Les îles Kouriles, Russie

Nous quittons Kushiro à la nuit tombée après avoir dégusté un dernier sushi, tradition oblige…

Deux mois passés à sillonner le long des côtes du Japon, des eaux chaudes du sud et de ses raies Manta, aux eaux glacées de l’île d’Hokkaido et de ses volcans dans le nord. Voyage extraordinaire chez un peuple aux traditions séculaires, un peuple pour qui le respect des règles est essentiel, un peuple d’une gentillesse incroyable, bien loin de nous latins extravagants, mais ici les codes sont différents, et nous n’avons fait qu’effleurer un monde attachant et un pays de toute beauté, avec ses coraux, ses cerisiers, ses montagnes et ses volcans.

2019 03 24 fa 11Nous laissons donc le pays du Soleil Levant dans notre sillage, la Lune se lève et la mer s’allume. Le vent nous porte vers le nord et au bout de l’île d’Hokkaido, nous entrons en Russie.  Les îles sont recouvertes de neige. A la pointe nord du Japon, un « Coast Guard » dans sa parure blanche, veille sur la frontière. A la radio VHF, une autre langue, plus ferme, plus virile, les russes, la belle langue de Tchékhov nous ensorcelle de son chant mélodieux.

Devant nous un chalutier traîne son filet. Il est gris, de forme ancienne, bien différent de ses collègues japonais. Nous avons changé de monde.

Nous avançons dans la traîne d’une des dépressions qui sévissent dans ces eaux tumultueuses. Elles prennent naissance dans la mer d’Ostrov. L’air venu de Sibérie et l’air chaud venu du Pacifique se mélangent et ces dépressions se renforcent en mer. Les traînes s’enchaînent et il va falloir ruser pour se faufiler entre les tempêtes. Nous gagnons des milles pour atteindre un premier mouillage. Ils sont malheureusement peu nombreux dans l’archipel des îles Kouriles. Nous analysons depuis plusieurs jours les fichiers météo, les cartes des glaces et échafaudons des plans pour nous protéger des coups de vent à venir.

Devant nous « Chikotan Island » et ses cônes volcaniques recouverts de neige. On croise des petits glaçons, venus de la mer d’Ostrov que la banquise recouvre de sa blancheur impénétrable en hiver. L’eau est froide, avec 1°C sous zéro, et l’air est de -3°C. Les embruns gèlent sur le pont et recouvrent les filières et le balcon avant, d’une peau de glace qui ressemble à des stalactites comme le fait remarquer Marion. Pour prendre un ris dans la grand voile nous prenons toutes les précautions. Nous sommes rentrés en région polaire. Les oiseaux sont nouveaux, des pingouins qui rasent l’eau, des vols de cormorans, l'omniprésent Goéland argenté et cette lumière d’une pureté absolue propre à ces contrées sauvages que le froid habite.

Nous mouillons dans une baie bien protégée. A terre quelques arbres et des herbes jaunies par la rudesse de l’hiver. Des pans de neige recouvrent encore les montagnes, des cascades de glace viennent lécher la mer, quelques phoques recherchent la caresse du soleil. C’est beau !

Nous avons la visite des « Coast Guard » russes qui nous ont repérés.  De solides gaillards blonds avec leur chapka en fourrure, montent à bord. Ils sont accueillants et curieux de rencontrer une famille française dans ce paysage désolé. Ils connaissent Gérard Depardieu et s’empressent de faire une photo avec nous. Nous voilà en Russie, bien accueillis et presque célèbres…

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