Lundi 21 Janvier : Chiloé, Puerto Quellon

 

Hier 18h00

 

Nous jetons l’ancre à Puerto Escondido dans la baie Tic Toc. Une longue plage de sable noir, des cascades et des sommets enneigés, tout ressemble au paradis si ce n’est la véritable invasion de mouches qui ne nous laissent pas respirer. Nous bravons les insectes et débarquons. Une petite maison en bois avec un gardien. Le sable d'une poudre légère venue d'un volcan est brûlant. 
 
 

Quellon, port de pêche au sud de l'ile de Chiloé.

 

 

Nous sommes dans le domaine de Douglas Tompkins, fondateur du Parc Pumaline et baron de l’écologie au Chili. Ce philanthrope américain a laissé son empreinte dans la conservation du cône sud. Il est le fondateur des marques Esprit et North Face. Il a créé avec son épouse, ancienne PDG de la marque Patagonia, ce Parque Pumaline, réserve de la taille de 2889 km² qui englobe des petites fermes patagonnes adossées à des forêts séculaires. Le couple possède la bagatelle de 5180 km² côté chilien et 3000 km² côté argentin. Ils ont effectivement beaucoup oeuvré pour l’écologie et ils ont même fait des émules comme Sebastian Pinera, ancien candidat chilien à la présidentielle qui a fondé le Parque Tantauco sur Chiloé.

 

 

Quellon, port de pêche au sud de l'ile de Chiloé.

  
 
Il y a énormément de parcs naturels dans le coin. Pumaline où Tompkins réside la plus grande partie de l’année reste sa chasse gardée. Il l’a donné à la Fundacion Pumaline en 2005, ce parc est destiné à devenir parc national. Tompkins consacre désormais sa vie à la défense de l’environnement en Patagonie et se bat actuellement sur le tracé de la route qui doublera le ferry entre Hornopiren et Caleta Gonzalo. Le gouvernement souhaite qu’elle traverse Pumaline, Tompkins s’y oppose et propose un tracé moins coûteux le long de la côte.
 
 

Sur le quai on débarque les algues.

 

 

 

2h00

 

Nous arrivons sur Puerto Quellon, notre première escale sur l'île de Chiloé. La ville est entièrement allumée puis s’éteint soudainement. Une coupure de courant qui ne facilite pas notre approche avec pour seule lumière un ravissant croissant de lune rousse. A peine l’ancre jetée, les lumières se remettent miraculeusement à scintiller.

 

 

 

Les enfants reviennent d'une île assis sur des sacs d'algues séchées.

 
 
9h00
 
 
Nous débarquons. Objectif : trouver une poupée sirène pour Marion que nous lui avons promise depuis quelques jours. Cette ville n’est pas touristique, mais surtout tournée vers la mer. Les bateaux de pêche colorés vont et viennent, ils rapportent d’énormes paquets d’algues qui partiront vers l’étranger pour servir à la fabrication des cosmétiques et de certains produits alimentaires type yaourts. D’autres espèces iront directement au Japon.
 

Il faut plonger dans les entrailles du bateau pour sortir les algues fraîches.

 

 

Ici on vit aussi de l'élevage du saumon exporté vers les Etats-Unis et le Japon. Au loin le volcan Corcovado émerge doucement de la brume. L’agitation bat son comble sur les quais. Nous arpentons les rues du village. C’est bruyant, vivant, poussiéreux. On vend de tout partout. Des petits stands dans les rues se succèdent.

 

 

Dans un magasin, une vieille chilote aux traits marqués.

 
 
Il y a presque un côté africain. On trouve du poisson, des fruits de mer, moules et palourdes, du fromage de brebis, différentes espèces d’algues, de la laine, un peu comme dans les souks. Et on trouve même des sirènes pour la plus grande joie de notre petite fille.
 
 

Ici aussi on boit le maté.

 

Philou fait les formalités à la préfecture maritime obligatoire à chaque escale. Nous déjeunons de saumon grillé dans un excellent restaurant et regagnons le bord avant de lever l’ancre vers Castro la capitale de Chiloé. 

  

 

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