Dimanche 23 décembre : Caleta Canasaka

La caleta Canasaka se trouve sur l’ile Hoste. Nous coulons des jours paisibles chez Eugénio. C’est vrai que notre rythme effréné nous a habitué à ne jamais relâcher plus d’une journée dans le même mouillage et s’arrêter ne serait-ce que deux jours est particulièrement reposant. Le mouillage est idyllique et les enfants s’en donnent à cœur joie.

 

 La brebis Blanquita.

 

 C'est l'heure du biberon.

 

Hier nous avons dîné chez Ester et Eugénio dans leur petite maison cosy et surchauffée pour résister au froid hivernal. Eugénio nous a raconté sa vie tandis que Loup se délectait de mouton grillé succulent. Il s’appelle Eugenio Martinez. Son père, fils d’un docteur de Santiago, décida de quitter la maison à l’âge de 16 ans et embarqua sur une petite goélette qui fit naufrage sur les rochers de Rocas Contramaestre Peron en face de la Caleta. L’enfant nagea jusqu’à la terre et en déduit que c’était un signe du destin. Il décida donc de s’installer là, construisit une hutte, éclaircie la forêt autour, acheta 8 moutons et se maria avec une indienne Yamana qui lui donna deux enfants. Elle mourut quelques temps après. Il rencontra alors une femme Chilienne qui lui donna 12 enfants. Eugenio fut le seul qui décida de rester à vivre dans la caléta et d’élever des moutons. Le reste de la famille s’en alla vivre à Punta Arenas. Belle histoire sur la destinée que nous livre cet homme lumineux autour de ce « cordéro assado ».

 

Loup, le parfait gaucho!

 

 

 

Laura avec Eugenio, apprentissage!

 

Aujourd’hui nous avons fait une balade à cheval. Le paysage est somptueux. Les sommets enneigés, les forêts inextricables… C’est la mer, la montagne et la campagne réunies dans une harmonie parfaite. En fin de journée les enfants donnent le biberon à Blanquita, le mouton bien aimé qui échappera peut-être au coup de couteau ravageur d’Eugénio.

 

Géraldine, à l'aise sur son cheval.

 

 

Lorsque les jours se meurent dans une déclinaison de rose qui auréole les pics immaculés, nous remontons le filet que le capitaine a déployé dans la baie. Mais nous sommes bredouilles. Il va falloir penser à se rabattre sur un mouton pour notre réveillon de Noël car le poisson se fait désirer. Ces quelques jours de répit font un bien fou à l’équipage qui en avait grand besoin. On ne pouvait rêver plus belle escale pour passer les fêtes avant de poursuivre dans les canaux de Patagonie.

 

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