Vendredi 25 juin : Queen Charlotte City

9h00 : Nous sommes de retour au musée, afin de suivre ce que l’on appelle « L’orientation » : une petite initiation visant à nous délivrer un permis nous autorisant l’accès à la réserve du parc national, site du patrimoine Haïda.

Grâce à cette petite formation nous pourrons nous rendre dans les Gwaii Haanas (les îles de beauté), à l’extrémité sud des îles de la Reine Charlotte et visiter les cinq plus  anciens villages des gardiens de Haïda Gwaii. Après nous avoir fait visionner un petit film nous expliquant les règles à suivre ainsi que l’histoire de cette réserve, nous repartons, permis en poche. Nous regagnons le bord, notre charmant voisin québécois nous offre un Sockeye Saumon, à la chair rouge , que je prépare cru, en sashimi, en sushi et en carpaccio tandis que Philou lève l’ancre. Direction les îles de beauté.


 

 

 

Les monts San Cristoval, forment l’épine dorsale des Gwaii Haanas, ils atteignent une hauteur de 1123 mètres au mont de la Touche. Les zones supérieures de cette chaîne sont dominées par la pruche sub-alpine et la toundra alpine. Les zones inférieures sont recouvertes de thuyas, de pins et de pruche occidentale. La faune et les flores distinctes de l’archipel ont évolué depuis des milliers d’années. Bon nombre d’espèces continentales ordinaires sont absentes de ces îles ou s’y sont transformées en des  sous-espèces uniques,  comme par exemple l’ours noir, la martre des pins, la souris sylvestre et l’hermine.

 

D’autres espèces comme le cerf, l’écureuil, les sitka, le castor, le raton- laveur et le rat ont été introduites récemment et s’y trouve  maintenant en grand nombre au détriment de la végétation et de la faune indigènes. On estime que 1,5 millions d’oiseaux nichent du mois de mai au mois d’août le long des 4700 kilomètres de littoral que compte ces îles. La moitié ont élu domicile aux Gwaii Haanas : les macareux rhinocéros, le guillemot à cou blanc, le macareux huppé, le macareux cornu, le starique de Cassin, l’océanite cul- blanc, l’océanite queue fourchue, le guillemot marmette, le cormoran pélagique, le  pygargue à tête blanche, le faucon pèlerin de Peal… l’archipel étant situé sur la voie migratoire du pacifique, des douzaines d’oiseaux migrateurs font escale dans ces îles au printemps et à l’automne.

 

 

 


La première île dans laquelle nous relâcherons est à 50 milles : Gandl lk’in Gwaay-yaay, île Hotspring : c’est l’île des sources thermales. Les enfants sont joyeux à l’idée d’aller barboter  dans ces sources chaudes.
C’est à la suite d’un affrontement entre les Haïdas et l’industrie forestière, qui en 1985 a attiré l’attention du monde entier, que le conseil de la nation Haïda et le gouvernement du Canada ont négocié cette entente pour classer réserve nationale les Gwaii Haanas et préserver ce site. Ce  peuple fort et mystérieux me fascine de plus en plus. Il vit dans ces îles depuis 12000 milles ans, elles sont pour eux source d’inspiration et de subsistance. Je me réjouis d’aller à la rencontre de leur monde, à travers leurs légendes et leurs coutumes.
La mer est calme. Petit vent de sud léger. Ciel gris chargé d’altostratus découvrant un horizon presque bleu. Il fait doux. 16°. La fleur vogue vers les Gwaii Haanas. L’équipage  a le cœur tranquille.

 

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

 


Le capitaine à la pêche

 


Le capitaine et un autre bateau

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