Lundi 28 Janvier : L’île de Quehui


Nous appareillons de Castro. Le temps est revenu au bleu, ce qui pose des problèmes de sécheresse dans la région. A part quelques gouttes hier, il n’a pas plu depuis 15 jours, les citernes sont vides et les animaux ont soif. Il semblerait que ces températures ne soient pas habituelles pour la saison et qu’ici aussi les perturbations climatiques préoccupent la population.

  

 

 


A Castro, un bateau au repos au pied des palafitos.

  
 
  
14h00
 
Nous jetons l’ancre devant l’île de Quehui. Le petit village de Los Angeles a l’air charmant. Nous grimpons jusqu’à l’église et faisons la connaissance d’Ignacio qui parle un Français impeccable pour avoir passer quelques années en Belgique. Avec son petit groupe, ils sont une dizaine de bénévoles qui viennent apporter leur soutien aux quelques 800 habitants. Il me parle des nombreuses églises de Chiloé qui pour la plupart ont été construites par les missionnaires et sans clous. Les enfants sonnent les cloches.
 
 
 


Un baroudeur venant de Sitka en Alaska
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Ignacio devant l'église de Quehui.

 
 
 
La population de la grande île de Chiloé et de ses îles voisines, est en majorité catholique même si quelques groupes de protestants émergent. La mythologie est aussi très importante, depuis des siècles. Elle est très particulière et souffle d’île en île, façonnant la culture et la vie de ce peuple étonnant. En dehors des centres d’activité et d’échanges, les croyances traditionnelles perdurent aujourd’hui encore et se mêlent à celles du catholicisme pour tisser une cosmogonie originale et raconter l’histoire de ces îles autour de légendes. Elles évoquent souvent des destructions provoquées par l’océan déchainé et préviennent des dangers qui guettent ceux qui quittent le droit chemin.
 
 
 


Une belle croix en bois.

 

 

 

Il semblerait que Chiloé soit un peu une exception culturelle. On dit d’ailleurs qu’il y a une frontière au sud de Puerto Montt et que cet archipel fut longtemps la limite entre la prétendue homogénéité culturelle du Chili et un peuple farouchement libre dont la culture et l’histoire ont toujours été teintées de défiance envers Santiago. Il semble clair que Chiloé affirme sa différence et ça se sent quand on parle avec ses habitants ou ne serait-ce que quand on se promène dans les rues et que l’on prend le pouls de l’île. Elle a été forgée par un climat rude et une existence en parfaite communion avec la mer, c’est une île de pêcheur avant tout.

 

 

 


Les pêcheurs profitent du calme de la soirée.

 

 

 

Son architecture aussi est singulière avec ses palafitos et ses tejuelas (toit typique de tuile en bois), ses 150 églises en bois également dont 16 sont classées par l’UNESCO. Sa gastronomie à base de poissons et de fruits de mer ou son célèbre curanto que nous aurons certainement l’occasion de goûter dans les jours à venir, sa richesse spirituelle forgée par une culture nourrie d’une mythologie à laquelle participent sorcellerie, légendes, bateaux fantômes et gnomes en font une île à part au charme incontestable. Nous sommes désormais à la découverte des îles secrètes qui encerclent Chiloé, il y en a une quarantaine dispersées dans le golfe.

 

 

 

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