29 juillet : Upernavik

Départ d'Uummannaq dans la soirée. La lumière éclaire les falaises de l'Île Storoen, haute de plus de mille mètres. Elles prennent des couleurs ocre, marron. La météo est bonne et le vent sera léger de nord. Nous slalomons entre les icebergs qui brillent sous le soleil rasant, dans sa course longue et douce, l’astre solaire s’en va flirter avec les montagnes. Un doigt au-dessus de l'horizon, dans les jours prochains cette mesure effectuée le bras tendu devrait augmenter à deux puis trois doigts en nous rapprochant du pole. 

 

 

Escale à Upernavik entre bateaux de pêche et gros glaçons


Nous sentons les effets de ce pôle tant convoité. Le compas perd le nord. Nous nous rapprochons du pole magnétique qui lui aussi poursuit sa route vers le pole géographique. Il est actuellement à quelques degrés du pole géographique. Nous avons des problèmes avec le compas du pilote qui décroche. Philou doit passer sur le nouveau compas satellite installé il y a quelques semaines en prévision de cette navigation. Il n'a pas eu le temps d'effectuer les calibrations et va profiter d'un arrêt le long de la côte pour faire les derniers réglages. Pendant le passage du Nord-Ouest nous avions été obligé de barrer tout le temps à cause du compas qui ne fonctionnait pas. C'est l'attraction verticale vers le centre de la terre qui bloque les compas classiques.

 

 

Devant un iceberg, contemplation

 

Le vent se lève et nous oblige à tirer des bords, voile et moteur. La mer est courte et hachée. Une baie au pied de falaises nous offre quelques heures de repos. Le vent thermique va se calmer en soirée et nous permettre de reprendre la route. 

 

 

Douce couleur dans la soirée

 

Nous sommes accompagnés par un petit bateau de pêche qui bataille dur contre les vagues. Il roule et tangue, saute les vagues. Nous tirons au large. Il va à terre. Quelques heures plus tard il est derrière à quelques milles, on a gagné la bataille. Le vent se calme et à l'abri des îles, la mer  devient  miroir où le soleil de minuit vient peindre un faisceau doré qui parvient jusqu'à nous. 

  

 

Upernavik, accroché à sa montagne.
Le dernier gros village avant Thule

 

Dans la matinée nous apercevons Upernavik, un petit caillou où vivent quelques centaines d'Inuits. Port de pêche et aussi dernier aéroport avant Qaanaaq dans le grand nord. On a rasé la montagne et construit une piste en haut de l'île, cela ressemble  à un porte-avion.

 

 

Laura revient de l'épicerie avec un petit cadeau

 

Je lis Charcot, amoureux du Groenland. Il y a effectué grand nombre d'expéditions scientifiques surtout sur la côte Est. On se retrouve dans ses batailles avec la glace. Fleur Australe trace sa route comme le Pourquoi pas ? À travers les icebergs et bientôt avec la banquise.

 

 

 

Beaucoup de glace sur notre route