Vendredi 6 août : Grand nettoyage du bateau

Grand nettoyage du bateau. Changement des filtres à eau douce et du désalinisateur. Plein de fuel, plein d’eau. Nous replaçons les sondes Ifremer pour prélever température et salinité de l’eau.

Pendant notre absence, Beti est tombée à l’eau, heureusement Denis n’étais pas loin, il l’a repêché. Ici on ne parle pas du réchauffement climatique, mais du « Global Freezing ». Toutes les conversations tournent autour du froid qui règne sur Los Angeles, cet été. Ils n’ont pas connu cela depuis 1972. C’est vrai qu’il ne fait pas bien chaud et que le ciel est gris et brumeux. Mais aujourd’hui le soleil a fait son apparition, le ciel était d’un bleu éclatant. Les enfants sont allés dans un parc d’attractions faire des montagnes russes, ils se sont bien amusés. Demain, nous avons rendez vous avec une journaliste pour évoquer notre passage du Nord-Ouest. Une fois les derniers détails inhérents à la traversée, réglés, nous lèverons l’ancre au plus vite, certainement avant mardi, la date initialement prévue.

 


Marina Bora Bora et son phoque

 

Texte Rédigé par Géraldine Danon

Jeudi 5 août : Studios Universal

Los Angeles oblige, nous avions promis à Loup et Nina de leur faire visiter les studios Universal, c’est chose faite. Promenade à travers les plateaux, les Dents de la Mer, King Kong, Jurrasic Park, La Momie, Shreck… Il y a même la rue des Desperate Housewives. Démonstration d’effets spéciaux, le déluge, le tremblement de terre, le feu… On s’y croirait !


Water World


Loup et Nina découvrent un monde extraordinaire où tout n’est qu’illusion. Ils sont fascinés par les fausses rues plus vraies que nature. Le quartier des Westerns est particulièrement amusant, on s’attend à voir débouler John Wayne ou Clint Eastwood à chaque coin de rue. Je les avais visités en 95, mais cela n’a plus rien à voir. C’est fou ce que la technique en matière d’effets spéciaux a progressé. Désormais le « must », c’est la 3D, voir la 4D, ce qui signifie ici le toucher, c'est-à-dire essentiellement se prendre des trombes d’eaux sur la figure ou bien se faire chatouiller par des araignées ou autres bestioles lors des différentes attractions proposées après la balade dans les studios.

 


Les dents de la mer

 

Nous passons le reste de la journée à régler les derniers détails avant la traversée, vaccin du chien, envoi des prélèvements Ifremer, des K7. Les toilettes commandées devraient arriver demain. Nous avons changé de marina, celle-ci est nettement plus agréable. Elle est située juste en face, toujours sur la marina Del Rey. Pour saluer notre arrivée, une otarie nous attend sur le ponton.

 

Texte Rédigé par Géraldine Danon

Mercredi 4 août : Los Angeles

Los Angeles, c’est quatorze villes en une. On est d’emblée interpellé par ce trafic permanent et monstrueux. Les routes se croisent, ça s’emballe, c’est complètement fou. Mais où vont-ils tous, vers quelle sphère qui nous est inconnue !
Quel contraste pour nous qui arrivons de la mer, qui restons des journées entières sans croiser âme qui vive, à guetter le moindre souffle de vie.

Hier j’ai découvert le Down Town Los Angeles, le « financial district ». Je n’y étais jamais allé. On se croirait plongé dans un film de science fiction. Des tours, des hôtels hallucinants avec piscine panoramique sur le toit au milieu des gratte-ciels, décors archi design, projection de films très « art contemporain ». C’est New York 2020. Puis on reprend l’autoroute encore et encore. Ma meilleure amie est devenue madame  GPS. De sa voix suave elle me ramène à l’ordre : « Keep the left », « Follow Santa Monica »… Beverly Hills, Vénice qui est en fait un ancien champ de pétrole, Malibu, Hollywood…

 


Devant Hollywood


Il faudrait plus d’une vie pour découvrir Los Angeles. Aujourd’hui j’ai emmené les enfants sur la colline voir l’insigne Hollywood, puis petite promenade au pays des stars, Loup et Nina mettent leurs mains dans les empreintes de Georges Clooney, Johnny Depp, Frank Sinatra. Il y a même Michael Jackson, en chair et en os à côté de son étoile. Le bruit court qu’il est toujours en vie. Ici, plus rien ne nous étonne.



Avec Michael Jackson

 

Nous sommes bientôt prêts pour la grande traversée, inventaires, stocks de nourriture, de pharmacie. La météo pour la semaine à venir a l’air bonne. Nous devrions prendre la mer mardi pour les Marquises.

 

Texte Rédigé par Géraldine Danon

Mardi 3 août : Centre océanographique

Nous prenons la route, vers 9h00, en direction de San Diego pour rencontrer Pete Davidson, un scientifique qui fait partie du Scripps Institution of Oceanography. Nous arrivons vers midi, l’institut se trouve sur le front de mer, 1300 scientifiques y travaillent. L’endroit est très agréable. Nous déjeunons au petit snack de l’institut, face à la superbe plage de la Jolla, à quelques kilomètres de San Diego.

Pete nous reçoit dans son laboratoire, il est à l’origine de l’expédition Seaplex, accompagné d’un groupe de scientifiques, il a passé 19 jours sur l’océan, dans la zone du Great Garbage Pacific, en août 2009 afin d’étudier et de décrire l’abondance du plastique et son impact sur les espèces marines. L’existence du Great Garbage Patch a été prédite dès 1988 par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), sur la base de recherches menées en Alaska.

 

On dit souvent que le tourbillon de déchets « le trash vortex » du nord de l’océan Pacifique s’étend sur une zone aussi grande que le Texas, Pete le confirme, mais il rajoute qu’il est fort probable qu’il s’agisse d’une zone bien plus vaste. Lorsque nous évoquons l’île en plastique, dont on parle souvent, il rigole, ce ne sont que des petits bouts qui flottent dans l’eau. En mer, sous l’influence du soleil et l’action du courant, le phénomène de biodégradation prend plus de temps, c’est pourquoi ces déchets se transforment en particules plus petites. L’île est une fausse image lancée par les journalistes en quête de spectaculaire. Si cela peut alerter l’opinion publique tant mieux. Ce qui est avéré, c’est qu’environ 6 kilos de plastique, pour un kilo de plancton ainsi que d’autres déchets polluants dérivent en cercle, emportant avec eux des poissons morts, des mammifères marins et d’autres oiseaux qui se retrouvent piégés. Certains des déchets de ce tourbillon, non-biodégradables ne seront pas détruits avant de très nombreuses années,

 


Avec Mario Aguilera à San Diego responsable du centre Océanographique de San Diego



survivant ainsi à ceux qui les ont jetés ! Environ 100 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, 10% finissent dans l’océan. On estime que 80% des ordures proviennent de sources terrestres, et 20% des navires. Certains cargos jettent encore leurs poubelles à la mer, dont une partie finit dans le patch. On y retrouve aussi régulièrement, des filets de pêche abandonnés. Le plastique se désagrège en morceaux toujours plus petits tout en restant un polymère. Ce processus se poursuit jusqu’au niveau moléculaire. Ce sont les déchets les plus larges qui sont pris pour de la nourriture par les oiseaux. Selon les estimations, près d’un million d’oiseaux de mer et près de 100 000 animaux marins et tortues de mer meurent chaque année  suite à l’ingestion de plastique. On retrouve ces plastiques dans leurs estomacs. Il y a aussi un autre problème, les plastiques agissent comme des  éponges chimiques, ils peuvent ainsi concentrer des polluants plus nocifs : « Persistent Organic Pollutants (POPs) ».

 

 

Devant le panneau de la Scripps Institution of Oceanography at San Diego

 

Ainsi de nombreux animaux, en consommant ces morceaux de plastique, sont empoisonnés par des produits hautement toxiques. Les toxines contenant des pièces en plastique sont également consommées par les méduses qui sont ensuite mangées par de plus gros poissons. Bon nombre de ces poissons sont ensuite consommés par les humains, entrainant ainsi l’ingestion de produits chimiques toxiques. Ces plastiques flottants affectent aussi les écosystèmes en recréant une surface stable pour le développement de certains organismes. Certaines plantes et animaux peuvent être transportés loin de leur habitat normal. Ils deviennent ainsi des nuisances pour d’autres espèces. Le tourbillon crée par la force de Coriolis est une conséquence de la rotation de la Terre. Dans cette zone de haute pression et de vent calme, le courant et le vent tournent dans le sens des aiguilles d’une montre, entrainant dans une spirale les déchets autour de l’océan Pacifique Nord. Il semblerait que le même phénomène existe aussi dans le Pacifique Sud. Il finit en nous expliquant que le vrai combat aujourd’hui est d’arrêter le processus. Ils n’ont malheureusement pas trouvé le financement pour affréter un navire en vue d’une nouvelle expédition. Aujourd’hui les étudiants qui ont pris part à cette mission sont dans la phase d’analyse de ce qu’ils ont récolté. Ils ont utilisés un petit appareil en forme de raie Manta pour attraper les débris. « Dr Fish », c’est comme cela que l’on le surnomme. Pete Davidson prend congé de nous, son temps est précieux. Nous regagnons Los Angeles, la famille nous attend. Le trafic est dense, comme toujours par ici.

Texte Rédigé par Géraldine Danon

Lundi 2 août : Beverly Hills

9h00 : Nous avons rendez vous, dans un magasin spécialisé,  entre autre, en adoption de chiens. La dame craque littéralement devant nos petits chiots. Nous lui laissons Juneau et Geronimo, elle est ravie, elle n’aura aucune difficulté à leur trouver une famille. Nous les avons menés à bon port, nous en sommes fiers.

Ils auront bientôt 2 mois, ils sont sevrés. La séparation avec les enfants, en particulier avec Loup a été difficile. Nous avons gardé Maya, la femelle.  Philou a acheté du contreplaqué pour lui faire une niche. En fin de matinée, nous sommes allés visiter le très chic Beverly Hills, magasins ultra chics, hôtels de luxe et restaurants branchés, Rodéo Drive est à la hauteur de sa réputation qui en fait l’une des rues les plus chics au monde. Histoire de changer complètement d’ambiance, j’emmène les enfants se promener à Vénice Beach.

 


Venice Beach


Le contraste est saisissant, des marchands ambulants, des tatoueurs, des rappeurs, des rollers, des vélos, ça fourmille de monde en tout genre. Tous les 3 stands on vous propose de la marijuana à titre curatif évidemment. Il s’agit de faire un drôle de bilan de santé avec un médecin pas très clair puis on vous délivre votre « licence », c'est-à-dire votre permis de fumer. En prime, on peut repartir avec la machine à faire pousser l’herbe. Nous sommes décidemment dans une autre dimension. Plus sérieusement, nous prenons la route demain pour San Diego, nous avons rendez vous avec Pete Davidson, un des scientifiques du Scripps Institution of Oceanography.

 


Rodeo Drive

 

Dimanche 1er août : La Californie

Un véritable dimanche Californien. Nous avons pris la West Coast Pacific ce matin en direction de Malibu et de sa longue plage de sable blanc. Petit arrêt dans la Villa de Paul Getty qui abrite une vaste collection d’antiquités grecques, romaines et étrusques. C’est l’une des plus belles collection d’art antique aux Etats-Unis.

 


Maison sur pilotis à Malibu


La Villa Getty a pour modèle la Villa Dei Papiri, une maison de campagne romaine d’Herculanum, ensevelie par l’éruption du Vésuve en 79 après J-C. Après la visite de cette somptueuse demeure devenue un musée, nous longeons la plage, c’est le paradis des surfeurs. Bain de mer, partie de rigolade dans les rouleaux, un groupe de dauphins s’amusent juste à coté de nous.

 


Malibu Beach


Les grosses vagues se brisent violemment sur la plage, au pied des maisons montées sur pilotis. Il semble que l’érosion ait réduit l’espace de la dune. Le soleil est au rendez vous, les Harley Davidson vrombissent, les blondes californiennes ont sorti le string. On se croirait dans une série télé, les « life guard » n’ont pas le décolleté profond de Pamela Anderson, ce sont de charmants jeunes hommes, quand même vêtus de rouge. Ca joue au beach volley, au frees bee, ça chante, ça danse. C’est joyeux, les maisons sont jolies, l’architecture éclectique et colorée.
Nous rentrons au coucher du soleil. Santa Monica puis Venice et sa folle ambiance. Il est 20h00, le brouillard tombe comme une chape de plomb sur le Washington boulevard. Décidément Los Angeles est bien changeante. On passe d’une atmosphère à l’autre en moins d’une minute. Ce n’est pas pour rien que c’est la ville du cinéma.

 


Marion dans la Villa Getty

 

Texte Rédigé par Gérarldine Danon

Samedi 31 juillet : Marina Del Rey

Après une nuit à naviguer, sur une mer calme, poussés par un faible vent de nord. Temps froid et léger crachin. A 7h00 Los Angeles, perdue dans la brume se dessine à l’horizon. Nous entrons dans le port de Marina Del Rey.

Nous doublons des yoles guidées par des petits bateaux à moteur, les sportifs attaquent de bonne heure. Il fait gris et brumeux, très humide. Un panneau publicitaire traîné par un bateau nous croise. Un autre, demande d’utiliser les bacs à eaux grises et noires et de ne rien rejeter à l’eau. C’est avec une certaine émotion que je vis cette arrivée à Los Angeles. J’y ai de jolis souvenirs de cinéma. Quant à Philou, il y est venu il y a trente ans sur Pen Duick VI avec Eric Tabarly. Tout l’équipage est debout. Les enfants ne veulent rien rater de cette arrivée, certes moins impressionnante que celle de San Francisco mais tout aussi mythique. Ils prendront conscience de l’endroit et de l’ampleur de cette ville exceptionnelle lorsque nous irons nous promener.

 


Panneau publicitaire

 

10h00 : L’accueil à la Marina Del Rey n’est pas des plus sympathique. Nous filons à l’aéroport louer une voiture, obligatoire, dans cette ville démesurée. Direction Melrose et Sunset Boulevard, dans West Hollywood, à une heure de route. C’est le quartier que je connais le mieux. On est d’emblée frappé par la bonne humeur ambiante, les gens sont joyeux et disponibles. Nous ne devrions pas avoir de problèmes à donner nos chiots. La gente canine semble régner de main de maître sur la ville, magasins spécialisés avec toutes sortes d’articles ridicules, nounous, taxis… Ils promènent même leur chien en poussette ! Petite balade dans Hollywood, affiches géantes, studios de cinéma, tatouage. Les enfants sont aux anges … dans la ville des anges. De retour vers 21h00, des milliers d’étoiles scintillent sur Los Angeles, la ville folle.

 


Marina Del Rey

 

Texte Rédigé par Géraldine Danon

Vendredi 30 juillet : En route pour Los Angeles

10h00 : Après une nuit agitée passée à se faire brasser dans nos bannettes. Marion n’a pas fermé l’œil de la nuit. Le vent a molli et nous sommes désormais grand voile, génois et gennaker tangonné.

Vent arrière 15 nœuds. Température extérieure 13 degrés. Le temps est gris et humide. Une petite houle nous fait rouler. Nous marchons à 6 nœuds. A l’aube, nous avons aperçu des dauphins. Trois albatros de Laysan nous survolent, majestueux.

 


Nos 2 petits chiots


17h00 : Le vent a forci. Nous avons quitté le tampon nuageux. Le ciel est d’un bleu éclatant. Nous longeons la côte aride et désertique. Nous empannons, artimon, grand voile, génois et génaker déroulés. Nous filons toutes voiles dehors vers les longues plages de Malibu, poussés par un vent de nord ouest, 18 nœuds. Nous arrivons dans la baie de Santa Barbara puis doublons la pointe Conception. Nous marchons à 8,5 nœuds. Nous devrions atteindre Los Angeles dans la matinée.

 


En route pour L.A.

 

Texte Rédigé par Géraldine Danon

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