Samedi 12 juin : Départ de Juneau

17h00 : Nous levons l'ancre direction Glacier Bay. Beti est sur le point de mettre bas, elle tourne en rond et gratte l'oreiller qu'on lui a mis à cet effet, sous la table du carré. Dehors, il pleut des trombes. Depuis ce matin, l'air est froid. Température extérieur 9°. température de l'eau 13°. Latitude 58°22 N  Longitude 134°39 W. J'ai hâte que le vent s'engouffre dans nos voiles et que le souffle de l'aventure fasse de nouveau frissonner nos corps.

18h00 : Nous zigzaguons dans les canaux entre Juneau et la baie des glaciers, à 55 milles de là. Vent modéré de sud. Philou déroule le génois. Nous guettons les baleines à bosse,  apercevons un ours sur le rivage à la lisière de  la forêt. Petit crachin, temps gris, nuageux. Quelques sommets enneigés dominent une végétation luxuriante et dense. C'est la deuxième plus importante "Rain Forest" au monde après l'Amazonie. Impression d'immensité. Marchons à 8,8 nds. Un hydravion nous survole. C'est l'Alaska.

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

Vendredi 11 juin : Congratulation

Philiou est enfin arrivé après un convoyage mouvementé entre Sand Point et Juneau, avec du mauvais temps et des dépressions pour accueil. Géraldine et les enfants l'attendaient de pied ferme.

Nous avons retrouvé la Fleur, Philou, Denis et Beti hier soir, pour notre plus grand bonheur. Nous relâchons dans le charmant petit port de pêche de Auke Bay, au nord de Juneau. Journée pluvieuse consacrée à s’installer, à retrouver nos marques à bord, à ranger le bateau.

La surprise du jour, nous la devons à Beti. Philou m’avait écrit dans un de ses mails,  qu’elle avait grossi et qu’il trouvait ses mamelons gonflés. Ce matin, à la première heure, nous la conduisons chez le vétérinaire qui confirme : « Elle est enceinte de trois petits chiots et devrait mettre bas dans les jours à venir. Congratulation ! » Tête ahurie de Philou, mine dépitée. Pour une surprise, c’est une surprise ! La famille va donc s’agrandir. Il nous reste à espérer que l’accouchement se passe sans embûche. Après une courte visite au musée et un rapide déjeuner à bord, au menu succulent crabe d’Alaska, nous quittons le bord, direction le grand supermarché pour faire un plein de frais. Nous reprendrons la mer ce soir ou demain, tout dépendra de l’imprévisible gourgandine qui décidément nous aura tout fait…

 


"Fleur Australe" à Auke Bay Habour, Alaska

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

Jeudi 10 juin 2010 : Juneau

Nous sommes enfin arrivés à Juneau. Après un long voyage avec beaucoup de bagages et des enfants surexcités, l’expédition « du pôle nord au pôle sud » peut  commencer.

 

 

Catherine qui était déjà venue me prêter main forte aux Antilles, l’année dernière, fait partie du voyage. La petite tribu est au grand complet : Nina, Loup, Laura, Marion et moi. Nous attendons Philou qui devrait arriver dans la nuit. Parti de Sand Point il y a 8 jours, il traverse le golf d’Alaska avec Denis, l’équipier instituteur et Beti, notre petit chien, fidèle au poste. Ils ont eu mauvais temps et ont pris un peu de retard. Nous sommes impatients de retrouver la fleur et de partir pour de nouvelles aventures. Excités à l’idée de reprendre la mer et nos habitudes à bord . Enchantés par la perspective de ces nouveaux horizons et de ces prochaines destinations qui s’offrent à nous.

 

Ce matin, histoire de nous plonger directement au cœur de l’Alaska, nous avons pris un hélicoptère jaune qui nous a menés sur le Muldol    and Glacier. Toute la famille a fait une longue balade en chien de traineau.  C’était tout simplement magique. Un panorama à couper le souffle. Le cœur de l’Alaska, « la dernière frontière » comme ils aiment dire ici. Ce glacier est omniprésent, il semble être l’âme de Juneau. La capitale de l’Alaska est une ville touristique, d’immenses paquebots déversent chaque jour, des flots de touristes, à l’assaut de ces glaciers et de ces trésors cachés. L’or et la pierre sont ses principales ressources ainsi que la pêche et le tourisme.

 

 

Après cette magnifique escapade en chien de traineaux qui nous a donné le ton en nous immergeant  dans le vif de cette nature sauvage, époustouflante. Nous profitons de nos dernières heures à terre pour nous acclimater. C’est un parfait palier de décompression avant la grande plongée.


Texte rédigé par Géraldine Danon

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