17 décembre - Île Paulet

 

Nous naviguons dans l’Antarctique Sound. Slalomons entre les icebergs et les grosses plaques de vieille glace. Arrivée dans la partie Sud du détroit, ca se complique, c’est totalement encombrée. Bientôt une nouvelle muraille de glace nous obstrue le passage. Je suis au nid de pie et guide Philou en même temps que je filme.

 

 

 

Fleur Australe au pied d'un glacier dans l'Antarctic Sound 

 

 

Le spectacle vaut le détour, ce mélange de tabulaires géants et de banquise est somptueux dans la lumière du soir. Nous avançons tant bien que mal, cherchant la faille dans ce désert immaculé, parsemé de fissures. Je tente de percer le mystère de ce labyrinthe de glace, d’en trouver l’issue, en vain. Le capitaine est tendu. Fleur Australe lutte, fend la glace, une fois de plus, vaillante. Nous faisons marche arrière, buttons de nouveau à quelques miles, la lumière décline et la lune apparaît derrière un monstre glacé. Il faut se rendre à l’évidence, nous n’avancerons plus, c’est définitivement bouché. 

 

 

 

Visite d'une colonie de manchots Adélie

 

 

Devant nous une banquise intouchée, vierge. Quelques manchots s’agitent, seule trace de vie dans ce paysage irréel. L’île Paulet se dresse conique et majestueuse, à dix miles seulement. Elle rejoint le paradis des îles inaccessibles, comme Charcot ou Terra Firma qui se sont refusées à nous, petits trésors du fin fond de l’Antarctique, infiniment protégées par la Dame Blanche.

 

 

 

Géraldine à Brown Bluff, un ancien volcan

 

 

Avant de faire demi tour au plus vite, nous octroyons aux enfants une petite récréation. Loup veut à tout prix faire une photo avec son drapeau du PSG sur la banquise. Ils enfilent leur gilet de sauvetage et c’est parti pour une pause glaçon tandis que Philou s’impatiente. L’heure est grave nous avons forcé le passage pourvu que les deux plus gros bouchons ne se soient pas densifiés, cela nous serait fatale. 

 

 

 

Rencontre avec la glace, icebergs et banquise 

 

 

Il nous faut reprendre précisément notre trace sur le radar, la peur au ventre, espérant que ca ne s’est pas refermé derrière nous. Je pense à tous ces explorateurs qui ont vu leur bateau agoniser avent de sombrer dans cette même Mer de Weddell. A tâtons nous rebroussons chemin. 

 

 

 

Loup sur un floe, morceau de banquise, avec son drapeau du PSG...

 

 

 

 

Mer de Weddell, la banquise nous bloque. Impossible de passer !

 

 

Bataillant avec la glace, de plaque en plaque, d’obstacles en obstacles. Les icebergs aux milles visages nous observent, menaçant, telles des sentinelles qui veillent sur leur mer inquiétante. Il me semble apercevoir des visages dans leurs brèches bleutées, Shackleton, Larsen, D’Urville, vous êtes bien là ce soir, vous hantez ces mers défendues, vos fantômes veillent sur nos âmes inquiètes.

 

 

Un beau tabulaire bloqué dans la banquise

 

 

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