Vendredi 11 janvier : De cap en cap

Devant nous une succession de caps à n’en plus finir. On s’enfonce dans les entrailles de la terre. Il n’y a pas de fin, pas de sortie possible. C’est un labyrinthe orné de falaises, de sommets enneigés, de cascades qui dévalent les pentes abruptes ou arrondies. Décor de carton patte ou bien réel ? Un grain passe. La lumière change, s’infiltre entre les massifs, les caps s’estompent, le gris envahi l’espace, la mer devient blanche soulevée par les rafales qui descendent de la montagne.

 

De cap en cap.

 

Les nuages sombres, comme des sacs de charbon, nous enveloppent de leur masse oppressante. Le bateau gite sous la bourrasque, il faut choquer les voiles. Il n’y a plus rien devant nous qu’un rideau de pluie qui nous barre la route. Nous le traversons  pour échapper à  l’emprise  de ce monstre d’ondée qui vient se déverser sur notre navire.

 

Lumière dans les canaux.

 

Le soleil réapparait et nous gratifie d’un bel arc en ciel qui illumine la vallée et la montagne qui s’ouvre devant nous. L’espace d’un instant on se croirait aux Marquises mais la neige au sommet nous rappelle notre position australe. Les dauphins nous escortent et un skua vient renifler les bonnes odeurs de la cuisine.

Partie de Monopoly animée avec un bateau à la gite, il faut s’accrocher. Ainsi vont les canaux.

 

 

Lumière dans les canaux.

 

De canaux en canaux, un vrai labyrinthe.

Les 100 derniers billets du Carnet de bord