Mardi 25 décembre : Noël à Canasaka

Le père noël est arrivé dans cet endroit du bout du monde. Il a affronté le vent fort des canaux et nous a finalement trouvés bien cachés dans notre petit mouillage. Le bateau est paré de guirlandes, le sapin orné de boules et surmonté de l’étoile du berger. Nos petites fées ont tendu l’oreille à travers le vent et guetté  le moindre mouvement de la mer qui pourrait annoncer l’arrivée du traineau tiré par les rennes. Il est venu par la cheminée du poêle et a déposé ses petits cadeaux, des robes de princesse, quelques poupées et un kayak rouge pour Louloup. Nous avions été contraints de nous alléger et donc de laisser les nôtres en Nouvelle Zélande avant la traversée pour l’Antarctique.

 

 


Bien abrité entre la terre et les ilots


Cinq heures, elles sont réveillées. Rien ne saurait attendre. Il faut vérifier s’il est bien passé. Moment si longtemps attendu. Joie, sourire, rêve accompli. Nous participons à l’allégresse de nos princesses qui y croit dur comme fer. Loup, 12 ans, fait mine de rien et ouvre ses cadeaux, une paire de jumelle et un couteau de marin et le kayak que le père noél a laissé sur le pont car il ne passait pas par la cheminée.

 

 

Laura et Eugenio sur Céleste



14H00

Eugenio nous invite à assister à la tonte d’un mouton. Passage obligatoire pour les 200 moutons de l’estancia. Nous partons ensuite à la recherche d’un barrage de castor. C’est incroyable ce que ce petit animal peut entreprendre. Une construction digne des égyptiens. Un barrage d’une centaine de mètres, formé de branchages et de terre parfaitement confectionné. Il utilise ses dents pour couper les arbres, transporte avec sa bouche et ses bras les branches, et tapisse de terre l’échafaudage qu’il tasse en tapant avec sa queue. Un travail Herculien qui malheureusement désorganise la forêt, inonde les vallées et détruit les arbres. Importé il y a seulement une cinquantaine d’années en Argentine, pour sa fourrure, sa prolifération est un véritable fléau. Il a passé les frontières et dans la Cordière des Andes on ne sait plus comment arrêter sa progression.

 

 

Le père Noël est passé, il nous a trouvé dans notre petit mouillage



17h00

Nous sommes invités à un apéritif dans la petite maison d’Eugenio et Ester. Les lumières du soir sont faites de contrastes. Des raies de lumière inondent les fjords, les sommets enneigés se cachent dans les nuages et la mer scintille entre les grains qui passent dans le Canal de Beagle. Nous sommes bien dans les canaux de Patagonie, au bout du monde.

 

 

Notre petit mouillage, au pied des montagnes enneigées

 

 

Première sortie du kayak, un cadeau du père Noël

 

 

Tonte d'un mouton

 

Un barrage de castor, un véritable fléau

Les 100 derniers billets du Carnet de bord