10 Décembre : Traversée - Lat 57°56 SUD Long 63°24 Ouest

Le vent forcit, 30 nœuds. Marion a été malade une bonne partie de la nuit et Loup n’en mène pas large. Nous sommes génois tangonné et grand voile. Nous marchons à 9 nœuds avec des pointes à 14 nœuds. La Fleur frémit de plaisir à l’idée de s’enfoncer dans le Grand Sud. 

 

 

 

 

L’équipage quant à lui est plutôt maussade. L’humeur est au gris comme le ciel, comme la mer, comme l’horizon. Il y a beaucoup de condensation dans le bateau. A l’aide d’un film transparent spécifique, le capitaine isole les hublots de la timonerie. Il dépose son film puis le tend à l’aide du sèche cheveux, véritable ami du marin. Celui-ci se transforme en une parfaite peau de tambour. « C’est une petite ruse que m’avait confié Jérome Poncet », me confie Philou rieur.

 

 

 

 

Je sors filmer. Le vent rugit, la mer gonfle. J’ai bien du mal à tenir debout et ce sale petit crachin qui n’a l’air de rien mais nous trempe sournoisement en moins de deux. Ernesto prend un ris dans la voilure. Je suis désormais deux fois Cap Hornière, ça s’appelle de la récidive ou du masochisme plutôt.

 

 

 

 

Chaque jour Loup m’aide à apprendre le texte de ma prochaine pièce de théâtre mais mon répétiteur a sombré dans les affres de ce maudit mal de mer. Ainsi va la vie dans les cinquantièmes, en route vers l’île Eléphant, hantés par le souvenir de ces illustres explorateurs qui nous ont ouvert la route, Cook , Bellingshausen, Sir Ernest Shackleton.

 

 

Nous marchons sur vos pas, nous voguons sur vos mers…

 

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