11 juillet : Ile de Fogo

Nous quittons Saint Jean de Terre Neuve, la nuit tombée mais un fort vent du Nord nous oblige à nous abriter au port de Bonnavista au petit matin après avoir passé la nuit à veiller les icebergs. On nous en avait annoncé 23 sur le parcours mais ils ont dû partir au large car nous n’en apercevront que trois. Loup a la chance de voir une baleine pendant son quart.

 

 

 
Nous arrivons au pays des ours polaires
  
 
 
Fogo Island, le port
 
 

La côte de Terre Neuve est jalonnée de jolis ports de pêche. Avant 1992, date de la fermeture de la pêche à la morue, il y avait une forte activité. Chaque petit abri avait ses infrastructures, quai en bois pour les plus petits, ou port moderne en eau profonde avec usine frigorifique pour l'exportation du poisson. Aujourd'hui ils se sont reconvertis dans la pêche du crabe de neige, de la langouste ou d'autres poissons atlantique. Mais le moratoire et l'arrêt de la grande pêche a vu s'effondrer l'activité. Sur l'Île de Fogo, où nous relâchons le lendemain, on est passé de 8000 habitants à moins de 2000.  Le village est néanmoins bien entretenu, et on voit de nouvelles maisons en construction, signe d'espoir.

 

 

 
Il fait beau mais le vent souffle
 
 

Non loin, un hôtel ultra moderne a vu le jour il y a deux ans. Son design ressemble à un gros iceberg. Il a été construit sur la côte, dans un passage que l'on appelle Iceberg Halley. Au printemps, les icebergs emprisonnés dans la banquise sur les côtes du Labrador, sont libérés à la fonte de celle-ci. Ils s'échappent, transportés par le courant, et passent ici à travers les îles. Le spectacle est alors magnifique. Aujourd'hui la mer est vide. Un petit iceberg est bloqué dans une baie étroite et se brise sur les rochers.

 

 

 
Dans le petit port de Twillingate
 
 
 
Promenade dans les îles
 
 

La côte est très découpée, avec des îles et des baies profondes. Je suis étonnée par le nombre de villages. L'intérieur de l’île est vide, et si 500 000 habitants peuplent tout l'Île de Terre Neuve, grande comme l'Irlande, ils sont tous regroupés sur la côte. Petits sapins, retenues d'eau, des cailloux au ras du sol, des roches arrondies et polies par la glace. L'hiver le vent souffle en tempête et les arbres n'ont pas le temps de grandir. Nous profitons de ces deux jours d’arrêts forcés pour faire de longues ballades dans la Toundra, nous grimpons jusqu’au point culminant pour admirer le spectacle de ces roches arides battues par la mer. Puis le vent finit par tourner Est

 

 

 
Marion confectionne un bouquet
 
 

Ce soir nous ferons, cap au nord. Il nous faut gagner des milles et profiter des bonnes conditions météo. La route est longue pour le Groenland et l’équipage est fatigué par ces longues nuits de navigation à veiller les icebergs. Nous savons qu'il nous faudra encore plusieurs jours de mer. Mais le grand nord se mérite. Nous avons fait le plein de crabe de neige dont je me régale chaque soir. Ils seront notre réconfort dans quelques semaines lorsque nous combattrons contre la banquise.

 

 

 
 
On scrute l'horizon pour repérer les icebergs