Présentation du bateau

Mis à l’eau en décembre 2008 à La Rochelle, Fleur Australe est un voilier de près de 20 mètres pensé par Philippe Poupon lui-même, dessiné par Michel Joubert et réalisé par le chantier Meta à Lyon. Il a quitté la France au mois de février 2009 pour une première expédition de 8 mois entre l'Atlantique, l'océan Arctique, et l'océan Pacifique. Depuis juin 2010, il réalise aujourd’hui un deuxième périple d’une durée de près de 3 ans  qui le mènera du Pôle Nord au Pôle Sud.

 

 

Un voilier fiable et performant


Conçu par Philippe Poupon à l’issue d’une expérience de plusieurs années de navigation en mers australes et antarctiques avec un premier voilier de 12 mètres, Fleur Australe est conçu pour la navigation et l’observation maritime sur toutes les latitudes. Doté d’une coque en aluminium renforcée, de cloisons étanches, de deux systèmes de chauffage et d’une timonerie abritée, ce prototype est taillé pour affronter les glaces. Il peut notamment résister aux «grollers», ces  blocs de glace nés de la désagrégation des icebergs. Sa quille relevable grâce à un puissant vérin hydraulique et son faible tirant d’eau lui offre un accès facile aux rivières et la possibilité de s’échouer.

 

Dès ses premières sorties, et aussi après la première expédition, Philippe Poupon exprime son entière satisfaction quant aux performances du bateau :


«C’est un bon bateau, abouti et efficace dès sa mise à l’eau ! C’est un véritable bonheur en navigation. Et avec le cockpit abrité, on a l’impression de manœuvrer en pantoufle. Le rêve ! On a fait de bons choix et je n’ai pas de regrets dans les options retenues. Une bonne équipe qui a donné de son savoir-faire et de son expérience pour atteindre les objectifs fixés. Le bilan est très positif ! Un grand MERCI à toute l’équipe et à Lulu qui a géré le chantier à terre ».


Gréé enketch, avec un mat d’artimonen carbone non haubané, le pont arrière de Fleur Australe lui permet d’accueillir deux bateaux pneumatiques avec du matériel spécifique pour la réalisation de prélèvements ou d’observations plus pointues.

 

Retour de Philippe Poupon sur le comportement de Fleur Australe en navigation :

 

-    Le voilier est équilibré à toutes les allures et stable au portant, allure délicate, surtout pour les bateaux à quille relevable dont le problème est de résoudre l’équation de la taille et de l’efficacité du safran.


-    Coté voiles, aucun soucis, bon équilibre, bonne taille de chaque voile, et le génaker de récupération recoupé est parfait (un peu fatigué et un peu fragile, on le ménage pour qu’il dure). Au portant, tangonné avec les grandstangons, son utilisation est simple et remplace un spi aux manœuvres plus délicates.


-    Les deux mâts sont parfaits. Le mat principal simple et robuste, les deux tangons rangés à la verticale et bien bloqués ne posent pas de problème de manœuvre. Les échelons dans les haubans et le nid de pie rendent quelques fois service pour détecter les hauts fonds. Le mât arrière en carbone remplit très bien son rôle de mât de charge. En mer, il est suffisamment raid.


-    Le cockpit et les manœuvres des écoutes, des enrouleurs, des retenues de bôme, des bastaques fonctionnent parfaitement et le winch électrique pour les enrouleurs et l’emmagasineur de génaker est idéal.


-    Au portant, vent arrière par 25/30 nœuds de vent, le bateau avance vite et le safran ne décroche pas.


-    Les pilotes réagissent d’une manière efficace. Les deux vérins ont été utilisés et le petit Lecombe et Schmit suffisent. Le safran est bien compensé et sa taille raisonnable le rend performant. Une hélice Auto Propre vient améliorer la traînée et les écoulements arrière.

-    La carène, le plan de quille et le système de safran, donnent entière satisfaction.


-    Aucun problème avec les différents plans porteurs, safran moteur et aileron en avant du safran principal.


-    La quille fonctionne parfaitement. Quelques échouages sur les bancs de sable et la banquise nous ont permis de tester son utilité. Avec le propulseur et le safran nous n’avons pas eu de mal à nous déséchouer.


-    Le vide laissé par la quille, en position basse dans le puits de dérive, bouillonne un peu dans certaines conditions de mer avec houle formée. Nous ressentons les à-coups au fond du puits. Cela ne semble pas affecter la vitesse car le bateau surfe bien au portant. Nous tenons des bonnes vitesses de 10 nœuds avec des pointes à 13 nœuds par 25/30 nœuds de vent portant.


-    Le safran moteur est efficace dans certaines conditions de vent fort où l’on a besoin de faire pivoter le bateau pour partir d’un mouillage.


-    Coté mouillage, le guindeau hydraulique est une merveille avec commande de la timonerie, le compteur de chaîne complétant le système à la perfection.


-    Les descentes arrières sont une merveille et d’une efficacité comme j’en rêvais. Les accostages du semi rigide à l’arrière, poue monter et descendre est parfaitement adapté, tout se fait en sécurité. Les mains courantes, l’échelle de plongée, tout fonctionne bien.


-    Les plages arrière pour le bateau pneumatique avec le mât d’artimon comme mât de charge, sont très pratiques.

 

Un bateau aménagé pour la vie à bord

 

 

Fleur Australe affiche une grande autonomie en réserve de nourriture et en énergie grâce à une excellente isolation : l’alimentation générale est assurée principalement par des panneaux solaires et une éolienne. L’utilisation de fioul est limitée au chauffage et au fonctionnement du groupe électrogène toujours nécessaire dans certaines conditions extrêmes.

 

Sa timonerie abritée augmente considérablement le confort de vie à bord. Elle constitue un espace polyvalent où on peut aussi bien dormir que manger ou même travailler (veille, barre ou navigation) grâce à la vue panoramique qu’elle offre.

 

La cuisine est grande et possède une configuration optimale qui permet de cuisiner comme à la maison avec la présence de plaques de cuisson et d’un four. Fleur Australe offre ainsi la possibilité de mener de longues missions avec un confort optimal.

 

Fleur Australe, qui peut accueillir un équipage de huit personnes au maximum, embarque tout le matériel de sécurité nécessaire : combinaisons de survie pour chaque équipier, balises de détresse, radar, communication par satellite, prévisions météo, etc. La présence  d’enfants à bord a néanmoins demandé quelques aménagements supplémentaires, comme l’installation de filets entre les filières ou la réalisation des gilets de sauvetage sur mesure.

 

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