Jeudi 10 janvier : Tempête dans les canaux

Fleur Australe est blotti au fond d’une petite crique, une échancrure dans la verdure. Nous avons tissée une toile d’araignée en portant à terre, accrochés à des arbres, des amarres aux quatre extrémités du navire. Le vent souffle fort, et malgré notre mouillage abrité, l’anémomètre marque 40 nœuds de vent.

 

La Fleur dans son écrin de verdure

 

Nous profitons d’une éclaircie pour aller découvrir la Fleur du haut des sommets qui nous entourent. Nous débarquons au fond de la baie où coule un petit ruisseau. L’accès semble impossible dans cet enchevêtrement d’arbres, de fougères géantes. Au sol des mousses où l’on s’enfonce jusqu’à la taille et l’on entend couler, discret et sournois un petit ru qui chante doucement. C’est un parfait  jardin que l’on aimerait avoir chez soi. Passé cette première barrière inextricable, nous accédons au contrefort rocheux.

 

Laura se débat dans la forêt inextricable

 

Les pentes sont abruptes et il faut étudier la voie pour atteindre le sommet. Le spectacle est saisissant. En bas, la Fleur, entourée de son écrin de verdure. Au loin des montagnes rondes, nues, usées par les glaciers qui pendant des millénaires ont façonné la roche.

 

Les montagnes sont rondes, nues, usées.

 

Géraldine et Marion admirent le paysage du haut de la montagne

 

La couleur balance entre le pourpre et le gris. Des cascades jaillissent de partout. On a du mal à tenir debout tant le vent souffle fort. Laura n’est pas loin de s’envoler, elle imite le vol du condor.  Les nuages courent comme des chevaux sauvages. En bas c’est la tempête. La mer est blanche autour des ilots et dans les chenaux où scintillent les petits moutons blancs. Nous dévalons la pente, surfant sur les mousses. Les enfants s’en donne à cœur joie.

 


Loup tel un guerrier chevauchant la  montagne.

 

Stéphanie et Marion

 

Tout le monde à besoin de ces petites escapades pour se défouler et nous sommes contents de rejoindre notre bateau refuge. Philou et Ernesto partent mouiller le filet et poser le casier tandis que Loup et moi bravons la tempête et nous lançons un défi : un tour du bateau à la nage. Les rafales de vent soulèvent la mer, l’eau est à 8°, c’est physique. Il faut bien ça pour calmer l’énergie d’un petit Loup de 12 ans.

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