Samedi 11 février : En attendant que cela se calme…

Journée au mouillage, pluie, neige,  40 nœuds de vent. Les iles sont recouvertes de blanc. Mauvais temps sur la péninsule Antarctique. Il vaut mieux rester dans notre refuge, notre bateau, coincés entre deux cailloux, à l’abri d’une falaise de glace. Les otaries continuent d’arpenter les rochers, indifférentes à la tempête. Les goélands sont tapis, protégeant leurs petits. Au sommet, les pétrels, véritables sentinelles veillent sur leurs poussins tandis que les manchots s’agitent en tout sens. Fleur Australe tire sur ses amarres. Le vent siffle.

 


Balade quotidienne.

 


Douceur du soir.



A l'abri d'une falaise de glace




Bientôt deux mois d’autonomie, je peux faire un petit point : les vivres ont été bien géré, elles ont bien tenu. Il nous reste encore six pommes et une dizaine d’oranges que nous gardons pour les enfants. Les adultes mangent plutôt des fruits secs. Sinon nous avons encore des oignons et du chou. J’arrive à varier les menus chaque jour ce qui est important pour le morale des troupes. Des curry, des gratins, des soupes, de la viande, des crevettes, des pates à toutes les sauces. On mange bien sur Fleur Australe. Loup nous fait de bonnes tartes et Philou fait le pain chaque jour.

 


Attention otaries !



Attention manchots!



Ce n'est pas une plage en polynésie, mais un bain de neige

 

Pour l’eau, les glaçons en grande quantité qui circulent autour du bateau et que nous ramassons chaque jour suffisent à remplir nos réservoirs et à satisfaire notre consommation. En ce qui concerne la pharmacie, nous avons pu à ce jour répondre facilement à toutes pathologies mais il n’y a eu heureusement que des petits bobos, mis à part ma grosse conjonctivite pendant la traversée.

 

Depuis une bonne semaine j’ai la main droite particulièrement gonflée et rougie. J’ai tout d’abord mis cela sur le compte du froid puis hier constatant qu’il n’y avait aucune amélioration et que mes doigts douloureux avaient encore enflés, j’en suis venue à consulter le livre de médecine et j’ai diagnostiqué une arthrite infectieuse, considérée comme urgence médicale grave. Il est conseillé de se rendre immédiatement à l’hôpital ce qui nous est impossible évidemment. Mon diagnostic a été confirmé par notre ami le docteur Antoine Grau au téléphone qui m’a conseillé de prendre un antibiotique à spectre large et à haute dose : de la pyostacine. Notre pharmacie de bord, par chance en compte. Je puis ainsi dire qu’à ce jour nous sommes bien équipés à tout les niveaux, en vivres, en pharmacie et que sur Fleur Australe nous arrivons à vivre en bonne autonomie, en pleine autarcie, sans manquer de rien et en étant capable de répondre aux petits problèmes qui apparaissent au fil des jours.

Vendredi 10 février : Rodman passage

Ce matin ce n’est pas la neige qui a envahie la Fleur mais de gros morceaux de glace. Nous profitons de tout ces growlers qui entourent le bateau pour faire le plein et les faire fondre sur le poêle pour remplir les réservoirs. En début d’après midi nous partons faire une longue promenade sur l’ile. Les pétrels géants y nichent. Ils protègent leurs poussins de la convoitise des skuas, prédateurs qui guettent le moindre faux pas pour se jeter sur leurs proies. Un peu plus loin des milliers de manchots adélie traversent une autoroute immaculée qui les mène de leur domicile jusqu'à la mer où ils vont faire leur marché.

Laura repère un bébé otarie qui est bagué. Attendrie par le joli petit animal, elle est à deux doigts de le caresser mais nous lui expliquons que les otaries, mêmes bébés, peuvent s’avérer dangereuse et que leur morsure est redoutable. A voir le petit animal qui montre ses dents et grogne, Laura semble convaincue. La lumière sur le chapelet d’iles est divine. Tout se joue dans une harmonie de gris, du plus pâle au plus foncé, envelopée d’une lumière dorée qui se reflète sur les étendues de neige et fait des ricochets dans les petites flaques d’eau. Au loin les icebergs nous encerclent et la houle se fracasse sur les brisants. Le spectacle est grandiose.

 

 

Marion en exploration sur notre ile



C'est Chausey avec de la neige et de la glace !



Les otaries sont de plus en plus présentes



Un bon abri pour le prochain coup de vent prévu pour demain



Laura a découvert une otarie baguée.



Cette petite otarie à un tag à chaque nageoire.



Les Pétrels Géant.

Jeudi 9 février : Tempête en Antarctique

Nous avons eu un bon coup de vent avec des rafales à 50 nœuds qui est arrivé hier soir avant la tombée de la nuit. Nous étions prêts, nous avions doublé les amarres à terre. En Antarctique il faut ouvrir grand ses capteurs. Mettre tout ses sens en éveille. Il faut prévenir et être vigilant car quand le vent est là avec des rafales et des Williwaw, il n’est plus question de sortir et de mettre le zodiac à l’eau. Cela devient dangereux. C’est donc la précaution qui prévaut.


Le capitaine est toujours anxieux dans ce genre de conditions. Est ce que les amarres vont tenir. Est ce que les câbles ne vont pas sauter du rocher sur lequel ont les a encerclés. Il faut penser à ce qui peut arriver et envisager le pire. Comment réagir sans panique. Assurer la sécurité de l’équipage est la priorité. Fleur Australe est bien équipé en matériel divers pour ce genre de situation afin de résister aux gros coups de vent. Du poste de pilotage, on peut observer le vent et les amarres à terre. C’est un confort bien appréciable.

8H00 : Le coup de vent est passé et c’est la neige qui a pris sa place. Ce matin nous sommes recouverts d’un épais manteau blanc.

 

Laura a trouver  son jardin recouvert d'une bonne couche de neige.

 

 

La joie des boules de neige.

 

Les enfants sont aux anges et nous avons organisé un concours de bonhomme de neige. Le premier prix est décerné à Loup.

 

Monsieur Neige

 

Loup grand vainqueur du concourt de bonhome de neige

 

Mais l’Antarctique reste le maitre imprévisible et nous devons lever l’ancre rapidement car le vent à tourné et on ne peut rester dans ce mouillage qui peut rapidement devenir un piège. Nous sortons au radar et au sondeur dans ce labyrinthe entre haut fonds et icebergs échoués. C’est une navigation hasardeuse qui demande toute l’attention du capitaine. Observer la couleur de l’eau pour détecter un rocher à fleur d’eau. Ne pas confondre avec un iceberg avec un ilot. C’est la joie de la navigation en Antarctique.
Nous faisons cap au nord vers un archipel secret. La houle est forte, les restes de la tempête. Les vagues brisent sur les récifs. Nous slalomons entre les ilots à la recherche de la petite passe qui nous ouvrira la clef du havre de paix pour une nuit tranquille.
La lumière du soir laisse entrevoir une lueur d’espoir pour un jour meilleur. On attend le soleil pour réchauffer nos corps engourdis par le froid des hautes latitudes.

Human Exploration of the South Pole

The words “Arctic” and “Antarctic” both come from the Greek word Arktos, which means “bear,” and refers to the constellation Ursa Major (“Great Bear”) in the northern sky. Although bears certainly populate the Arctic (the North Pole), they are entirely absent from Antarctica (the South Pole). Antarctica was the last continent to be explored by man, and its history is one of human adventure and scientific exploration.

 

Known as the 6th continent, Antarctica was the last land mass to be explored by humans.


“Adventurers” take possession of the continent


The first scientific explorer, James Cook, discovered the South Polar Circle in 1773 while on a mission for the British Crown. During the next three years, he made three attempts to determine the precise contours of Antarctica, convinced it was a continent, but unable to prove it. 
It ultimately fell to Russian explorer Fabien von Bellingshausen to establish, in 1820, that Antarctica was indeed an ice-covered continent and not simply a vast ice pack. Dispatched by Tsar Alexander I, Bellingshausen’s mission was to follow in the footsteps of James Cook. Two ships were chartered for the purpose:  a 600-ton corvette, the Vostok (117 men), and a transport sloop, the Mirnyi (72 men). The expedition lasted 2 years, from 1819 to 1821.
The first men to actually reach the South Pole, the Earth’s axis of rotation, were the Norwegian explorer Roald Amundsen and his team, on December 14, 1911.
In the late 1950s, a world-wide scientific project known as the International Geophysical Year triggered an era of Antarctic science. In the late 20th century, the continent once again became a destination for adventurers. In the 7 months between July 1989 and March 1990, French physician Jean-Louis Etienne co-led the longest overland crossing of the South Polar Circle ever accomplished, 6,300 kilometers, using three sleds, each pulled by twelve dogs, to transport equipment and food supplies.  This six-man team from the four corners of the globe covered the distance at a rate of 33 kilometers per day, skiing alongside the dog teams. Five years later, Norwegian cross-country skier Liv Arnesen became the first woman to reach the South Pole, skiing the 1,200 km between the Hercules Inlet base on the Antarctic coast and the South Pole in fifty days, solo and unsupported. In 1997-1998, Belgian adventurers Alain Hubert and Dixie Dansercoer followed in their footsteps by crossing the Antarctic from north to south (3,924 km) using skis and snow kites.
The frozen continent still holds many untold secrets and continues to attract more scientists and fascinated adventurers attempting to test the limits of the unknown.

 

Penguins, whales, and seals share the meager resources of Antarctica.


The Antarctic:  a unique environment for research


Research in Antarctica addresses such diverse topics as glaciology, meteorology, geology, astrophysics, and ecology. The continent is uniquely suited to studying the impact of global warming, whose effects are more “visible” there. These include:  the breaking off of giant plates from the ice pack, the arrival of species generally accustomed to warmer climates, and the decrease in Antarctic krill biomass, the keystone species of the Antarctic ecosystem.
Another advantage of the Antarctic as a research site is its location beneath the infamous “hole in the ozone layer” discovered in the 1980s. The erroneously named “hole” is actually a thinning of the ozone layer that is being closely monitored by scientists.
Be it in boats or at polar bases, scientists may be found around Antarctica all year long. The polar schooner Tara, for example, has dropped anchor there to study marine plankton. The frozen continent is home to thirty-two research bases, including the Belgian polar research station Princess Elisabeth, which has the distinction of being the first-ever “zero emission” station!

 

Tourists also explore the frozen continent by boat.

Text : Néoplanète

Photo crédits : Flickr-hinayana et b00nj

Les Hommes à la découverte du pôle sud

Arktos, qui signifie ours en grec, a donné naissance aux mots Arctique et Antarctique. Alors que l’Arctique (au pôle nord) est le pays des ours, l’Antarctique (au pôle sud) en est dépourvu. Dernière terre explorée par les Hommes,  ce continent est détenteur d’une histoire riche d’expéditions scientifiques et d’aventuriers.  

 

Appelé le 6ème continent, l’Antarctique est la dernière terre explorée par l’Homme.

 

Les « aventuriers » prennent possession du continent


Mandaté par la couronne britannique, le premier explorateur scientifique James Cook découvre le cercle polaire austral en 1773. En trois ans, il fit trois tentatives pour préciser les contours de l’Antarctique persuadé qu’il s’agit d’un continent mais ne pouvant le prouver. 
C’est le russe F. Bellingshausen, en 1820, qui établit qu’il s’agit d’un véritable continent recouvert de glace et non d’une banquise . Parti sur les ordres du tsar Alexandre Ier, l’explorateur avait pour mission de suivre les traces de James Cook. Deux navires furent affrétés pour l’occasion : la corvette Vostok (117 hommes) et le bateau de transport Myrnyi (72 hommes). L’expédition dura 2 ans, de 1819 à 1821.
le 14 décembre 1911 le Pôle Sud,  qui est l’axe de rotation de la Terre,  est atteint pour la première fois par le norvégien Roald Amundsen et son équipe.
A la fin des années 50, l’Année Géophysique Internationale donne le coup d’envoi de l’ère scientifique sur le continent. Les aventuriers se réapproprient le terrain à la fin du 20ème siècle. En 1989, la plus grande traversée de cercle polaire austral est réalisée par Jean-Louis Etienne en 7 mois. Pour cette expédition internationale de 6 300 kms, trois traîneaux tirés par douze chiens transportaient vivre et matériel.  Skiant à côté des attelages, les six hommes de l’équipe venus des quatre coins du monde parcouraient 33 km par jour. Cinq ans plus tard, la norvégienne Liv Arnesen devient la première femme à atteindre le Pôle Sud. Elle arpenta les 1 200 km qui séparent la base Hercules Inlet, sur la côte Antarctique, de son but en cinquante jours, à ski et en solitaire. Les Belges Alain Hubert et Dixie Dansercoer suivirent les traces de ces aventuriers en traversant l’Antarctique du nord au sud : 3 924 km parcourus à ski et tirés par des cerfs-volants.
Loin d’avoir livré tous ses secrets, Le continent gelé fascine  les aventuriers qui  ne cessent de repousser les limites de l’inconnu polaire et attire toujours plus de scientifiques.

 

Manchots, baleines et phoques se partagent les maigres ressources de l’Antarctique.


L’Antarctique : un lieu de recherche privilégié


Les recherches menées en Antarctique touchent des domaines aussi divers que la glaciologie, la météorologie, la géologie, l’astrophysique ou l’écologie. Il est un lieu privilégié pour analyser les effets du réchauffement climatique. Ses conséquences  y sont plus « visibles » : décrochement de gigantesques plaques de banquise, arrivée d’espèces habituées à un climat plus chaud, diminution de la biomasse du krill Antarctique, base de la chaîne alimentaire.
L’autre intérêt de l’Antarctique est qu’il est situé sous le fameux « trou dans la couche d’ozone » découvert dans les années 80. Victime d’un abus de langage, le « trou »,  il s’agit en réalité d’un amincissement, qui est l’objet d’une surveillance attentive des scientifiques.
Que ce soit en bateau ou dans des stations polaires, des scientifiques séjournent tout au long de l’année sur le continent gelé. La goélette Tara, par exemple, jette son ancre en Antarctique pour étudier le plancton marin. Trente-deux bases de recherches parsèment le continent gelé dont la station belge Princess Elisabeth qui a la particularité de n’émettre aucun gaz à effet de serre !

Les touristes aussi parcourent le continent gelé en bateau.


Texte : Néoplanète

Crédits photos : Flickr-hinayana et b00nj



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