Samedi 29 déc : Punta Arenas

Le Magellan et ses baleines

8h00

Ce matin nous sommes rentrés dans le détroit de Magellan. C’est un canal  de 300 milles nautique qui relie l’Océan Atlantique au Pacifique. Il délimite la fin du continent américain avec à son extrémité sud, le cap Foward par 53°53 sud. Au sud, la Terre de Feu et ses milliers d’iles avant d’atteindre le Cap Horn, le point le plus austral, au delà commencent les terres Antarctique. Au nord, autant d’iles et de canaux au pied de la cordillère des Andes avant d’atteindre Puerto Montt et l’ile de Chiloé.

 

 

Après l'albatros, le plus grand oiseau marin, le condor, le plus grand oiseau terrestre


Nous profitons d’un vent relativement calme pour emprunter le détroit. Ici on ne traine pas et quand le vent souffle fort, il faut tirer de nombreux bords contre le vent et la mer démontée. Si la tempête se déchaine comme c’est souvent le cas, il faut rester dans un abri et attendre des jours meilleurs.

 

 

La baie de la baleine

 

14h00

Baleine en vue. Elle souffle ! A ce cri lancer par le timonier, tout l’équipage est sur le pont. Ce sont des baleines à bosse qui naviguent dans le détroit. Elles sont plusieurs mais ne se laissent guère approcher. Les queues virevoltent dans les airs, et la bête s’en va plonger pour quelques longues minutes avant de ressurgir des profondeurs dans un souffle de vie.

 

 

Laura est tombée dans un trou au coeur de la mousse et des herbes


Les néo-zélandais que nous avons rencontrés hier au mouillage, nous ont signalés une baleine échouée dans une baie non loin de là.  Nous mettons le cap vers le point indiqué. A l’arrivée, nous découvrons une foule d’oiseaux, des pétrels géants et des vautours qui s’acharnent  sur la carcasse. Perchés sur les arbres alentours, des condors, ombres ténébreuses, se reposent, repus de chaire et de graisse de baleine. Les pétrels, farouches, s’envolent à notre approche. Les autres rapaces gagnent les hauteurs et ont les voit planer majestueusement en haut de la montagne. Notre pauvre baleine est venue s’éteindre dans cette baie. De quel mal, de quelle blessure? On ne le saura jamais. Dans la baie, la mer est devenue rouge de sang.  Laura et Marion sont très impressionnées.

 

 

Marion a trouvé des plumes de condor


Au temps des indiens, cette baleine aurait donné de la nourriture pour plusieurs mois à une tribu. Mais ce temps est révolu et les indiens ont disparu, laissant la place aux condors.
C ‘est le moment d’aller se dégourdir les jambes et pour une fois, il ne pleut pas. Les mousses sont épaisses et on s’y enfonce jusqu’à la taille. Laura disparaît un moment et on ne voit plus que sa tête sortir des herbes. La végétation est constituée de quelques arbres, principalement des hêtres antarctiques, de fougère, de lichen et de mousse. Le vent a imprimé sa direction sur les troncs couchés.  A bien regarder les arbres on sent qu’ici les éléments se déchainent tout au long de l’année. Nous grimpons jusqu'au sommet, Fleur Australe solitaire et élégante trône dans cette baie sanguinolente.

 

 

Nous observons les condors haut dans le ciel


18h00

Nous appareillons et filons vers Puerto Natales à 160 miles,  toutes voiles dehors. Le paysage est minéral, la végétation est pauvre, quelques glaciers s’échappent de la montagne. Au loin le Pacifique.

 

 

Un oiseau se rapproche


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