14 Juillet Labrador : Vers le Groenland

Notre dernière escale à Terre Neuve se fera dans le port d'Anthony. Un parfait abri pour les bateaux de pêche. Un peu plus au nord, des noms qui nous rappellent la France, Saint Lunaire, Bréhat. Voilà bien longtemps des français ont accosté sur ces terres. 

 

 

 
Les icebergs sur la côte du Labrador
  
 

Nous avons rendez-vous avec Kotick, un autre oiseau du large. Alain et Claudine Caradec sont en charter sur la côte Est de Terre Neuve avec un équipage corse. Nous sommes loin de l'Île de Beauté et de sa chaleur. Ici crachin, ciel bas et température autour des 10°. 

 

 

 
Rencontre de deux oiseaux du large. Fleur Australe et Kotick
 
 

Nous partons à la nuit. Les icebergs sont présents dans le détroit de Belle Île. Au radar et au projecteur nous veillons. Plusieurs petits growlers frôlent la coque. Sur l'écran du radar, plusieurs échos apparaissent. Présence de certains d'icebergs imposants. 

 

 

 
Le musée de Battle Harbour
 

 

Nous atteignons Battle Harbour, au Labrador.  Situé sur une île, cet abri a servi pendant longtemps de port aux pêcheurs de morues. Une flotte de plusieurs dizaines de goélettes venait y relâcher et décharger leurs poissons. Les bancs ne sont pas loin. Plus de mille personnes travaillaient sur cet îlot. Une véritable usine flottante, où l'on salait et séchait la morue. Le sel venait du Portugal, et la morue repartait vers l'Europe ou les Etats-Unis.

 

 
Marion pose devant un équipage de goélette morutière

 

 

Mais c'est aussi de cet île, que Robert Peary, explorateur américain,  annonça à la terre entière, par onde radio Marconi, sa conquête du pôle nord le 6 Avril 1909. Quelques jours plus tard, il donnait aux journalistes venus le rejoindre une conférence dans l'un des hangars qui servait à saler le poisson. 

 

 

 
Fleur Australe à Battle Harbour

 

 

Les bâtiments sont entretenus et racontent l'époque florissante de la pêche. Au début du siècle, on y chassait aussi le phoque.

 

 

 
En compagnie de Robert Peary, vainqueur du Pôle Nord en 1909

 

 

Fleur Australe quitte le joli petit abri, coincé entre deux îles. Dehors un iceberg est venu s'échouer sur les rochers. La météo est bonne pour les prochains jours et le vent est favorable pour rejoindre le Groenland. Les prévisions donnent un vent de Sud Est, qui va se renforcer en coup de vent de 30/35 nœuds à l'approche des côtes du Groenland. La Fleur va profiter de cette ouverture et tout est prêt pour encaisser le mauvais temps dans quelques jours. Sur le pont tout est amarré, la quille est brochée en cas de retournement, les placards et plancher sont sécurisés. 

 

 

 

 

Les quarts sont organisés. L’équipage se relaye à la veille, je suis disponible pour filmer à n'importe quel moment.  Les cartes des glaces nous donnent de nombreux icebergs sur la route. Pas de position précise, mais des rectangles de 60 milles par 40 milles, (100 km par 80 km), la surface d'un département français, où l'on nous indique le nombre d'icebergs repérés. Nous allons traverser des zones à 10, 8 et 12 icebergs. Ils sont bien là et nous en croisons deux de près et d'autres apparaissent au radar. Danger ! Nous veillons nuit et jour. Le bateau est à la gîte et l’équipage accuse le coup de ces traversées à répétitions depuis plus d’un mois et demi.

 

 

 

Un iceberg est venu s'échouer sur les rochers

 

 

Le ciel va rester gris avec du crachin et une mauvaise visibilité.  L'eau est descendue à 5°C. Dans le bateau la condensation a fait son apparition et les hublots gouttent. Nous allons poser nos protections anti buée avec notre film plastique. Un double vitrage efficace. La Fleur revêt sa parure des hautes latitudes. Le chauffage ronronne pour chasser l'humidité. Nous dormons dans nos duvets le bonnet sur la tête. Dehors il fait froid, 5°C. En route pour le Grand Nord.

 

 

 

Les icebergs sur la côte du Labrador