Mardi 15 janvier : Le Golfe des Peines

C’est un passage redouté depuis la nuit des temps.

 

Une épave qui n'a pas échappé à la tempête.

 

C’est un passage redouté depuis la nuit des temps. Les indiens, qui dans les temps jadis, avaient réussi à passer ce cap, se savaient soulagés et hors d’atteinte de leurs ennemis. C’est une barrière naturelle qui sépare deux mondes. Les vrais canaux de Patagonie sont en bas dans le sud. Monde sauvage, inaccessible. Il y a des millions d’années, les glaciers ont taillé la roche, creusé des gorges profondes et une fois disparus, l’eau a envahi ces vallées formant les canaux. Un seul endroit a résisté à ces monstres de glace.  La péninsule Taitao, que l’on ne peut franchir qu’en bateau, en empruntant le dangereux Océan Pacifique. Le Golfe des Peines a vu de nombreux naufrages, emportant avec lui nombre de vies humaines.


Les nuages flottent sur la mer dans le Golfe des Peines.

 

A Puerto Eden, les passagers qui reviennent de la traversée qui les ramène de Puerto Montt, en doublant ce cap terrible, ne parlent que des conditions difficiles, de la mer démontée et des vents terribles qui les ont fait souffrir. Dans les instructions nautiques, il est demandé aux navires la plus grande prudence. Les bateaux doivent souvent attendre des jours, des semaines, avant de pouvoir le franchir. Les tempêtes qui s’abattent sur cette région, au pied de la cordillère, sont terribles. Avec elles de grands vents qui lèvent une mer aux vagues déferlantes.

 

La pointe occidentale au passage du Golfe des Peines, austère!

 

Après le calme des canaux c’est le tumulte. La mer vient butter contre les falaises, elle bouillonne, se déchaine. La traversée est longue, et les abris inexistants. Il faut savoir attendre, se cacher dans le dernier refuge, une petite caleta au pied des montagnes.
Surveillant la météo, nous savions que les conditions nous étaient favorables en quittant Puerto Eden. Nous avons navigué de nuit pour ne pas perdre cette opportunité. L’assaut se prépare comme la conquête d’un sommet dans l’Himalaya. Il ne fallait pas rater l’occasion qui s’ouvrait devant vous. Fleur Australe a su se faufiler à travers les dangers et mettre toutes ses voiles dehors pour passer le golfe sans peine.

 

16h00

Nous faisons une courte escale dans la petite caleta Suarez, le temps de souffler et de reprendre des forces.

Moment de détente pour les enfants tractés dans le kayak par Philou.


 

Laura et Marion avec un grand sourire de joie.

 

 

Loup a chaviré avec son kayak !

 


Le vent est encore bon pour continuer la route vers le nord. Cette nuit, à la lumière d’un joli petit croissant de lune, grand voile haute et génois tangoné, nous dévalons la houle du Pacifique, en route pour le Canal de Darwin. Nous quitterons le grand océan au petit matin pour retrouver le calme des canaux.

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