New York


La Big Apple, attirante, envoutante, fatigante. On aimerait la connaître sous toutes ses facettes, marcher dans toutes ses rues, monter en haut de l'Empire, de la Chrysler et encore de la toute nouvelle Freedom Tower, la plus haute des Etats-Unis, et visiter ses nombreux musées. Mais voilà, en quelques jours il nous semble ne l'avoir qu'effleurée. Il faudrait des jours, des semaines, des mois pour tout découvrir, du quartier chinois à Little Italie, en passant par Soho et Greenwich Village.

 

 

 

Nous quittons Manhattan

 

 

 

Vue depuis la Freedom Tower

 


Fleur Australe a mouillé en bas de Manhattan, dans la petite North Cove Marina, au pied des grandes tours. Nous sommes dominés par la Freedom Tower (nommée aussi One World Trade Center), entourés par des cathédrales de verre, tantôt vertes, tantôt bleues. Ca brille, ça se reflète, ça s’éclaire, ça impressionne et le petit homo sapiens en attrape un torticolis à contempler ces gratte-ciels.

 

 

 

Marion et Laura avec leur casquette de la NBA
 

 

 

A Brooklyn dans un Diner

 

 

Il fait gris ce matin. La Freedom est cachée dans les nuages. Il faut prendre la météo pour choisir son heure et s'engouffrer dans cet ascenseur qui vous expulse comme une fusée au 100ème étage. De la haut, la vue est impressionnante. Fleur Australe, en bas, est toute petite. En un tour on découvre Manhattan, la Hudson river, la East River et ses célèbres ponts qui l'enjambent pour accéder à Brooklyn et au Queens. Au loin l'aéroport de JFK et celui de la Guardia. Au sud le Verrazano et les cargos au mouillage qui attendent leur place pour décharger le nécessaire pour alimenter cette ville aux 10 millions d'habitants. De notre tour on imagine la fourmilière humaine qui dévale les rues, qui se restaure, travaille, échange, achète, vend. Un tourbillon de la vie.

 

 

 

Visite de Brooklyn, un quartier en pleine expansion

 

 

 

Visite de Brooklyn, un quartier en pleine expansion

 


Nous qui rêvons de grands espaces, de solitude, de calme, nous sommes noyés dans la masse humaine qui 24 heures sur 24 s'agite dans tous les sens. A New-York, la vie ne s'arrête jamais.

Il nous faut partir, cap à l'Est, vers Long Island et dans quelques jours Boston et le Maine. Nous réempruntons la East river. On se laisse aller au grès du courant, et là, tout se déroule au ralenti. On repasse en revue nos buildings préférés. On les guette entre deux immeubles. Ils apparaissent, disparaissent, jouant à cache-cache avec la lumière. Le courant nous emporte, et on voit s'éloigner nos regrets de ne pas la connaître un tout petit peu plus. Dans quelques années, elle aura encore grandie. Les immeubles poussent comme des champignons, toujours plus haut. Le soleil s'enfonce dans cette cité de béton, de fer et de verre. Les ponts s’illuminent, au loin la ville s'allume. Nous lui tournons le dos, elle s'enveloppe lentement dans la pénombre et dans la nuit, New York feint de s'endormir...
 

10 Juin, New York !


C’est reparti !

 

Nous retrouvons Fleur Australe qui nous attend bien sagement à port Washington sur Long Island. La famille est au complet, Loup, Laura, Marion, Lise notre nouvelle équipière qui fera l’école aux enfants… sans oublier notre chien Béti.

 

 

 

 



Une journée passée au calme à s’installer, remplacer la pharmacie périmée par celle rapportée de France et réviser les équipements grand froid puis nous prenons la mer en direction de New York. Nous empruntons la East River, le ciel est d’un bleu éclatant et bientôt nous apercevons les premiers buildings qui scintillent sur la mer d’argent. Nous enchaînons les ponts sous l’œil émerveillé des enfants. « Papa ça va passer ? » s’inquiète Laura en arrivant sous le mythique Brooklin Bridge. Le spectacle est magique. On ne se lasse pas de rentrer à New York en bateau, c’est merveilleux ! La première fois c’était en 2009 pour le passage du Nord Ouest, Marion n’avait pas un an.

 

 

 

 

 


Le vent souffle et le courant est fort, environ 4 nœuds, la mer moutonne. Nous croisons les nombreux ferrys qui font la navette entre Manhattan et Brooklyn. Nous passons au ras de la voie sur berge, la bande son vaut le détour, la fièvre de la ville, les hélicoptères, les sirènes des voitures de police, la résonnance des trains sur les ponts, un vacarme infernal fait frémir la Fleur. Un petit coucou à la Statue de la Liberté avant de relâcher à la North Cove marina au cœur de la ville, la Freedom Tower aux mille facettes a la tête dans les nuages, elle a été inaugurée il y a quelques jours. C’est désormais la plus haute tour des Etats-Unis avec ses 541 mètres, non loin des défuntes Twins et du National September 11 Memorial Museum qui les a remplacées. Quel bonheur d’avoir une marina en plein centre ville, à quelques minutes de Soho mon quartier préféré !

 

 

 

 

 


Laura sort son vélo et part à la conquête des alentours. Nous profiterons de ces quelques jours à New York pour peaufiner nos équipements froid et faire les courses. Nous filerons ensuite vers Boston puis le Maine, le Canada, Saint Pierre et Miquelon, le Labrador et le Groenland avec pour objectif de s’approcher au plus près du pôle, en tout cas de dépasser les 80° de latitude nord, jusqu’à ce que la banquise nous arrête.
 

Entre Miami et New-York, par Philippe Poupon

Remerciements :  Nous avons bien reçu vos très nombreux messages postés sur ce site et nous vous en remercions sincèrement. Nous sommes heureux de partager nos aventures avec vous, même si nous ne pouvons répondre à chacun d'entre vous. Bonne lecture !
 
Fleur Australe a dû gravir quelques degrés de latitude pour préparer sa mission au Groënland. Deux mois passés dans la New River à Fort Lauderdale, au calme, le long d'un petit quai privé d'une jolie demeure, chez Susan, une anglaise de Cowes. Réparation des deux tangons cassés et de l'annexe explosée au soleil des Caraïbes. Ici à Fort Lauderdale, les plus grands yachts viennent se reposer entre les Caraïbes et la Méditerranée. On y trouve tout ce qui flotte, 42 000 embarcations,  grandes et petites, où le bateau à moteur est plus présent que la voile. 
 
 
 
Fleur Australe dans la New River à Fort Lauderdale
 

 

Cap au nord et dès la sortie du chenal, sous un gros orage, nous sommes happés par le Gulf Stream, puissant courant qui comme un tapis roulant vous monte vers le nord. Entre les Bahamas et la Floride, il atteint les 4 noeuds. La mer est hachée, désordonnée. Un peu de vent et des grains violents. Nous sommes sous le régime des fronts orageux qui se développent à terre, sur le sol surchauffé. Le vent varie sans cesse, empannages, prises de ris, le bateau se fait coucher sur l'eau. Rien qui annonce ces changements brutaux, aucun signe dans le ciel. Les cargos suivent le même chemin. Nous faisons route ensemble. Des monstres, chargés de conteneurs, qui alimentent la côte des Etats Unis en voiture ou matériel en tout genre, venant de Chine ou d'ailleurs. 
 
 
 
Le phare du Cap Hatteras
 
 
Les prévisions annoncent un coup de vent du nord. Nous sommes au large du Cap Hatteras, le plus redouté de la côte est du continent nord américain. La région est connue comme le « cimetière de l'Atlantique » suite à de nombreux naufrages. Avec Maurice, notre routeur, au chaud dans son grenier de  l'Aberwrac'h, les infos sont confirmés et c'est une retraite à l'abri de la côte et du cap qui est décidée. A quelques milles de la terre, la mer change de couleur, elle passe du bleu au vert et sa température de 24°C à moins de 12°C. Une véritable frontière entre les eaux venues du nord qui longent la côte et ce puissant et chaud Gulf Stream. Au speedo* les chiffres sont confirmés, 3 nœuds au large qui porte au nord-est et à terre un bon nœud vers le sud ouest.
 
 
 
Baleine à bosse
 
 
Fleur Australe mouille sous le vent d'une dune. Un long cordon de sable qui s'en va au large et se termine par un grand banc à fleur d'eau. Nous mouillons par 30 noeuds de vent et dans la nuit le vent va monter à 40 noeuds. Il ne doit pas faire bon être au large. La houle rentre et de gros rouleaux déferlent sur la plage. Quelques pêcheurs à la ligne et quelques surfeurs profitent de cet endroit sauvage. A terre c'est une grande lagune qui s’étend derrière ces îles de sable. On aperçoit les voiles des kitesurf qui dépassent de la dune. Quelques maisons de bois, au style bien américain ont une vue imprenable sur la grande baie. Fleur Australe tire sur son ancre au pied du phare noir et blanc formant une spirale qui lui donne l'aspect d'une enseigne de barbier. C'est le plus haut des Etats Unis.
 
 
  
Une baleine à bosse sonde et nous montre sa queue
 
 
Le vent a faibli, mais la houle reste présente. Nous laissons passer le plus fort du vent et à la nuit tombée, il est temps de lever l'ancre et de faire voile vers New York. Nous retrouvons nos cargos qui luttent face aux éléments. La mer est une vraie marmite de sorcière, des vagues dans tous les sens. Malgré le vent qui se calme dans l'après midi, les crêtes déferlent. Un vrai raz Blanchard* de plusieurs centaines de milles de large. Je n'en crois pas mes yeux de voir ces vagues rugir par calme plat. Le speedo* confirme le courant et c'est bien la rencontre de la houle et du courant qui crée cette mer si désordonnée. Nous avons du mal à nous déplacer dans le bateau. Ca roule bord sur bord, ça tangue et les voiles claquent. La bôme est bien arrimée pour ne pas tout emporter sur son passage. J'essaye un bord vers la terre, mais c'est une catastrophe. Même si la houle nous épaule, la vitesse s'en ressent. On perd le bénéfice du courant. Nous continuons en nous agrippant aux mains courantes. La houle se calme après quelques heures d'un vrai capharnaüm.
  
Nous doublons l'entrée de la Chesapeake et plus haut celle de la Delaware. A quelques milles de New York, un troupeau de baleines à bosses, croise notre chemin. Une quinzaine de ces grands mammifères sont en migration vers le nord. Venant des Bahamas ou de la mer des Antilles, où elles se reproduisent, elles s'en vont tranquillement en batifolant vers le grand nord à la recherche de nourriture.
 
 
 
Le pont Verrazano
 
 
Il fait nuit quand « Fleur Australe » croise le phare d'Ambrose, point de départ des records de l'Atlantique, entre New York et le cap Lizard en Angleterre. En 1905, Charlie Bar sur sa splendide goélette 3 mats, l'Atlantic, établit le record en 12 j 4 h. En 1980 Eric Tabarly est le premier à détrôner ce prestigieux record vieux de 75 ans, en 10 j 5 h. En 1987, sur « Fleury Michon VIII »,  j'établissais un nouveau record en 7 jours et 12 heures.
 
 
 
Le porte conteneurs croisé à l'entrée de New York transporte 12 000 conteneurs !
 
 
Le magnifique pont Verrazano est illuminé de ses guirlandes de lumières qui le dessinent parfaitement dans cette nuit noire. Au loin on aperçoit la « Big Apple ». Le chenal n'est pas large et serpente entre des bancs de sable. Un gros porte-conteneur de 320 mètres de long et de 40 mètres de large nous double. Un autre, un peu plus petit, nous croise et s'en va vers le large. Des remorqueurs traînent des barges et luttent contre le courant qui descend. Nous restons extérieur au chenal, à la limite des hauts fonds pour leur laisser le passage. Des monstres qui nous rasent emportant à leur bord des milliers de ces grandes boites d'acier*.
 
 
 
Manhattan se réveille et s'illumine
 
 
 
La statue de la Liberté
 
 
 
Dans sa main droite une torche qui éclaire le monde et dans sa main gauche une tablette
portant la date du jour de l'indépendance des Etats-Unis
 
Nous passons sous le pont où le trafic est déjà intense. Le bruit des roues sur la chaussée  nous renvoie un bruit sourd qui casse le calme environnant. Passé ce pont, un autre monde. Des bateaux au mouillage attendent un quai disponible, des remorqueurs viennent prendre en main les gros cargos. Les ferries sillonnent la baie dans tous les sens. La statue de la Liberté est éclairée et Manhattan brille de toutes ses lumières. Le jour se lève, le ciel est zébré de quelques cirrus et le tout s'envole dans les roses d'un jour naissant. Spectacle grandiose où les façades des building s’enflamment. La toute nouvelle tour, « Freedom Tower », au pied des tours jumelles disparues, se dresse comme la fierté des Etats-Unis en riposte à ce triste 11 septembre 2001.
 
 
 
30 Hudson Street, le plus grand building de Jersey City
 
 
 
Le soleil se faufile dans une rue de New-York
 
 
Je m'attarde au pied de la Statue de la Liberté qui tient dans l'une de ses mains une torche qui éclaire le monde et dans l'autre sur une tablette, on peut lire en chiffres romains "4 juillet 1776" jour de l'indépendance américaine. Le soleil apparaît dans une échancrure, une «street», entre deux tours, et arrose la ville de sa lumière rasante. Je m'en donne à cœur joie et photographie ces monstres d'acier, de verre et de béton.
 
 
 
Le sud de Manhattan au petit matin
 
 
 
L'East River et ses ponts
 
Fleur Australe s'engage dans l'East River et nous sommes littéralement aspirés par le courant. Sous voile, Fleur Australe se faufile sous le Brooklyn bridge et le Manhttan.  Wall street se réveille. La tour Chrysler et l'Empire State Building s'éclairent. Je m'en vais sous les ponts, dépassant les voitures et les joggeurs qui cheminent le long de la rivière. Il est cinq heure, New York s'éveille. 
 

 

 

Un mélange d'architecture à New-York

 

 

 
La Chrysler tower
 
 
* Raz Blanchard : Le raz Blanchard désigne le passage où sévit l'un des courants de marée les plus puissants d'Europe, situé entre la pointe ouest du cap de la Hague et l'île anglo-normande d'Aurigny, à l'entrée nord du passage de la Déroute. La mer peut être très dangereuse.
* Speedomètre : compteur de vitesse sur les bateaux
* Le plus gros des porte-conteneur, (395 mètres de long, 59 mètres de large), embarque à son bord 19 000 conteneurs !

 

Fleur Australe à New York + Nouvelle expédition


Fleur Australe sera à New York à partir du 15 Avril. Cet été une nouvelle expédition dans le Grand Nord aura pour objectif de s'approcher au plus près du Pôle pour tenter d'atteindre les 80° de latitude Nord dans le détroit de Nares.
 

A bientôt donc !

 

Highslide JS

 

Fleur Australe à North Cove Marina à Ground Zéro New-York