Mardi 6 juillet : Henry Larsen

10h00 : Le soleil brille de tous ses feux sur Vancouver, le ciel est d’un bleu éclatant et la visibilité est telle que l’on aperçoit les éternels volcans de neige du Mont Baker, au sud de l’état de Washington.

13h 00 : Nous allons visiter le Musée Maritime. Le bâtiment  a été construit autour du Saint Roch, le célèbre bateau de Henry Larsen qui en est la pièce maîtresse. Le toit pointu permet d’abriter les mats du bateau.

De 1940 à 1942, le St Roch a effectué le passage du Nord Ouest en traversant  l’Arctique de Vancouver à Halifax. Il a mis 27 mois à accomplir ce voyage, passant le premier hiver dans la baie Walker et le deuxième dans la baie Pasley où nous nous sommes arrêtés l’année dernière.

En 1944, il a effectué le passage dans l’autre sens, (de Halifax à Vancouver) en empruntant une route plus au nord, celle que nous n’avons pas pu prendre l’été dernier car elle était obstruée par la glace. Il a réussi ce voyage en 86 jours seulement.

 


Fleur Australe à Vancouver au coucher du soleil


Entre 1928 et 1948, le St Roch a passé 21 étés et 12 hivers dans l’Océan Arctique où il fit 8 voyages au total. Pendant l’été, il patrouillait le long de la côte ouest de l’Arctique canadien. Il  ravitaillait les postes de police et transportait des passagers. Il y restait parfois l’hiver, ancré en toute sécurité dans une baie. De là, les policiers partaient en traîneaux à chiens rendre visite aux Inuits.  Ils enquêtaient sur les crimes, faisaient respecter les lois sur la chasse et veillaient au bien être des Inuits. Le St Roch est aussi le premier bateau à avoir effectué le tour du continent Nord Américain en passant par le canal de Panama avant de revenir à Vancouver en 1944 puis il fut retiré du service actif. Le gouvernement du Canada le restaura pour lui restituer son aspect d’origine.

 

Philou s’intéresse de près à la construction de ce bateau à moteur de 30 mètres avec 2 mats d’appoints. Ce n’est pas un brise glace mais il a été construit pour résister à la pression de la banquise. Sa double coque est faite de sapin de Douglas. Elle est protégée par des plaques d’acier sur sa proue, et ses flancs sont recouverts de planche d’eucalyptus, ce qui l’empêche d’être râpée par le frottement des glaces. La forme arrondie de sa coque lui permet de se soulever lorsque les glaces font pression, de sorte que ces dernières ne peuvent la broyer. Nous grimpons sur le pont, il y a un safran de secours qu’il pouvait changer seul en mer, des traîneaux, des chiens empaillés, un morse.  Nous visitons le St Roch et observons les moindres détails, poste d’équipage, carré, cuisine, cabine du capitaine Larsen, celle du radio-télégraphiste et celle des deux ingénieurs.

 


Henry Larsen sur le pont de son bateau le Saint ROCH


Il y avait 11 membres d’équipage au total dont six avaient une cabine. Après cet après-midi passé au musée, nous prenons un petit ferry qui nous promène dans la False River. Nous naviguons une heure durant dans ce bras de mer, au pied des gratte-ciel. Vancouver est définitivement très maritime, des petites plages, des marinas et beaucoup de bateaux. Au terminus, à Science World, nous prenons le Sky Train qui nous ramène jusqu’au centre ville d’où nous longeons à pied le front de mer jusqu’à notre petite marina. De retour au bateau, quelques canards barbotent tranquillement tandis que les rameurs profitent du soleil couchant. Il flotte dans l’air de Vancouver, une véritable douceur de vivre.

 

Texte rédigé par Géraldine Danon

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