En mer, direction Saint Jean de Terre Neuve

Position : 46°34 N / 53°56 W  au sud de Terre Neuve

Eau 9°5 C
Air  11°C
85 % d'humidité
 
Les deux derniers jours à Saint Pierre et Miquelon ont été riches en rencontres et en découvertes.
 
Nous avons eu la chance de découvrir Miquelon et sa nature exceptionnelle en compagnie de Roger Etcheberry, naturaliste passionné et passionnant qui nous a initié aux trésors de l'île. Au grand barachois, sur la lagune, des centaines de phoques viennent se prélasser sur les bancs de sable, nous allons leur rendre visite à marée haute en zodiac. Les filles s'amusent à les imiter faire la banane sur l'eau. On observe des phoques communs qui se reproduisent ici et des phoques gris qui quant à eux mettent bas sur l'île de Sable, au large de la nouvelle Ecosse. Quelques Sternes survolent le site et on repaire même quelques Sternes arctiques sur le banc de galet de l'isthme. L’enthousiasme de Roger et son émerveillement devant chaque détail de Mère nature est communicatif et les enfants sont fascinés. 
 
 
 
Les phoques se reposent sur les bancs de sable. Les mouettes ont pied !
 
 
 
 
 
La plante carnivore Sarracenia
 
 
Ils découvrent la Plate-Bière, une baie de couleur orangée qui pousse dans les tourbières, une sorte de mure. « L'archipel abrite 21 espèces d’orchidées  » m'explique fièrement le naturaliste natif de Saint Pierre mais qui a passé sa vie à Miquelon à observer la faune et la flore. Nous faisons le tour de l'île, croisons des chevaux sauvages et même des Lamas qui ont été importés. On fabrique du foie gras et du Kaplan fumé sur l'île. En fin de journée nous reprenons le bateau pour rejoindre Saint Pierre, les orques viennent nous saluer. Nous doublons l'îlot du Grand Colombier où nichent des milliers d'oiseaux, des guillemots, des petits pingouins et des macareux entre autres.
 
 
 
Décors de Far West sur Miquelon
 
 
 
Deux beaux orques croisent notre route
 
 
Nous quittons Saint Pierre le lendemain après avoir profité de cette dernière escale en France pour faire nos derniers achats. L'accueil qu'on nous a réservé à Saint Pierre comme à Miquelon nous va droit au cœur et je jette quelques fleurs à la mer en doublant l'Île aux Marins en espérant revenir un jour. Nous mettons le cap en direction de Terre Neuve, les baleines sont au rendez-vous. D'ici quelques jours nous croiserons nos premiers icebergs.
 
Iceberg 
 
Ces monstres de glace viennent de l’inlandsis, calotte glaciaire qui recouvre en quasi totalité l'Île du Groenland. Depuis des millénaires, l'eau douce venue du ciel sous forme de neige, s'est accumulée puis transformée en glace. Lentement elle a glissé vers la mer avec les glaciers qui, arrivés à la côte,  vêlent de gros blocs, les icebergs, qui s'en vont flotter sur la mer. Ils sont transportés par le courant du Labrador, qui descend du pôle. Ils longent les cotes de Baffin, du Labrador et de Terre Neuve et s'en vont dans l'Atlantique rejoindre le courant du Gulf Stream et fondre dans ce courant chaud venu des Caraïbes. On en a recenser au large des Açores.
 
 
 
La brume dans le port
 
 
 
L'isthme entre Langlade et Miquelon
 
 
Sur l'eau, ils ont des formes variées. La nature les a sculptés en chateau-fort, arche, dôme, ou simple galette de glace. On leur donne des noms différents suivant leur taille, icebergs, bergy-bit, growler. On ne voit qu'une petite partie de ce bloc qui flotte dans la mer salée. Les quatre-cinquième sont cachés sous la surface et sa profondeur peut atteindre plus de 150 mètres. Ce grand tirant d'eau, les font s'échouer sur les hauts fonds. Les plus petits vont s'aventurer près des côtes ou dans les fjords.
 
 
 
Avec Roger, naturaliste passionné, à la lagune du Barachois
 
 
 
L'Île aux marins sous le Soleil
 
 
Sur les bancs de Terre Neuve, ils sont un grand danger pour les paquebots transatlantique. Le Titanic a payé de sa vie et de celle de milliers de passagers. A l'époque, pas de radar pour prévenir de leur présence dans la brume épaisse. Il fallait alors veiller aux jumelles et ralentir la vitesse du navire. La concurrence entre ces paquebots et le chalenge d'être le plus rapide a été fatal au Titanic. Le commandant n'a pas voulu réduire la vitesse et la collision est devenue inévitable. Le monstre de glace a déchiré la coque laissant le navire et ses passagers agoniser dans les eaux froides du Labrador.
 
 
 
Le port de St Pierre et plus loin l'Île aux marins
 
 
Venant de New York, on les découvre une fois passé le Cap Race, extrémité sud de l'Île de Terre Neuve. Ils sont surveillés par les Coast Guard canadiens pour informer les navigateurs. Au large de St Jean, où l'on trouve des plateformes de forage pétrolières, des remorqueurs sont positionnés en chien de garde, et si l'un d'entre eux se dirige vers l'une plateforme, ils sont pris en remorque et détournés de leur trajectoire pour éviter la collision.