan sera comme ses frères et cousins, pêcheur de langoustes et de poissons. En restera-t-il ? C’est une grande question, car sur notre chemin nous avons rencontré des plongeurs avec un narguilé ratissant les fonds du lagon. 


 

 

Tout le village est là pour nous dire au revoir

 

 

En fin de journée le Soleil s’assoupit à l’horizon et nous appareillons en direction de Jacmel.