14 décembre - LAT 63 °02 S 56°38 W - Bransfield Strait

(Bransfield Strait, bras de mer qui sépare les îles Shetland de la Péninsule Antarctique)

 

18h00. Nous quittons l’île Elephant vers 18h00. Nous longeons la côte sud pour découvrir la beauté de cette île. Des colonies de manchots nichent sur les promontoires recouverts de glace et de neige. Frank Wild a sans doute choisi le mauvais coté de l’ile lorsqu’il recherchait un lieu pour installer son camp. Le hasard l’a emmené sur la côte nord où il a trouvé le seul endroit viable avec quelques mètres carrés à peu près plat et partiellement dégagé de glace : la pointe Wild. C’est là que séjournèrent les 22 hommes de Shackleton. 

 

 

 

Laura en princesse et Marion en costume chilien

 

 

Sur cette côte sud on découvre des zones plus accueillantes, des colonies plus importantes, plus de place pour se dégourdir les jambes. Nous mettons cap au sud, vers l’extrémité nord de la péninsule Antarctique et l’Antarctique Sound à 180 milles. Nous retrouvons la forte houle, le vent est faible. La lueur du jour diminue mais ce n’est qu’une pénombre qui s’installe vers minuit. A peine une heure et la lueur du jour renait. Des grains de neige recouvre le bateau et la Fleur s’habille d’un manteau blanc. Température extérieure de – 2°C et l’eau est en dessous de zéro. Sur l’eau nous croisons des growlers et icebergs de toute taille. Sur certains les manchots font une escale le temps de déposer sur la blancheur de la glace une déjection teintée de rose, la couleur du krill qu’ils ont ingurgité. Nous croisons un groupe de baleines, des petits rorquals qui ne montrent que leur dos.

 

 

 

Un iceberg sur fond de l'ile Clarence

 

 

7h00. Le vent revient de secteur Est. La mer est confuse, chaotique. Le vent et la houle s’affrontent l’un venant de l’Est et l’autre de l’Ouest. La visibilité s’améliore légèrement laissant apparaître des icebergs par dizaine. Les damiers du cap nous accompagnent, virevoltant autour du bateau.

 

 

 

La brume enveloppe l'iceberg

 

 

8h00. Un grand tabulaire nous barre la route. Nous devons le contourner. Le paysage est de plus en plus fantomatique et inquiétant. Je filme. 

 

 

 

Une masse de glace impressionnante

 

 

12h00. Nous décidons de relâcher à D’Urville Island, du nom d’un autre de ces célèbres explorateurs français. Plus nous nous rapprochons de la côte plus les icebergs, les growlers et les récifs sont nombreux. Le capitaine est tendu. Ernesto grimpe au nid de pie pour nous guider. Nous slalomons entre les récifs et les growlers. A mesure que nous nous enfonçons dans la baie le mouillage s’avère impossible tant les rochers à fleur d’eau sont nombreux. En faisant demi tour nous talonnons sur un haut fond. Nous relâchons finalement un peu plus haut par 15 mètres de profondeur.

 

 

 

Géraldine devant le tabulaire

 

 

13H00. Rebelote, l’eau a gelée dans les réservoirs. Il nous faudra pomper l’eau en surface. Nous avions eu ce même problème lors de notre dernière traversée depuis la Nouvelle Zélande à l’Antarctique. « Je vais finir par mettre du Whisky dans l’eau pour l’empêcher de geler » rétorque le capitaine. Avec un peu de chance ça le rendra de bonne humeur !

 

 

 

Les embruns gèle sur le pont

 

 

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