27 Juillet : Uummannaq

Près de deux jours de navigation avant d’atteindre le charmant village d’Uummannaq, ce qui signifie « cœur » en Groenlandais.

Nous croisons des dizaines d’icebergs, des arches, des dômes, des cathédrales de glace entre le bleue et le blanc, qui transpirent sous le soleil radieux. Certains se fracassent en deux, d’autres plus petits se retournent et il faut se méfier de la vague qui suit. 

 

 

Les icebergs, nos compagnons de route


Les icebergs sont devenus nos nouveaux compagnons de voyage et je ne me lasse pas de les écouter, de les observer. Ces  colosses de glace aux mille facettes me fascinent. J’imagine leur tirant d’eau et j’aime savoir qu’ils ne dévoilent qu’une infime partie de leur force. Je me raconte leur longue dérive depuis qu’ils ont quitté leur glacier et je leur invente une histoire après leur avoir donné un nom. 

 

 

A Uummannaq, une maison de pêcheur

 

Nous mouillons l’ancre dans le petit port et embossons (une amarre à l’arrière) pour ne pas gêner le trafic des bateaux de pêche. Bientôt un gros glaçon vient nous bloquer par l’arrière et nous contraint à nous écarter. 

 

 

Une réplique de la maison de Jean Malaurie

 

Nous sommes accueillis par Pierre, un Français, marin et peintre de la marine Danoise. Il se charge de nous montrer ce petit joyau dans lequel il est venu s’installer en 2006, sa femme Annie est médecin à l’hôpital. Elle est en charge de tout, elle accouche, soigne tous les maux, physiques et psychologiques et opère. Il y a paraît-il de nombreux cas de tuberculoses en ce moment. 

 

 

Un baptème avec le costume traditionel

 

Pierre nous fait visiter une maison qui a été construite en 1920 puis nous mène jusqu’à la réplique de celle de Jean Malaurie (qui habitait à Siorapaluk par 78° de latitude nord en 1950). En ressortant nous passons devant un séchoir à poissons, on y laissait aussi les kayaks en peaux de phoques afin qu’ils ne soient pas attaqués par les chiens. 

 

 

Marion en habit traditionel avec ses kamiks (bottes)

 

Un peu plus loin on trouve une ancienne marmite dans laquelle on faisait fondre de la graisse de baleines. Nous poursuivons notre tour par le petit musée qui était l’ancienne maison du médecin. Les artistes locaux viennent y exposer. Pierre est en charge de l’éducation artistique des enfants.  Son atelier vaut le coup d’œil, il enseigne avec une passion débordante et une sensibilité à fleur de peau. 

 

 

Loup dans la remise d'un chasseur avec tout son matériel

 

En fin de journée nous sommes invités chez Elisabeth, figure emblématique de la ville, elle est la couturière officielle de tous les costumes traditionnels. Marion est parée des pieds à la tête, elle a fière allure dans son habit de lumière.

 

 

Les chiens sont présents partout dans le village

 

Le lendemain nous avons la chance d’assister à un baptême où justement les familles ont revêtu leurs costumes traditionnels. Dans l’après-midi nous faisons une belle randonnée pour aller découvrir la maison du Père Noël. Eh oui ! C’est ici qu’il habite, et Marion n’en dort plus depuis qu’elle a appris la nouvelle. 

 

 

Uummannaq, le port et le village

 

Pierre a pris les chiens et Loup est aux anges. Il est paraît-il un très bon «  musher », les chiens lui obéissent immédiatement. 

 

 

Femmes en Kamik

 

Pas question d’attendre une minute de plus !!! Nous marchons d’un pas décidé, à peine le temps de cueillir quelques champignons et d’admirer le paysage. Nous arrivons au pied de la jolie maison verte. Il semblerait que le Père Noël vienne de quitter les lieux, sa tasse de café est encore là et les filles sont dans tous leurs états. Marion ne veut plus partir. «  Il va revenir, j’en suis sûre » s’exclame-t-elle en boucle.  Ce soir nous sommes invités chez Pierre et Annie puis nous lèverons l’ancre pour rejoindre Upernavik. 

 

 

La maison du Père Noel qui a servi dans un film. Marion y a déposé sa lettre pour les cadeaux

 

C’est une escale merveilleuse que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Le cœur d’Uummannaq bat désormais en nous. Merci à Pierre de nous l’avoir dévoilé.

  

 

Ici, pas de verdure, du caillou et un peu de poussière

 

  

Fleur Australe chatouillée par les growlers

 

 

 Loup et son chien Qerneq