Mercredi 15 février : Lemaire Channel

Nous traversons le cimetière aux icebergs. Charcot hiverna juste à coté sur Booth Island entre 1903 et 1905, un mouillage dangereux avec la proximité de tous ces icebergs, qui l’obligèrent à tendre des chaines pour fermer la baie. Enter 1908 et 1910 c’est à Petermann qu’il a hiverné à quelques milles plus au Sud. Je descends filmer « Fleur Australe » dans ce labyrinthe entre les monstres de glace. Nous embouquons ensuite le Lemaire Channel, que l’on appelle la Kodak vallée. Nous doublons l’impressionnant Cap Renard avec ses deux chapeaux de glaces éternels qui demeurent au sommet. Nous repérons un souffle de baleine. Les manchots sautent à la surface de l’eau dans le faisceau d’un rayon de soleil.

 

 

Lemaire channel


13h00 : Le vent tourne et se lève rapidement. Il est désormais Nord-Est, nous l’avons dans le nez. Ces sautes d’humeurs sont fréquentes en Antarctique avec des vents qui changent subitement et un temps qui passe du très beau au très mauvais en l’espace d’un instant. Nous doublons Pélagique au mouillage. Skip Novak et une équipe d’alpinistes sont là pour escalader le mont français.

 

Sur fond d'iceberg

 

Par le trou d'un iceberg


Une belle sculpture de glace


15h00 : Nous jetons l’ancre à Dorian Cove. Devant nous la très belle île d’Anvers et le mont Français qui culmine à 2 820 mètres. Nous débarquons, belle balade sur l’île Wiencke. Adrien de Gerlache l’a nommé ainsi en hommage à l’un de ses matelots sur la Belgica qui est tombé à l’eau durant la traversée pour arriver en Antarctique. Cette île toute en longueur est formée de deux chaînes de pics acérés qui enserrent un glacier. A partir de Dorian Cove impossible de rejoindre Port Lockroy, car si nous pouvons marcher en direction du glacier, à Port Lockroy c’est une falaise de glace inaccessible qui enserre le mouillage. A terre, entre la glace et les cailloux, sont plantés deux petites huttes colorées. La plus petite, orange, est un dépôt du service hydrographique de la marine Argentine.

 

Dorian Cove et les huttes

 

La porte est close, impossible d’y pénétrer. La seconde un peu plus grande est une ancienne station estivale qui servait entre 1975 et 1993 au transfert du fret et du personnel anglais arrivant par bateau et repartant par avion vers la base de Rothera, dans la baie Marguerite. Le choix de ce site était lié à la proximité du glacier qui était utilisé comme terrain d’atterrissage pour les twin-otter qui,  rejoignaient, le glacier de Rothera. Les bateaux souvent bloqués par la glace, ne pouvaient accéder que tard en saison sur l’île d’Adélaide. La station a été abandonnée lorsque Rothera a été en mesure d’accueillir des vols intercontinentaux. Elle est restée dans un parfait état de conservation comme la plupart des bases que nous avons visité jusqu’à présent. Dans la cuisine, les sachets de soupe de viande déshydratée se partagent les étagères avec des tablettes de chocolat datant des années 80. Il y a même un jeu de Monopoly en bois sur la table avec toutes les stations scientifiques Antarctiques et des duvets bien douillets sur les bannettes. Les 20 dernières années ne semblent pas avoir existées.

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